
Forum d'affaires Guinée-France 2026 | Panel Infrastructures
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Le panel aborde le vaste sujet du financement et du développement des infrastructures, en particulier en Guinée, avec une attention particulière portée au plan Simandou 2040. Ce plan est présenté comme une illustration parfaite des investissements stratégiques nécessaires, notamment dans le transport et l'énergie, des piliers essentiels pour la libéralisation de la croissance économique. Sans ces infrastructures, la circulation des biens et marchandises est entravée, limitant la production locale et le développement à long terme.
Lor Russier, directrice Afrique du groupe ÉGIS, met en lumière le rôle de son entreprise, présente en Afrique depuis plus de 75 ans et active dans 25 pays. ÉGIS intervient sur l'ensemble du cycle des infrastructures, depuis le conseil et l'assistance à la maîtrise d'ouvrage jusqu'à la concession et l'exploitation. L'entreprise réalise des master plans à différentes échelles (nationale, régionale, urbaine) et sur divers horizons temporels, intégrant des expertises techniques variées, des études de marché, des projections de trafic et des estimations de CAPEX. ÉGIS se distingue par son volet environnemental fort, proposant des master plans liés à l'adaptation au changement climatique et utilisant les dernières technologies comme les jumeaux numériques pour identifier les vulnérabilités et les potentiels de développement. En Guinée, ÉGIS est impliquée dans plusieurs projets, agissant comme conseil technique pour l'État sur le contrat Simandou (chemin de fer minier, ports, aspects environnementaux et sociaux), comme maître d'œuvre pour l'extension du port de Conakry avec AGL, et dans le secteur de la santé, ainsi que pour le ministère de l'agriculture. L'entreprise intervient pour des clients publics et privés, en amont des projets et jusqu'à leur phase d'exploitation, soulignant la nécessité de cadres de partenariat public-privé équilibrés.
Emmanuel Masson, directeur général d'AGL Guinée, aborde l'importance d'un cadre juridique clair, notamment pour les partenariats public-privé (PPP). Il explique qu'un PPP est un contrat où l'État délègue à un opérateur privé la mission de financer, construire, opérer et, à terme, rendre l'infrastructure. Pour que cela fonctionne, plusieurs étapes sont cruciales. La première est le financement, qui dépend de la viabilité économique du projet et de la capacité à rassurer les bailleurs de fonds. En Guinée, le dynamisme économique, la présence d'une agence de promotion des investissements privés et le sérieux de l'État contribuent à sécuriser les investissements. La phase de construction nécessite des constructeurs capables de réaliser des infrastructures de classe mondiale, compte tenu de la technicité des équipements portuaires. AGL s'engage à travailler avec les meilleurs prestataires. La phase d'opération exige des prestations de niveau international, ce qui est le cas à Conakry, attirant les plus grands armateurs mondiaux. AGL met en avant son engagement envers le contenu local, avec 98% de main-d'œuvre guinéenne hautement qualifiée sur le terminal, créant ainsi des emplois directs et indirects. L'environnement légal doit aussi permettre l'accès aux technologies nécessaires et la formation du personnel. M. Masson souligne la croissance annuelle de 20% du port ces deux dernières années et l'augmentation significative des investissements prévus, passant de 150 à 350 millions d'euros, voire plus, en raison du dynamisme économique. Il encourage vivement les entreprises à investir en Guinée, un pays qui traverse un moment économique unique.
Ibrahim Camara, fondateur du groupe IC Transport et BTP, représente un exemple de partenariat public-privé réussi. Son entreprise, initialement axée sur le transport depuis 2002, a évolué vers les infrastructures, reconnaissant que le transport sans infrastructures est limité. Il insiste sur l'importance des partenariats pour le développement, non seulement financiers mais aussi techniques, pour l'innovation, l'expertise et le relèvement des standards locaux. Il souligne l'exigence du transfert de compétences dans tout partenariat avec des entreprises étrangères, considérant cela comme essentiel pour développer le capital humain guinéen. IC Transport collabore avec des partenaires comme Matière France, expert dans les ponts, et BPI France pour le financement. Cette collaboration a permis la construction de 14 ponts pour relier les zones de production aux zones d'écoulement. M. Camara invite les entreprises françaises à saisir les opportunités en Guinée, en faisant preuve de patience, de persévérance et d'une présence durable. Ses "rêves" incluent un accès fluide aux financements structurés pour exploiter le potentiel guinéen au-delà de Simandou, et le renforcement de l'expertise locale à un niveau international pour une autonomie durable dans la réalisation des infrastructures.
Tierno Dialo, directeur général du groupe bancaire AFG, explique comment sa banque aborde le financement des infrastructures. Il souligne que ces projets, souvent de grande envergure, sont gérés par les départements de banque de financement et d'investissement. AFG appréhende cette évolution avec enthousiasme et perçoit la chance de participer concrètement au développement du pays. Le financement des infrastructures est une approche intégrée, combinant structuration, mobilisation de financements extérieurs et accompagnement technique. Les ouvrages doivent être solides et durables, nécessitant une gestion rigoureuse des risques (crédit, juridique, conformité). Pour les montants importants, les banques locales opèrent souvent en syndication. Ces projets ont un impact global sur toute la chaîne économique, comme en témoigne le projet Simandou avec ses 650 km de voie ferrée, qui finance également le contenu local et soutient les entreprises et ménages. La banque adopte une posture de responsabilité, insistant sur l'importance du cadre juridique et réglementaire, de la sécurité, de la notion de risque et de la qualité du capital humain. Concernant le soutien aux PME et ETI guinéennes, M. Dialo met en avant la confiance comme fondement de la relation client-banque. Un projet solide, bien structuré, avec une gouvernance claire et inspirante, ouvre la porte à l'accompagnement bancaire. Le secteur bancaire guinéen est en croissance, avec l'entrée de nouvelles banques et une capitalisation accrue, permettant aux banques d'intervenir seules ou en syndication pour des projets d'envergure. Il cite l'exemple de 2023 où les banques locales ont levé 500 millions d'euros en une semaine pour un besoin national, démontrant la convergence des esprits et la confiance.