
Le SCANDALE que TRUMP espère enterrer
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Le comportement de la famille Trump dans le domaine des cryptomonnaies a permis de générer plus d'un milliard de dollars rapidement, à travers des NFT, des Memcoins, des Stablecoins et divers projets financiers. Parmi ces initiatives, le World Liberty Financial se distingue par sa promesse de créer une infrastructure reliant la finance traditionnelle et la finance on-chain. Cependant, ce projet semble destiné à enrichir davantage la famille Trump sans offrir les bénéfices escomptés.
Le World Liberty Financial a été lancé en septembre 2024 avec l'objectif de servir de passerelle entre la crypto et la finance traditionnelle, proposant une infrastructure d'applications de prêt et d'emprunt, ainsi qu'un stablecoin maison, l'USDC1. Le projet inclut également un jeton, le WFI, présenté comme un token de gouvernance. Pourtant, le « wallpaper » du projet, équivalent au white paper, indique clairement qu'il n'a aucune ambition d'être une DAO et que sa gouvernance est centralisée par quelques adresses contrôlées par l'équipe elle-même. Cela rend le jeton WFI inutile pour la gouvernance décentralisée.
Justus Simpson, le fondateur de Tron, a soulevé des préoccupations concernant la centralisation excessive du protocole, révélant qu'un membre de l'équipe avait gelé les jetons WFI qu'il détenait. Cette situation a conduit à un conflit et des menaces de poursuites. Il était évident pour tout investisseur attentif que la famille Trump conservait la capacité de geler des adresses, une logique similaire à celle des stablecoins centralisés ou des actifs tokenisés. N'importe qui aurait pu le vérifier en consultant le smart contract du jeton.
Le véritable problème du World Liberty Financial ne réside pas seulement dans sa capacité à geler les tokens WFI, mais dans la manière dont l'équipe utilise son propre jeton. L'équipe a utilisé le WFI comme collatéral sur le protocole Dolomite, une solution de prêt et d'emprunt on-chain. Ils ont déposé des milliards de jetons WFI, évalués à plus de 40 millions de dollars, pour emprunter une centaine de millions de dollars en stablecoins, dont 150 millions en USDC selon Arkham. Les chiffres exacts varient constamment en raison de la multitude d'opérations effectuées.
En apparence, ces prêts sont surcollatéralisés, la garantie étant supérieure à la dette. Cependant, le problème réside dans la qualité et la liquidité réelle du collatéral. Contrairement au Bitcoin ou à l'Ether, qui ont une liquidité suffisante pour des transactions de plusieurs millions de dollars sans impact significatif sur le prix, le jeton WFI manque cruellement de liquidité. Tenter de vendre des dizaines, voire des centaines de millions de dollars de WFI sur le marché ferait chuter son prix de manière drastique. Par exemple, vendre 8 millions de dollars de WFI entraînerait un slippage de 72%, ne rapportant que 2,3 millions de dollars.
La situation est d'autant plus préoccupante que l'activité sur Dolomite est fortement concentrée autour du World Liberty Financial. La même entité dépose le collatéral, emprunte et génère le rendement, créant un système quasi fermé où la liquidité est recyclée entre les mêmes acteurs. Si le prix du WFI chute fortement, la théorie du prêt surcollatéralisé s'effondrerait, car la liquidation à grande échelle du WFI serait autodestructrice pour son prix.
Pour illustrer, si vous avez 10 unités d'actif en collatéral et 5 unités de dette, mais que la revente des 10 unités ne rapporte que 3, il en résulte un « trou » de 2 unités, une mauvaise dette que quelqu'un devra assumer. Dans le cas du WFI sur Dolomite, la liquidation se déclenche lorsque la dette atteint environ 66 % du collatéral. Malgré une marge théorique de 34 %, le slippage élevé signifie que la revente du collatéral ne suffirait pas à couvrir la dette, et aucun liquidateur n'interviendrait sachant qu'il perdrait de l'argent.
Ce type de risque n'est pas nouveau dans la finance on-chain. Normalement, des plafonds stricts sont imposés sur les jetons peu liquides utilisés comme garantie, et des limites d'emprunt conservatrices sont mises en place. Ici, le plafond est de plus de 5 milliards de WFI, soit plusieurs centaines de millions de dollars, ce qui est inefficace. L'explication de cette situation réside dans le fait que Cory Caplin, cofondateur de Dolomite, est également le CTO du World Liberty Financial. Ce lien étroit soulève de sérieuses questions d'alignement et d'indépendance, s'apparentant à un conflit d'intérêts.
L'équipe Trump affirme qu'il n'y a pas de risque immédiat de liquidation, les positions étant éloignées du seuil critique (une baisse d'environ 75 % serait nécessaire). Cependant, le jeton étant déjà à des niveaux bas et sa fragilité en tant que crypto peu liquide, une chute rapide est possible. La valeur affichée du jeton ne reflète pas sa liquidité réelle, et une baisse de prix matérialiserait le risque de liquidation et de mauvaise dette pour le protocole.
Pour gagner du temps, l'équipe pourrait débloquer des centaines de millions de jetons supplémentaires, car seule une faible proportion de l'offre totale est actuellement disponible sur le marché. Néanmoins, si les dettes ne sont pas remboursées, les utilisateurs ayant prêté des stablecoins sur le protocole seront les principaux perdants.
Cette histoire souligne l'importance de la liquidité réelle et de l'indépendance des acteurs dans un système financier. La valeur affichée d'un actif est insignifiante sans une liquidité suffisante pour le soutenir. Le projet de Trump, qui promettait l'âge d'or des cryptos, pourrait paradoxalement nuire à la réputation de la finance on-chain. Cet événement sera probablement mis sur le compte de la finance décentralisée, mais l'outil n'est pas responsable du comportement de ceux qui l'utilisent. Bitcoin, avec ses règles immuables et sans privilèges, offre une alternative où personne ne peut manipuler le système à son avantage.