
The Only 12 Lessons Buried In Every Self-Help Book - Spencer Greenberg
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L'entretien porte sur un livre intitulé "12 Levers" (12 leviers), qui condense près de 500 stratégies d'amélioration personnelle et 20 types de thérapies en 12 stratégies psychologiques fondamentales. L'idée est de trouver les moteurs psychologiques sous-jacents à chaque technique d'auto-amélioration. Les auteurs ont remarqué que de nombreuses méthodes se répètent, ce qui a mené à l'identification de ces 12 leviers.
Beaucoup de gens sont désillusionnés par l'auto-assistance parce qu'on leur promet une "solution miracle" qui n'existe pas. Même les meilleures méthodes sont contextuelles et ne fonctionnent pas pour tout le monde, tout le temps. Il existe un biais de sélection où les personnes qui répondent exceptionnellement bien à une stratégie particulière partagent leur expérience, ce qui peut donner l'impression que la stratégie est universelle. Cependant, ce qui fonctionne pour une personne peut ne pas fonctionner pour une autre en raison de différences physiologiques, psychologiques ou situationnelles. Les personnes intelligentes sont particulièrement sujettes à ce biais, car elles ont trouvé quelque chose de réellement transformateur pour elles et pensent que cela doit fonctionner pour tout le monde. C'est ce que l'on appelle le "marteau d'or", où une personne célèbre pour un petit nombre de principes voit ces principes partout.
Une grande partie de l'industrie de l'auto-assistance ne fait que reconditionner d'anciennes techniques psychologiques avec une nouvelle terminologie. Beaucoup de ces idées, comme la méditation, existent depuis des milliers d'années, même si elles peuvent être adaptées à un public moderne. Les 12 leviers du livre sont le résultat d'un processus de catégorisation où chaque technique a été rattachée à un principe psychologique, et de fusion des principes similaires. Le livre se veut une carte du champ de l'amélioration personnelle, offrant des étapes concrètes pour appliquer les leviers, tout en renvoyant à d'autres ressources pour approfondir des sujets spécifiques.
Concernant les stratégies d'amélioration personnelle, l'exposition au froid, par exemple, est souvent citée pour ses bienfaits psychologiques immédiats comme une meilleure vigilance. Cependant, les preuves scientifiques de ses bienfaits à long terme pour la santé sont beaucoup plus faibles et nécessitent davantage de recherches. Les effets à court terme sont reconnus, mais les effets à long terme sont moins clairs.
Le premier levier du livre est "démêler les causes", qui consiste à identifier les causes profondes et contrôlables de nos défis. Une meilleure compréhension conduit à de meilleures solutions. Par exemple, si un couple se dispute régulièrement, une compréhension superficielle pourrait attribuer cela à des désirs différents. Une compréhension plus profonde pourrait révéler que les discussions dégénèrent en colère. Une compréhension encore plus profonde pourrait pointer vers un ressentiment sous-jacent.
L'outil de diagnostic le plus simple et le plus puissant est la technique ABC :
- A (Activating events) : l'événement déclencheur.
- B (Beliefs) : les pensées et croyances associées à l'événement.
- C (Consequences) : les conséquences comportementales et émotionnelles.
Cette technique permet de prendre conscience des schémas de pensée et de réaction qui se produisent dans l'instant, car notre mémoire des pensées passées est très limitée. La "technique du pourquoi intérieur" est similaire : remarquer un changement négatif d'émotion et se demander pourquoi, immédiatement. Cela permet d'identifier la cause à la source.
Les valeurs sont un autre aspect crucial. Il existe des valeurs intrinsèques (appréciées pour elles-mêmes, comme le bonheur ou la connexion humaine) et des valeurs instrumentales (appréciées parce qu'elles mènent à d'autres choses, comme l'argent ou une montre). Il est difficile de distinguer les deux, car le cerveau encode directement les valeurs, mais pas nécessairement si elles sont intrinsèques. Un test gratuit, le "test des valeurs intrinsèques" sur clearthinking.org, aide à faire cette distinction. Les gens peuvent confondre leurs valeurs instrumentales avec leurs valeurs intrinsèques pendant des années, ce qui peut entraîner un mal-être. Par exemple, sortir avec quelqu'un qui incarne les valeurs des parents plutôt que les siennes.
