
Every Bus On Your Mixer Explained | Aux, Group, Matrix, DCA
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Dans cette vidéo, nous explorons en profondeur l'utilisation des bus sur les consoles numériques pour le mixage live, répondant à une question posée par Chris, un membre d'Audio University. Le concept fondamental d'un bus audio est un chemin qui combine plusieurs signaux. Le bus gauche-droite d'une console, par exemple, est le bus principal qui alimente le mixage destiné au public. Les faders de chaque canal déterminent la contribution de chaque instrument à ce mixage principal, dont le niveau global est contrôlé par le fader principal. Cet outil interactif, le "Troubleshooting Lab" d'Audio University, est utilisé pour illustrer ces principes.
L'analogie utilisée pour comprendre les différents types de bus commence par le bus auxiliaire. Les canaux d'entrée (grosse caisse, voix, etc.) sont comparés à des passagers dans une gare routière, et le bus qui les transporte est un "départ auxiliaire".
Les bus auxiliaires sont couramment utilisés pour créer des mixages de retour pour les artistes sur scène. Ces mixages, destinés à l'audition des musiciens, diffèrent souvent du mixage principal diffusé au public. En utilisant un bus auxiliaire, un mixage personnalisé peut être créé sans affecter le mixage principal. Sur une console classique, des boutons "aux" ou "monitor" permettent de contrôler la quantité de chaque signal envoyée à un bus auxiliaire spécifique (départ auxiliaire). Le master auxiliaire contrôle le niveau global de ce mixage. Si le mixage principal sort via les sorties "main left" et "main right", les mixages auxiliaires sortent par des sorties AUX dédiées, connectées aux retours de scène. Une console numérique peut offrir plusieurs bus auxiliaires pour des mixages de retour indépendants pour chaque artiste. La terminologie peut varier (monitor mix, flex mix, etc.), mais le principe reste le même.
Plusieurs erreurs courantes sont à éviter lors de l'utilisation des bus auxiliaires. Premièrement, il est crucial d'étiqueter chaque bus auxiliaire pour une organisation optimale et une résolution de problèmes plus rapide. Deuxièmement, il faut s'assurer qu'un mixage de retour n'est pas lui-même routé vers le mixage principal. Certaines consoles permettent d'assigner des bus auxiliaires au mixage stéréo, ce qui entraînerait une diffusion du mix de retour au public, potentiellement en double.
Troisièmement, la distinction entre le mode pré-fader et post-fader est fondamentale. En mode pré-fader, les départs auxiliaires contrôlent la quantité de signal envoyée au mixage auxiliaire, indépendamment du fader de canal. En mode post-fader, le fader de canal affecte la quantité de signal envoyée au mixage auxiliaire. Pour les mixages de retour, le mode pré-fader est généralement privilégié. Cela permet d'ajuster le mixage principal sans modifier le mixage de retour, évitant ainsi des changements involontaires qui pourraient provoquer du larsen ou perturber l'artiste. Les consoles analogiques Mackie acheminent leurs mix de retour en pré-fader et leurs départs d'effets en post-fader.
Certaines consoles, comme la PreSonus StudioLive, offrent des réglages pré-fader plus nuancés (pré un, pré deux) qui déterminent le point de prélèvement dans la chaîne du signal (avant ou après l'égalisation et la dynamique, mais toujours avant le fader). La Yamaha DM3 permet ce réglage pré/post-fader par canal d'entrée, offrant une flexibilité accrue. Une erreur à noter est que le gain d'entrée affecte tous les mixages où le canal est routé, quel que soit le réglage pré/post-fader.
Les bus auxiliaires disposent souvent de leur propre traitement audio, comme l'égalisation, ce qui est particulièrement utile pour gérer le larsen dans les retours de scène. Le "ringing out" des retours consiste à identifier les fréquences de larsen et à les atténuer avec l'égaliseur du bus auxiliaire, sans affecter le mixage principal. Le Troubleshooting Lab propose un mode d'entraînement pour apprendre cette technique, simulant la configuration d'un système avant un concert. Il est conseillé de ne couper que quelques fréquences pour éviter de dégrader le son général.
Les envois post-fader sont utilisés pour les effets, comme la réverbération et le délai. Un bus auxiliaire est configuré comme un départ d'effets, envoyé à un processeur d'effets (interne ou externe), dont la sortie retourne sur un canal séparé. Ceci permet de doser la quantité d'effet (signal "wet") par rapport au signal original ("dry"). Les départs d'effets sont généralement post-fader par défaut, assurant que l'effet suit le mouvement du fader du canal. L'erreur courante ici est de supposer que la quantité d'effet dans le mix de retour est la même que dans le mix principal, ce qui n'est pas le cas si le mix de retour est configuré en pré-fader. Il est essentiel de contrôler séparément les retours d'effets pour le mix principal et pour les mixages de retour. Il faut également se souvenir du master aux pour contrôler le niveau global du départ d'effet.
Un autre type de bus est le "groupe", qui se distingue des auxiliaires par son mode de fonctionnement. Au lieu d'un départ variable, un groupe utilise un simple commutateur binaire (marche/arrêt). Le niveau est alors déterminé par le fader du canal. Les groupes sont utiles pour appliquer un traitement commun à un ensemble de canaux, comme un égaliseur ou un compresseur sur tous les micros de batterie ou toutes les micros cravates. Cela permet également de consolider plusieurs faders en un seul. Il est important de ne pas confondre les groupes avec les DCA (Direct Channel Access), qui ne sont pas de véritables chemins de signal mais des télécommandes pour des groupes de faders.
Enfin, le bus "matrice" est un concept plus avancé, pouvant être décrit comme un "mixage de mixages". Alors que les auxiliaires combinent des canaux d'entrée, une matrice peut router des bus auxiliaires ou d'autres mixages. Les matrices sont utiles pour des systèmes de sonorisation complexes, permettant d'appliquer des traitements indépendants à différents systèmes de diffusion (enceintes principales, retours de scène, enceintes de proximité, caissons de basses). Par exemple, une matrice peut être utilisée pour envoyer le mixage principal vers les enceintes de proximité avec un égaliseur et un délai spécifiques, indépendamment des enceintes principales. Les matrices offrent généralement leur propre traitement audio (égalisation, compression, délai). L'utilisation de matrices pour les caissons de basses permet un contrôle plus fin, par exemple en n'envoyant que la grosse caisse et la basse vers les subs.
En résumé, la maîtrise des différents types de bus (principal, auxiliaire, groupe, matrice) et de leurs configurations (pré/post-fader, pré/post-EQ/dynamique) est essentielle pour un mixage live efficace et adapté aux besoins spécifiques de chaque situation.