
Obligations : gagner de l’argent avec la dette de la France ?
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Chaque jour, nous prêtons de l'argent à l'État français, souvent sans le savoir, via des livrets ou des fonds en euros d'assurance vie, qui sont exposés aux obligations. Une obligation est un prêt à un État, une collectivité ou une entreprise, en échange d'intérêts appelés coupons, et du remboursement de la somme prêtée à une date fixe. Par exemple, prêter 1000 € à l'État français signifie recevoir des intérêts annuels et récupérer les 1000 € à l'échéance. Cependant, si l'obligation est revendue avant son terme, son prix peut avoir changé, potentiellement en dessous du montant investi, car le marché obligataire est devenu volatile.
Le prix d'une obligation peut varier même si les paiements promis restent les mêmes. C'est là que des concepts comme le coupon, le rendement, la maturité et la duration entrent en jeu. Les Obligations Assimilables du Trésor (OAT) sont des obligations d'État françaises à moyen et long terme. Si vous prêtez 1000 € à 3 % d'intérêt par an sur 10 ans, les 1000 € sont le nominal, et les 30 € annuels sont le coupon. À l'échéance, l'État rembourse les 1000 € et le dernier coupon. Pour les États développés, le risque de défaut de paiement est faible.
Le prix d'une obligation après émission dépend des nouvelles obligations comparables. Si de nouvelles obligations offrent 2 % alors que la vôtre offre 3 %, la vôtre devient plus attractive et son prix monte (par exemple, à 1090 €). Inversement, si les nouvelles obligations offrent 5 %, votre obligation à 3 % perd de l'intérêt et son prix baisse (par exemple, à 846 €). Le coupon est ce que le contrat promet de verser, tandis que le rendement est ce que l'investissement rapporte au prix d'achat, incluant les intérêts et le remboursement final, appelé rendement à l'échéance. Le contrat reste identique, mais le prix et donc le rendement changent.
La durée restante avant le remboursement, ou maturité, influence la sensibilité du prix aux variations de taux. Plus la maturité est longue, plus le prix est sensible aux changements de taux, mesurée par la duration. Une duration élevée signifie une forte réaction du prix aux variations de taux. Par exemple, une obligation à 10 ans perd environ 8 % de sa valeur si le rendement augmente d'un point, contre 17 % pour une obligation à 30 ans. Cependant, si l'obligation est conservée jusqu'à l'échéance et que l'émetteur paie comme promis, les fluctuations de prix intermédiaires n'affectent pas le remboursement final.
Lorsqu'on prête à une entreprise, le risque de défaut est plus élevé que pour un État. Les agences de notation (Standard & Poor's, Moody's, Fitch) évaluent la solidité financière des émetteurs. Les obligations "investment grade" sont de meilleure qualité que les obligations "high yield" (plus spéculatives et offrant un rendement supérieur pour compenser le risque). Un rendement élevé n'est donc pas toujours une meilleure affaire sans comprendre le risque associé.
Il faut distinguer l'achat direct d'une obligation et l'investissement via un ETF obligataire. Une obligation directe est un contrat précis avec une date d'échéance et un montant de remboursement fixés. Un ETF obligataire, en revanche, est une part d'un portefeuille diversifié d'obligations qui évolue. Il existe aussi des ETF obligataires à maturité fixe, qui ciblent une année de remboursement, mais restent un panier de titres.
Une fiche obligataire affiche le prix en pourcentage du nominal (ex: 97,40 % pour 974 € sur 1000 €), le coupon (3 % = 30 €/an), l'échéance, le rendement à l'échéance (ce que l'obligation rapporte au prix actuel), et la duration. L'ISIN est son identifiant unique. Comprendre ces éléments permet de déchiffrer les obligations. Une obligation est un prêt, et connaître ses caractéristiques rend le jargon moins intimidant.