Il existe un paradoxe : certaines choses, lorsqu'on essaie de les atteindre trop directement, sont sapées (ex: méditer "bien" ou essayer de dormir). Le bonheur en est un exemple : il est souvent préférable de se concentrer sur les activités qui génèrent le bonheur plutôt que de chercher directement à être heureux. Cependant, la connexion humaine est une valeur intrinsèque qui peut être recherchée directement.
Les valeurs peuvent entrer en conflit. Par exemple, le temps passé à l'aventure peut réduire le temps passé avec la famille. Le monde peut aussi créer des conflits de valeurs, comme devoir choisir entre la vérité et la protection des sentiments d'un ami. La seule façon de gérer ces conflits est de réfléchir attentivement à l'importance relative de chaque valeur dans une situation donnée, éventuellement à l'aide d'expériences de pensée.
En ce qui concerne la formation d'habitudes, une étude a testé 20 techniques. La plupart n'ont pas fonctionné, mais certaines ont été prometteuses.
1. La méthode "ridiculement stupide" de laisser une note écrite rappelant l'habitude.
2. La technique des "petites habitudes" : créer une version minimale de l'habitude pour les jours où l'on ne peut pas faire la version complète. Cela maintient le cycle et, étonnamment, encourage même la réalisation de la version complète.
3. La "réflexion sur les habitudes" : identifier une habitude réussie passée, écrire ce qui a aidé à réussir, puis appliquer ces leçons à une nouvelle habitude. Cette technique est auto-adaptative.
Les gens savent souvent ce qu'ils devraient faire, mais ne l'appliquent pas, ou sont séduits par des nouveautés. Parfois, ce qu'ils "devraient faire" est une solution hautement personnalisée plutôt que la "meilleure" solution générique.
Les objectifs sont distincts des valeurs et des habitudes. Les objectifs se terminent une fois atteints, tandis que les valeurs et les principes sont des processus continus. Les objectifs devraient être construits sur nos "fondations directrices", qui incluent les valeurs intrinsèques, les principes (règles de vie pour appliquer les valeurs) et les priorités (domaines sur lesquels se concentrer).
La peur est un problème majeur qui limite de nombreuses personnes. L'anxiété chronique, comme celle de l'intervenant face aux étrangers, peut être traitée par une thérapie d'exposition. Il s'agit de s'exposer progressivement aux situations redoutées, en commençant par des situations gérables (hiérarchie de la peur) et en augmentant la difficulté. L'objectif est de réapprendre au cerveau que ces situations sont sûres. Il est crucial d'éviter les "comportements de sécurité", qui sont des actions visant à se rassurer mais qui empêchent le cerveau d'apprendre la vraie règle. Par exemple, vérifier la météo avant de prendre l'avion renforce l'idée que voler n'est sûr que par beau temps.
Pour gérer les états mentaux, notamment la dérégulation émotionnelle, des techniques d'ancrage sont utiles. Regarder trois choses à l'extérieur, écouter trois sons, puis sentir trois choses dans son corps permet de se décentrer du chaos mental. Des techniques plus intenses, comme s'asperger d'eau froide, peuvent aussi créer un "choc" émotionnel.
De nombreux livres d'auto-assistance pourraient se résumer à "bougez votre corps et sortez". Bien que cela soit bénéfique, cela ne résout pas toujours les problèmes sous-jacents comme la dépression, qui peuvent être liés à des croyances profondes.
La relation corps-esprit est complexe. L'anxiété et le stress tendent à tendre les muscles, ce qui peut entraîner des douleurs chroniques. Inversement, la relaxation musculaire progressive peut détendre l'esprit.
