
Top Talent Is Leaving the EF. What Happens to ETH Now?
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La Fondation Ethereum (EF) traverse une période de turbulences, marquée par des départs de membres clés et des changements de direction, soulevant des questions sur son rôle futur et l'orientation d'Ethereum. Huit membres de l'EF ont quitté l'organisation cette année, et l'ancien directeur exécutif, Thomas Sankara, est parti après moins d'un an, remplacé par deux co-directeurs exécutifs. Ces derniers ont publié un mandat visant à recentrer l'EF sur les valeurs CypherPunk, ce qui a suscité des rumeurs de signature forcée et, par la suite, des départs. Cette situation a relancé un débat de longue date sur la mission de l'EF et la nécessité d'une nouvelle organisation axée sur les aspects plus "réels" d'Ethereum, tels que le marketing et le prix de l'ETH.
Laura Shin, journaliste de longue date dans l'écosystème, estime que ces tensions remontent à plusieurs années. Lors du dernier cycle crypto, Ethereum n'était plus au centre de l'engouement, surpassé par Solana et Bitcoin en termes de croissance de prix. Cette situation a généré de l'anxiété au sein de la communauté Ethereum, menant à des critiques envers la direction de l'EF, alors sous la houlette d'Amelia Gucc. Après son départ, une nouvelle structure de co-direction a été mise en place, avec Tomas Staunchak, ancien PDG de Nethermind, et Sho Wei Wang, une chercheuse de longue date. Tomas a apporté une nouvelle orientation, plus orientée vers les affaires et l'utilisation des fonds de l'EF dans la DeFi, répondant aux attentes de la communauté. Cependant, après seulement 11 mois, Tomas est parti en février de cette année, et l'EF est revenue à une approche plus idéologique, ce que Laura Shin attribue à une réaffirmation des préférences de Vitalik Buterin.
Les départs massifs de personnalités de haut niveau, comme Tim Beiko, Barnaby Mano et Alex Stokes (en congé sabbatique), tous des chefs de protocole, sont perçus comme un "drapeau rouge" par Laura Shin, qui déplore le manque de transparence et d'explications de la part de l'EF. Elle suggère que ces départs pourraient être liés à un désaccord avec le nouveau mandat ou les rumeurs de sa signature forcée.
William Mougayar, un autre intervenant, offre une perspective différente. Il estime que la fondation devrait réduire son rôle au fil du temps, à l'instar de la Fondation Bitcoin, qui est presque insignifiante, ce qui renforce la décentralisation de Bitcoin. Il considère que les départs sont une partie normale du processus, et que la résilience de l'EF ne dépend pas d'une seule personne. Selon lui, l'EF est avant tout un groupe d'ingénieurs et de chercheurs axés sur la maintenance et les mises à niveau du protocole, et il ne faut pas s'attendre à ce qu'elle agisse comme une entreprise de marketing.
Laura Shin conteste l'analogie avec Bitcoin, soulignant que Bitcoin a un code "ossifié", ce qui pourrait poser problème face à des menaces comme l'informatique quantique. Ethereum, en revanche, subit des mises à niveau régulières, ce qui rend la fondation cruciale pour le développement du protocole.
Tripathi met en contexte les changements actuels, en évoquant une "crise existentielle" du monde crypto face à l'essor de l'IA et aux changements réglementaires. L'innovation en crypto, autrefois dominante, est maintenant éclipsée par l'IA. De plus, l'environnement réglementaire moins hostile à certaines solutions a changé la donne. L'ère actuelle est celle de l'utilité et des applications génératrices de revenus, avec une mesure de succès similaire à celle des startups Web2. Vitalik Buterin, selon Tripathi, a choisi de doubler la mise sur la vision Cypherpunk pour différencier Ethereum, mais cela ne correspond pas aux attentes de tout le monde, en particulier ceux qui recherchent l'utilité économique.
