
Il a levé 60M€ et prédit la CHUTE d'OpenAI et Anthropic
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Augustin, de Ovni Capital, présente sa vision de l'investissement dans la deeptech européenne, soulignant la nécessité pour ces entreprises de s'étendre aux États-Unis pour une croissance et une réussite internationales. Ovni Capital est un fonds d'investissement spécialisé dans les deeptech européennes, couvrant des domaines comme les semi-conducteurs, le quantique, la photonique et le nucléaire. La particularité du fonds est d'investir dans des entreprises qui reconnaissent l'importance de s'implanter aux États-Unis pour réussir à l'échelle mondiale.
Augustin explique que l'Europe a manqué la révolution du SaaS, avec très peu de licornes européennes par rapport aux américaines. Il voit la deeptech comme la prochaine révolution, un domaine où l'Europe possède un avantage grâce à ses universités, centres de recherche et laboratoires. Cependant, l'Europe manque d'un marché unifié et de capitaux suffisants pour permettre à ces startups de prospérer. Les systèmes de retraite par répartition, les impôts élevés et la fragmentation réglementaire entre les 27 pays européens rendent difficile la croissance des entreprises. En conséquence, 80% des rachats de deeptech de plus de 300 millions d'euros sont effectués par des acquéreurs américains. Pour Augustin, il est donc impératif que les deeptech européennes utilisent les États-Unis comme véhicule de croissance pour attirer des clients, lever des fonds et être acquises.
Le fonds Ovni Capital, monté il y a trois ans, a réussi à lever 60 millions d'euros auprès de 196 souscripteurs. Augustin décrit le processus de levée de fonds comme "brutal" en raison de la règle selon laquelle aucun investisseur ne peut détenir plus de 10% du fonds. Cette contrainte a nécessité de démarcher de nombreux investisseurs, principalement des entrepreneurs, par des approches innovantes. Au début, les appels téléphoniques ont été privilégiés, non pas pour vendre directement, mais pour solliciter des avis d'experts sur des dossiers d'investissement spécifiques. Cette approche a souvent mené à un deuxième rendez-vous où les investisseurs potentiels demandaient à en savoir plus sur Ovni Capital. L'équipe a également voyagé à travers la France pour rencontrer des entrepreneurs à Montpellier, Toulouse, Marseille, Lyon et Lille, où l'accès à l'investissement deeptech est moins courant. Ces efforts ont permis de construire une base solide d'investisseurs et d'atteindre le montant visé.
Grâce aux 60 millions d'euros levés, Ovni Capital a pu ouvrir des bureaux à San Francisco, Paris, Berlin et Londres. San Francisco est particulièrement stratégique, car c'est là que se trouvent les fonds de capital-risque et les grandes entreprises qui pourraient potentiellement acquérir les startups deeptech. Augustin a personnellement déménagé à San Francisco avec sa famille pour être au cœur de cet écosystème, soulignant le sacrifice personnel et les défis liés à la vie dans la Silicon Valley.
La deeptech est par nature risquée, avec environ 90% de chances d'échec pour chaque investissement. Cependant, en diversifiant les investissements dans une trentaine de sociétés, le risque global est atténué. L'objectif est de viser un rendement de deux à cinq fois la mise pour les investisseurs. Augustin insiste sur le fait qu'il ne cherche pas à négocier des "bons deals" en termes de valorisation d'entrée, mais plutôt à être présent dans les deals qui ont le potentiel de devenir des "licornes" (x100). Il privilégie les investissements de 1 à 2 millions d'euros, visant à acquérir 10 à 20% du capital des entreprises en phase de pré-amorçage (pre-seed et seed).
L'équipe d'investissement d'Ovni Capital, composée de quatre personnes, n'a pas de formation scientifique. Augustin considère cela comme un avantage, car cela permet une vision à 10 000 pieds sans être biaisé par des expertises trop spécifiques. Leur rôle n'est pas de valider la science en détail, mais de s'assurer que l'investissement ne viole pas les lois fondamentales de la physique et que l'entrepreneur comprend le jeu du capital-risque et les attentes des fonds de série A et B. Le recrutement et la capacité de l'entrepreneur à bâtir une culture d'entreprise sont des critères clés. L'équipe s'appuie également sur son réseau de 200 souscripteurs, dont une centaine d'ingénieurs, pour obtenir des avis d'experts sur des dossiers spécifiques.
Augustin partage des exemples de projets fascinants dans lesquels Ovni Capital a investi. Il mentionne une entreprise qui utilise les états quantiques de la lumière pour l'analyse de molécules, avec le potentiel de révolutionner les tests sanguins en les rendant plus accessibles. Il évoque également le développement de la photonique, qui vise à remplacer le cuivre par la lumière pour la transmission de données, offrant une consommation d'énergie réduite et une capacité de transfert de données accrue. Des entreprises comme Ncodine et Light Spring travaillent sur des interposeurs photoniques pour les puces électroniques, promettant des avancées majeures pour les data centers et les appareils mobiles. Un autre exemple est Resolve Stroke, une technologie qui rend les scanners ultrason aussi précis que les IRM, démocratisant l'imagerie médicale.
Concernant l'intelligence artificielle, Augustin exprime une vision non conformiste selon laquelle des entreprises comme OpenAI et Anthropic sont surévaluées et pourraient être rachetées à la casse par des géants comme Google, Microsoft ou Amazon. Il estime que ces entreprises manquent de défendabilité car leurs modèles sont marginalement meilleurs que les modèles open source, et elles n'ont pas l'infrastructure de calcul nécessaire. Il pense que l'avenir de l'IA sera dominé par les hyperscalers et les modèles open source, qui sont plus économiques et tout aussi performants. Il admet s'être trompé sur les "AI wrappers" (applications basées sur des modèles d'IA existants), qu'il considérait auparavant sans valeur, mais qui pourraient devenir des "cash machines" en adoptant des modèles open source pour réduire leurs coûts.
Augustin souligne l'importance du sacrifice et de la persévérance pour réussir dans le monde de l'entrepreneuriat et du capital-risque. Son déménagement à San Francisco, avec les défis personnels et financiers que cela implique, est un exemple de cet engagement. Il explique que la culture de San Francisco, centrée sur le travail et l'innovation, est propice à la réalisation de projets ambitieux, même si la vie quotidienne y est plus exigeante qu'à Paris. Les relations humaines y sont également plus humbles, car la richesse est souvent discrète.
En conclusion, Augustin partage des recommandations d'experts à inviter sur le podcast, comme Pierre Entremont pour sa théorisation du capital-risque, Francesco Manegati d'Ncodine pour son expertise en photonique et infrastructure IA, et Sopia Medjati d'Adamar Lab pour sa vision révolutionnaire en analyse moléculaire quantique. Il invite également les entrepreneurs et investisseurs de passage à San Francisco à le contacter.