
USA et Trump : quelle est leur stratégie ?
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Dans cette vidéo, je propose d'analyser les conflits actuels, la stratégie des États-Unis sous Donald Trump, et ses impacts sur le marché de l'énergie. Je nomme cette stratégie "la carotte et le bâton", car elle semble guider les actions américaines.
Beaucoup perçoivent Trump comme faible et hésitant. Cependant, en tant qu'investisseur "value", je regarde son historique. Pour moi, le bilan de Donald Trump est meilleur que celui des présidents précédents, surtout si l'on considère les intérêts des États-Unis. En Amérique du Sud, Trump a réussi à faire basculer plusieurs régimes. L'Argentine est devenue pro-États-Unis, la Bolivie a viré à droite, le Venezuela est désormais, de facto, vassalisé par les États-Unis après l'enlèvement de Nicolas Maduro et la mise en place de Delcy Rodríguez. Le Pérou a confirmé son virage à droite et, plus récemment, la Colombie, qui avait un gouvernement très à gauche, a basculé complètement à droite. Au Chili aussi, des changements similaires ont eu lieu. En Amérique du Sud, il ne reste plus que Cuba et le Brésil (où Lula, bien que de centre-gauche, n'est pas anti-États-Unis) à potentiellement faire basculer. Le bilan de Trump n'est donc pas mauvais.
En Russie, on n'observe pas de faiblesse de la part des États-Unis. Leur objectif principal est d'isoler la Chine en faisant basculer les régimes pro-chinois importants. Pour cela, deux méthodes sont employées : le bâton et la carotte.
Le bâton implique une action forte et directe contre un pays, comme cela a été fait au Venezuela ou en Iran. Les États-Unis fabriquent un casus belli, comme le trafic de drogue au Venezuela ou la menace nucléaire iranienne, bien que d'autres pays comme le Pakistan possèdent l'arme nucléaire sans être inquiétés. L'objectif est de renverser le régime pour priver la Chine d'un allié.
La carotte, moins coûteuse financièrement et en vies humaines, consiste à proposer des récompenses financières aux gouvernements qui acceptent un statut de vassal des États-Unis. Ce statut est confortable : le gouvernement vassal est libre de faire ce qu'il veut dans son pays, tant qu'il s'aligne sur les intérêts américains à l'extérieur. C'est ce qui se passe au Venezuela avec Delcy Rodríguez.
Cette alternance entre la carotte et le bâton a fonctionné au Venezuela. En Russie, après avoir d'abord proposé la carotte (concessions larges, fin du conflit, levée des sanctions), la Russie a refusé, cherchant des objectifs territoriaux maximalistes. Depuis, c'est le bâton qui est appliqué massivement. Des attaques sont menées contre les infrastructures énergétiques russes, notamment les raffineries et les navires de transport près de la Crimée, avec une grande efficacité des drones ukrainiens. L'Ukraine ne pourrait pas mener ces attaques sans le soutien des États-Unis, au moins en termes d'informations, de localisation et d'aide technique. Il n'y a donc aucune faiblesse de Donald Trump à ce niveau.
En Iran, un schéma similaire se dessine. Après des bombardements initiaux (le bâton), les États-Unis ont proposé un plan d'investissement massif et la levée des sanctions en échange de la coopération iranienne (la carotte). L'Iran semble refuser, en raison de divisions internes. Si ce refus persiste, je ne pense pas que la situation restera pacifique. Les États-Unis emploieront le bâton, comme en Russie, via une recrudescence des attaques et l'utilisation de proxies comme les Kurdes. Bien que la défaite de la Russie et de l'Iran ne soit pas garantie, c'est le scénario le plus probable. La situation actuelle de la Russie n'est pas brillante, avec des infrastructures énergétiques constamment attaquées.
Ces résultats sont obtenus avec un effort occidental relativement léger, représentant seulement 0,1 à 0,2 % du PIB cumulé des États-Unis et de l'Europe. Il existe une marge de progression considérable si l'Occident souhaite augmenter l'intensité de son aide.
Le conflit Russie-Ukraine ne semble pas vouloir se calmer. Poutine est acculé et ne peut pas se permettre de perdre, car la défaite d'un dictateur est généralement fatale. Il y a donc une probabilité croissante d'actions désespérées de la Russie contre l'OTAN. Dimitri Peskov a récemment déclaré que la Russie était engagée dans une "guerre totale" contre un bloc mené par les pays occidentaux, ce qui suggère un message menaçant. Je pense que la situation sera similaire avec l'Iran. Donald Trump ne laissera pas l'Iran agir à sa guise dans le détroit d'Ormuz. Après avoir tenté la conciliation, la position occidentale s'est durcie, et ce sera probablement le cas pour l'Iran.
Quelles sont les conséquences pour l'énergie et le pétrole ? J'avais sous-estimé certains facteurs. Le prix du baril de pétrole est retombé à 70-75 dollars, et le conflit États-Unis-Iran n'a pas eu un grand impact sur les prix. Cependant, deux éléments ont été sous-estimés : l'importance des stocks chinois et un problème de "plomberie" en aval.
Les prix modérés s'expliquent par le fait que la Chine a réduit ses importations de 5 à 6 millions de barils par jour, une réduction énorme comparée à la récession de 2008-2009. L'activité économique chinoise n'ayant pas ralenti, la Chine puise clairement dans ses stocks. Cela ne pourra pas durer indéfiniment.
Le problème s'est déplacé en aval, vers le raffinage. Les attaques contre les raffineries russes réduisent les capacités mondiales de raffinage de plusieurs millions de barils par jour. De plus, les raffineries du Moyen-Orient rencontrent des problèmes logistiques, soit à cause de dommages, soit parce qu'elles ne peuvent plus écouler leurs produits via le détroit d'Ormuz. Cela crée un déficit d'offre sur les produits raffinés, et non sur le pétrole brut.
Cette situation inhabituelle a des conséquences sur les marges de raffinage. Normalement, une forte augmentation des marges de raffinage indique une demande mondiale croissante en produits pétroliers, ce qui fait monter le prix du brut. Actuellement, c'est l'inverse. Les destructions de raffineries entraînent une offre insuffisante de produits raffinés, dont les prix augmentent. Cependant, comme le goulot d'étranglement est au niveau du raffinage, le prix du pétrole brut ne monte pas, et pourrait même baisser dans un cas extrême.
Si la demande mondiale est de 100 millions de barils par jour et la capacité de raffinage est de 100 millions, des bombardements détruisant 10 millions de barils par jour de capacité de raffinage, sans impacter la production de brut, entraîneraient