Tripathi note que le rôle de la Fondation Ethereum a toujours été destiné à se réduire. Il souligne que l'écosystème Ethereum est en train de prendre le relais, avec des projets comme Polygon se concentrant sur les paiements et d'autres sur des applications spécifiques. Il ne voit pas la réduction du rôle de l'EF comme une perte, mais comme une adaptation aux temps. Il reconnaît que l'attention portée aux aspects économiques de la chaîne a été moindre, ce qui n'a pas aidé. Le grand défi pour Ethereum est de rester pertinent et utile dans un monde dominé par l'IA.
Dankrad Feist, ancien chercheur de l'EF, partage la vision qu'Ethereum est un projet très différent de Bitcoin. Il ne le voit pas comme une simple réserve de valeur, mais comme un moyen de "mettre le monde de la finance en chaîne" et de l'améliorer. Il estime que pour qu'Ethereum "gagne", une nouvelle structure est nécessaire, car l'EF actuelle, bien que claire dans sa mission Cypherpunk, ne suffit pas. Il propose une nouvelle organisation dotée de ressources et d'une coordination stratégique pour soutenir le développement et la promotion d'Ethereum. Il suggère un financement permanent et des boucles de rétroaction pour s'adapter aux changements. Il critique le manque de stratégie et d'investissement coordonné au sein de l'écosystème Ethereum, en comparaison avec d'autres entreprises ou même d'autres blockchains. Il met en garde contre le risque qu'Ethereum devienne une simple réserve de valeur comme Bitcoin, ce qu'il considère comme une voie risquée et moins différenciée.
Laura Shin, tout en appréciant la proposition de Dankrad, soulève un point crucial : l'économie des jetons (tokenomics) est intrinsèquement liée à la structure technique d'Ethereum. Elle se demande comment une organisation externe pourrait gérer les tokenomics sans être étroitement intégrée aux décisions techniques, car de nombreuses mises à niveau techniques affectent l'économie du système.
William Mougayar, qui a inventé le terme "tokenomics" en 2017, précise que son intention était de lier le jeton au modèle économique, et non à la manipulation du prix. Il interroge Dankrad sur les actions concrètes que sa nouvelle organisation mènerait. Dankrad répond qu'il s'agirait de développer des modèles durables, comme le "burn" de jetons. Il insiste sur la légitimité que cette organisation devrait obtenir de la communauté pour influencer le processus. Il reconnaît que des désaccords surgiront, mais qu'une stratégie claire et la capacité de pivoter sont essentielles. Il donne l'exemple du modèle L2, qui n'a pas atteint les objectifs de burn de frais initialement espérés, nécessitant un ajustement stratégique qui n'a pas eu lieu faute d'une organisation capable de prendre de telles décisions.
Dankrad conteste l'idée que la mise à l'échelle sur les L2 était une erreur. Il explique que le plan était de faire évoluer Ethereum, puis que l'économie reviendrait au L1. Cependant, les L2 sont restés des chaînes distinctes, ne devenant jamais une "étape deux" entièrement intégrée, ce qui a changé la feuille de route. Il attribue ce changement inattendu à une modification fondamentale de l'écosystème crypto autour de 2021-2022, lorsque les stablecoins ont commencé à remplacer les monnaies natives dans les applications monétaires, ce qui n'avait pas été anticipé par l'EF, plus axée sur la recherche que sur la stratégie.
Tripathi estime que le jeton ETH a souffert d'un certain "négligence", en partie à cause de la narration selon laquelle "Ethereum a déjà gagné". Cette confiance a conduit à une sous-estimation de la concurrence, notamment Solana. Aujourd'hui, le marché est plus segmenté, avec des chaînes spécialisées qui gagnent dans des domaines spécifiques. Il se demande si Ethereum a "gagné" en termes de prix du jeton (clairement non actuellement), mais reconnaît son succès en termes d'innovation blockchain et d'inspiration pour de nombreux constructeurs. Il suggère que Vitalik a fait des choix conscients de suivre une direction Cypherpunk, même si cela ne convient pas à tout le monde et peut ne pas être optimal dans l'environnement réglementaire actuel.
