
THORChain Refused to Block the $387M Bitget Hacker. Here’s Why | Chad Barraford
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Voici un résumé de la transcription, respectant la limite de mots et les instructions :
Chad Barafford, responsable technique de Thorchain, discute des défis de décentralisation, de censure et de sécurité dans l'écosystème des cryptomonnaies, en se concentrant sur le fonctionnement et les récents incidents de Thorchain.
Thorchain est un protocole d'échange inter-chaînes qui permet de négocier des cryptomonnaies natives (comme le Bitcoin et l'Ethereum) sans recourir à des ponts ou des actifs enveloppés. Il fonctionne comme sa propre blockchain de couche 1, construite sur le Cosmos SDK. Les validateurs de Thorchain exécutent des nœuds complets des chaînes qu'ils prennent en charge et observent les transactions entrantes et sortantes. Après avoir atteint un consensus, les échanges sont exécutés. Les actifs des utilisateurs sont détenus collectivement par les validateurs du réseau pendant la période d'échange. Le token RUNE joue un rôle clé en tant qu'actif d'utilité et pour la sécurité du réseau, les validateurs devant le "lier" (bond). Les pools de liquidité sont constitués de RUNE et d'autres actifs (par exemple, RUNE/BTC, RUNE/ETH). Techniquement, un échange de BTC vers ETH implique un échange de BTC vers RUNE, puis de RUNE vers ETH, le tout étant exécuté quasi instantanément au sein d'un même bloc. L'architecture de Thorchain repose sur un groupe décentralisé de nœuds qui valident d'autres blockchains et utilisent un AMM basé sur RUNE pour exécuter les transactions.
La discussion aborde la question de savoir si une chaîne devrait avoir le pouvoir d'arrêter ou de bloquer des cryptomonnaies volées. Barafford explique que tout protocole peut le faire s'il parvient à obtenir un consensus. Cependant, la décentralisation de Thorchain rend ce processus lent. Atteindre un consensus pour bloquer une transaction spécifique prendrait en moyenne trois jours, voire jusqu'à deux semaines, ce qui rend l'action inefficace car la transaction serait déjà terminée. Contrairement à des protocoles comme Chainflip ou Near, qui disposent de mécanismes permettant à des individus de prendre des décisions unilatérales pour suspendre des transactions, Thorchain n'a pas cette capacité. Il est précisé que Near Intent, une application sur Near, a bloqué des fonds volés, mais que ce n'était pas la blockchain Near elle-même qui l'a fait, mais une application centralisée.
Concernant Bitcoin et Ethereum, il est théoriquement possible d'arrêter des fonds volés, mais cela nécessiterait un consensus de 51 % des mineurs ou validateurs sans aucune modification du code. Bien que cela soit techniquement possible, cela impliquerait une coordination significative et est considéré comme peu probable en raison de la nature arbitraire d'une telle action. Pour Thorchain, le nombre de validateurs impliqués dans un tel consensus est d'environ 110 à 115, répartis entre environ 50 opérateurs.
Trois incidents récents sont examinés :
1. **Gel des coffres Tether (USDT) :** Tether a brièvement bloqué quatre coffres USDT de Thorchain sans préavis, puis les a débloqués. Barafford suppose que cela était dû à une erreur, Tether ayant potentiellement confondu ces adresses avec celles d'un utilisateur individuel. Il souligne que si cela devenait une pratique systématique, ce serait "suicidaire" pour les stablecoins centralisés, car cela inciterait les utilisateurs à retirer leurs fonds et à se tourner vers des concurrents. Thorchain, quant à lui, pourrait simplement retirer l'USDT de ses pools.
2. **Le piratage de BitGet :** Suite à un piratage de 387,5 millions de dollars sur BitGet, l'échange a demandé à Thorchain de bloquer les adresses des attaquants. Thorchain a refusé, affirmant que la décentralisation n'est pas un bouclier pour faciliter le mouvement de fonds volés. Barafford explique que la communauté de Thorchain a une faible tolérance à la censure. Un incident similaire s'est produit il y a un an et demi avec le piratage de Bybit, où une minorité de validateurs était mal à l'aise avec la position de non-censure, mais la décision a été prise de ne pas bloquer les transactions. Certains validateurs ont quitté le réseau à ce moment-là, mais Thorchain a depuis continué à croître. L'argument est que Thorchain ne devrait pas être différent de protocoles suffisamment décentralisés comme Osmosis ou Bitcoin. Les pirates utilisent Thorchain parce qu'il est efficace pour échanger des cryptomonnaies volées contre du Bitcoin ou de l'Ethereum, qui sont ensuite plus faciles à convertir en dollars via des plateformes centralisées. Le problème fondamental réside selon lui dans les échanges centralisés qui facilitent ces conversions.