Pour combattre la surpensée (overthinking), il existe deux approches :
1. Combattre la pensée par la pensée (peut être problématique pour certains troubles).
2. Combattre la pensée par la non-pensée (méthodes de diffusion). Il s'agit de prendre du recul par rapport à la pensée, de la considérer comme un processus mental plutôt que comme la réalité. Des techniques ludiques, comme chanter la pensée sur l'air de "Joyeux Anniversaire", peuvent aider à créer cette séparation.
La surpensée peut donner l'impression d'être utile, comme une forme de contrôle ou de responsabilité. La technique du "temps de l'inquiétude" (worry time) consiste à reporter toutes les inquiétudes à un moment précis de la journée. Cela permet de réaliser que l'on a plus de contrôle sur ses inquiétudes et que l'inquiétude en soi n'est souvent pas productive.
La restructuration cognitive est la capacité d'apprendre à changer ses pensées au fil du temps. On ne peut pas toujours contrôler la première pensée, mais on peut apprendre à modifier la deuxième pensée, la pensée de réponse, pour qu'elle soit plus utile et au moins aussi vraie.
Le "travail sur les parties" (parts work), associé à l'Internal Family Systems, suggère que nous avons des "parties" métaphoriques (ex: l'enfant intérieur). Comprendre ces parties, valider leurs besoins et y répondre avec compassion peut débloquer des aperçus. Cela peut être une façon de ne pas être en tension avec ses peurs ou ses défauts, mais de les intégrer et d'y apporter du soin.
La productivité peut être définie par l'équation : Productivité = Temps x Efficacité x Importance.
- Temps : nombre d'heures travaillées.
- Efficacité : fraction du projet accomplie par heure.
- Importance : valeur totale du projet en fonction de ce que l'on valorise fondamentalement.
Plutôt que d'augmenter le temps de travail (surtout si l'on travaille déjà beaucoup), il est souvent plus efficace d'améliorer l'efficacité ou, surtout, l'importance du travail (choisir des projets plus alignés avec nos valeurs).
Un "audit de temps" peut révéler comment on passe réellement ses heures, souvent avec des surprises (ex: plus de temps sur les téléphones que réalisé). Cela permet de trouver du temps "caché" à utiliser de manière plus stratégique.
Pour l'efficacité, il est important d'être préparé (ex: améliorer la vitesse de frappe, organiser son espace de travail) et d'éviter les distractions (silencer les notifications, créer un environnement propice).
Planifier le plaisir est essentiel. Les "activités dont on est content de les avoir faites" (glad you did it activities) sont celles qui procurent une satisfaction après coup, par opposition au défilement sur les téléphones qui souvent ne laisse pas de regret. Remplacer les temps morts par ces activités (ex: regarder un documentaire au lieu de défiler) permet de satisfaire des besoins de relaxation tout en apportant plus de bénéfices à long terme. Ces micro-décisions quotidiennes, appelées "points de choix", peuvent transformer une vie sans nécessiter d'actions audacieuses. Passer du temps avec des animaux de compagnie, appeler un ami ou se promener dans la nature sont des exemples d'activités souvent appréciées.
La discipline et la volonté (willpower) ont fait l'objet de recherches, mais l'idée d'une "épuisement de l'ego" (ego depletion) n'a pas été répliquée de manière fiable. L'intervenant suggère que la volonté n'est souvent pas la meilleure solution à long terme, car elle est fluctuante. Il préfère des méthodes plus faciles qui en nécessitent moins. La "combinaison de tentations" (temptation bundling) consiste à associer une activité que l'on n'aime pas mais qui est bonne pour nous (ex: faire de l'exercice) avec une activité que l'on aime vraiment (ex: jouer à des jeux vidéo).
La pensée positive ne doit pas être forcée, surtout pour les personnes déprimées. Étrangement, la pensée positive suit souvent le comportement. L'activation comportementale, une thérapie