Laura Shin est d'accord pour dire que la course ne fait que commencer. Elle souligne que les acteurs majeurs comme Stripe (incubateur de Tempo, où Dankrad travaille) sont désormais très investis et ont d'énormes ressources. Elle critique l'état d'esprit non compétitif de Vitalik et de l'EF, estimant que ceux qui ont un esprit plus compétitif quittent l'EF. Elle pense que la stratégie actuelle d'Ethereum n'est pas utile à court terme, même si elle pourrait fonctionner à long terme. Cependant, si le jeu est perdu à court terme, les gens reviendront-ils à long terme ? Elle estime que l'EF ne semble pas consciente que l'adoption est la compétition actuelle et que l'idéalisme Cypherpunk n'intéresse pas les gens ordinaires.
William Mougayar maintient qu'Ethereum a une avance très forte et qu'il sera difficile pour d'autres blockchains de s'en rapprocher. Il estime que l'intégration de la crypto dans les paiements, bien qu'utile, ne "changera pas le monde" de manière fondamentale. Pour lui, le véritable potentiel réside dans les nouveaux cas d'usage que la blockchain rend possibles, comme le transfert d'argent, la finance décentralisée (DeFi) qui se connecte à la finance traditionnelle, et l'autonomie de l'utilisateur sur son identité et ses données.
La discussion se conclut sur la question de savoir si l'EF, la communauté Ethereum, ou une nouvelle organisation est la mieux placée pour permettre à Ethereum de "gagner" dans ces nouveaux cas d'usage. Laura Shin ne le pense pas, estimant que l'état d'esprit non compétitif de Vitalik et de l'EF conduit au départ des personnes les plus compétitives. Elle pense que les organisations comme Tempo, axées sur l'adoption et la rencontre des utilisateurs là où ils se trouvent, sont mieux positionnées.
Tripathi ajoute que "gagner" prend de nombreuses formes. Il rappelle que l'idée des "app chains" (chaînes d'applications) a été inspirée par Ethereum, même si le jeton Cosmos qui soutenait cette idée n'a pas réussi. Il reconnaît que le prix du jeton ETH n'est pas bon actuellement, mais que l'écosystème Ethereum continue d'inspirer l'innovation.
Dankrad souligne que le meilleur moyen de lutter contre la réglementation est l'utilité : un système utilisé par un milliard de personnes ne peut pas être régulé de la même manière qu'un petit groupe de Cypherpunks. Il pense qu'Ethereum est sur la bonne voie pour devenir indispensable.
William Mougayar réitère l'importance de distinguer "Ethereum la plateforme", "ETH la monnaie" et "la Fondation Ethereum". Il estime que la Fondation a un rôle limité, axé sur la recherche et la maintenance du protocole. Il révèle qu'il y aura d'autres départs de l'EF dans les semaines à venir, car cette réduction de taille est intentionnelle, visant à recentrer l'EF sur son noyau dur. L'objectif est que l'écosystème devienne moins dépendant de la fondation et en fasse davantage.
En conclusion, un consensus émerge sur le fait que l'EF va réduire son rôle pour se concentrer sur les principes fondamentaux de résistance à la censure, de l'open source et de la confidentialité. L'attente est que la communauté Ethereum prenne le relais pour maintenir son leadership face à une concurrence accrue. La question ouverte est de savoir comment la communauté s'organisera pour cela. La proposition de Dankrad d'une nouvelle organisation et l'accent mis par Laura sur les tokenomics sont des pistes clés à surveiller pour l'avenir d'Ethereum. Le grand changement est que le rôle de l'EF est désormais clair, et c'est à la communauté de combler les lacunes.