3. **L'exploitation de Thorchain en mai :** Le réseau a subi une perte de 10,7 millions de dollars en raison d'une vulnérabilité dans la bibliothèque cryptographique GG20 utilisée pour les signatures multi-parties. Cette vulnérabilité a permis à un attaquant d'extraire les pièces d'une clé privée partagée, donnant accès à la clé complète et permettant de drainer une partie des fonds. Le réseau a été hors service pendant plus de 30 jours. Barafford explique que le manque de journaux et d'informations rend difficile l'identification précise du mécanisme d'attaque. Le réseau a pu être mis en pause grâce à un vote de trois nœuds, et la reprise a nécessité une analyse approfondie, la correction des bugs et la confiance de la communauté dans l'équipe de développement pour sécuriser le réseau. La bibliothèque GG20 a été temporairement rendue privée, et Thorchain envisage de passer à d'autres méthodologies cryptographiques comme Frost ou DKLs.
La discussion clarifie que Thorchain peut mettre le réseau en pause pour des raisons de sécurité interne (protéger le protocole lui-même), un consensus étant rapidement atteint car tous les validateurs sont alignés sur la protection du protocole. Ce fut le cas lors de l'exploit de mai, et cela s'est produit dans le passé sur d'autres blockchains comme Bitcoin (en 2010-2011 avec un bug d'overflow) et Ethereum (lors du hack du DAO, bien que cela ait conduit à un hard fork très controversé). Cependant, il est beaucoup plus difficile d'obtenir un consensus pour mettre en pause des transactions ou des blocs en réponse à des hacks externes, car cela impliquerait de décider quand et comment reprendre le service, et cela irait à l'encontre de l'éthos de décentralisation. De plus, les validateurs ont une responsabilité envers la sécurité du protocole Thorchain, mais pas envers des entités externes comme BitGet.
Barafford souligne la différence entre pouvoir (can) et vouloir (will). Thorchain "ne peut pas" bloquer des transactions individuelles ou des adresses malveillantes de manière pratique en raison de sa décentralisation, et il "ne veut pas" le faire pour des raisons éthiques et de conception. Il affirme que la décentralisation réelle réside dans l'impossibilité de contrôler le protocole. La conception de Thorchain vise à rendre la communication privée entre les validateurs difficile, les obligeant à opérer publiquement et individuellement, renforçant ainsi la décentralisation.
Il est également mentionné que Thorchain, comme Bitcoin, génère des revenus à travers les frais de transaction. Bien qu'une partie de ces frais puisse provenir de fonds volés qui transitent par le protocole, cela ne représente qu'un très faible pourcentage du volume total des échanges (estimé à 1-2 %).
Concernant les nouvelles intégrations, Monero et Zcash ont été ajoutés. Thorchain s'attend à un volume important pour Monero, non pas en raison de fonds illicites, mais parce que Monero est peu supporté par les échanges centralisés et que sa communauté valorise la confidentialité, en phase avec l'éthos de Thorchain. Il est précisé que les transactions Zcash et Monero via Thorchain n'impliquent pas d'obfuscation ou de mélange supplémentaire ; toutes les informations sont publiquement disponibles, similaires à Bitcoin. Thorchain n'a pas eu de relations conflictuelles avec les régulateurs, les conversations étant exploratoires sur le fonctionnement et la décentralisation du protocole, les agences réalisant finalement qu'il y avait peu de contrôle individuel.
La stratégie de Thorchain évolue vers l'ajout plus rapide de plus de chaînes et d'actifs (long-tail assets), incluant des projets comme Tao, Substrate, Dash, Zeno, UTXO, et même des sous-tokens de Bitcoin Cash. Cette expansion vise à augmenter l'utilité du protocole et à le rendre plus attrayant pour les partenaires d'intégration et les utilisateurs, tout en réduisant les coûts de transaction pour les utilisateurs qui évitent ainsi les échanges secondaires. L'intelligence artificielle joue un rôle dans l'accélération de ce processus, en particulier pour l'ajout de chaînes complexes comme Monero. L'objectif ultime est de concurrencer les échanges centralisés (CEX) en offrant une expérience plus rapide, moins chère et plus accessible, sans besoin de KYC. Bien que les préoccupations réglementaires persistent pour les DEX, on s'attend à une clarté accrue dans les 5 à 10 prochaines années, donnant aux DEX un avantage concurrentiel.