
Adèle Haenel : première interview après le procès
AI Summary
Voici un résumé des points clés de l'entretien :
* **Soulagement après la condamnation** : Adèle Haenel exprime un grand soulagement suite à la condamnation de Christophe Ruggia à cinq ans de prison, dont deux fermes, pour agressions sexuelles commises lorsqu'elle avait entre 12 et 14 ans. Elle considère cette décision comme la fin d'un parcours judiciaire long et éprouvant.
* **Critique de la justice et sentiment de chance** : Bien que soulagée, Adèle Haenel critique le fait que l'accès à la justice et à la "manifestation de la vérité" soit réservé à certains. Elle se sent "chanceuse" d'avoir pu mener ce combat, ce qui, selon elle, témoigne d'une profonde injustice systémique.
* **Le rôle de l'avocate** : Son avocate, Maître Anouck Michelin, a eu pour objectif de montrer à Adèle Haenel que la justice pouvait avoir un sens, malgré ses doutes initiaux. Elle a voulu adresser un message à l'enfant en Adèle, pour lui dire qu'elle n'était pas seule et qu'elle pouvait se défaire de la culpabilité.
* **La culpabilité des victimes et la passivité des adultes** : L'avocate souligne que les enfants victimes se construisent souvent sur un "sac de culpabilité". Elle insiste sur la condamnation pour agression sexuelle sur mineur par personne ayant autorité, et met en lumière la passivité de nombreux adultes (parents, producteurs, coaches) qui étaient présents et ont vu des choses sans agir.
* **Un combat politique pour la transformation sociétale** : Adèle Haenel insiste sur le fait que son combat dépasse son cas personnel. Elle souhaite parler des enfants qui subissent aujourd'hui et milite pour un monde où "toutes les enfances sont possibles, protégées et vivables, à l'abri de la violence". Elle considère la "transformation de la société" comme la véritable réparation, faisant de son action un programme politique.
* **Le cinéma et l'industrie** : Interrogée sur un éventuel retour au cinéma, Adèle Haenel répond qu'elle fait du théâtre. Elle critique l'industrie cinématographique non pas pour le médium lui-même, mais pour les "imaginaires" et les "récits problématiques" qu'elle construit et qui, selon elle, n'aident pas à sortir de la "crise d'humanité" actuelle.
* **La violence du système judiciaire** : L'avocate évoque la violence des procédures judiciaires pour les victimes, qui doivent être "constantes" et faire face à une défense qui peut être éprouvante. La présomption d'innocence, bien que fondamentale, peut aussi être vécue comme une forme de violence pour la victime.
* **L'état de droit bafoué** : Adèle Haenel élargit sa critique du système judiciaire en soulignant que l'état de droit est "piétiné" nationalement et internationalement, citant l'exemple de la Palestine. Elle se bat "aux côtés du droit" pour qu'il défende au moins cela face à un monde qui "glisse dans le fascisme", caractérisé par des "pratiques de cruauté normalisée".