
Why the People Who Built Hip-Hop Ended Up With Nothing
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La fondation "Paid in Full" a été créée pour honorer l'héritage des pionniers du hip-hop, en leur offrant une reconnaissance financière, spirituelle et culturelle qu'ils n'ont pas toujours reçue. L'idée est née de Ben, qui, ayant tiré une immense valeur de l'album "Paid in Full", cherchait un moyen de "rembourser" cette dette culturelle. Il a contacté Steve, qui a confirmé que le moment était opportun, car beaucoup parlaient de la situation précaire des anciens rappeurs sans agir.
Nas, un ami cher, a apporté une perspective cruciale : contrairement à la Jazz Foundation de Quincy Jones qui se contentait de donner de l'argent aux anciens musiciens de jazz, le hip-hop exigeait plus qu'une simple aide financière. Il fallait une reconnaissance profonde et une célébration de leur contribution. C'est ainsi qu'est née l'idée d'un grand gala de remise de prix, les "Grandmaster Awards", pour honorer les véritables légendes du hip-hop.
Les deux premiers artistes honorés furent Scarface et Rakim. L'urgence de l'initiative fut mise en lumière par la situation de Scarface, qui traversait de graves problèmes de santé, nécessitant une greffe de rein. La fondation a pu lui apporter un soutien financier crucial, lui permettant d'accéder aux soins nécessaires. Initialement, de nombreux artistes étaient sceptiques, pensant qu'il s'agissait d'une arnaque, tant ils avaient été négligés par l'industrie. Cette incrédulité a renforcé la conviction des fondateurs que la célébration et la dignité étaient essentielles, au-delà de l'aide financière.
Le succès de la première édition, malgré les défis d'une nouvelle organisation, a prouvé la légitimité de la démarche. La présence de personnalités comme Nas au conseil d'administration a contribué à établir la crédibilité de la fondation au sein de la communauté hip-hop.
Un exemple frappant de cette injustice est celui de Grandmaster Cass, qui a écrit les rimes du premier hit du hip-hop, "Rapper's Delight", mais n'a jamais reçu le crédit ni la compensation qu'il méritait. L'industrie musicale était au courant, mais personne n'avait agi. La fondation "Paid in Full" a corrigé cette injustice en l'honorant. Les réactions des artistes honorés, comme Roxanne Shanté, qui a exprimé vouloir "le bon prix" plutôt que n'importe quel prix, soulignent l'importance de cette reconnaissance authentique. Les récipiendaires deviennent ensuite membres du comité de vote pour les futurs lauréats, perpétuant ainsi l'esprit de la fondation.
Roxanne Shanté elle-même est une source d'inspiration. En 1984-1985, son titre "Roxanne's Revenge" a brisé les codes, la présentant comme une activiste féminine dans un milieu dominé par les hommes, défiant des groupes établis et changeant le cours du hip-hop.
L'un des participants raconte comment il a été approché par Quincy Jones III (Q3), qui l'a invité à rencontrer Ben et l'équipe. Il a été impressionné par le fait que cette idée, maintes fois évoquée par d'autres comme Swizz Beatz, prenait enfin forme. Il a souligné que de nombreux acteurs de l'industrie avaient souhaité une telle initiative sans jamais la concrétiser.
La fondation a réussi à réunir des légendes du hip-hop qui ne s'étaient jamais rencontrées auparavant, comme Dr. Dre demandant à être présenté à Kool Moe Dee et Slick Rick. Ces rencontres, qui ressemblent à des réunions d'anciens élèves, témoignent de la division que l'industrie a créée entre les artistes en fonction de leur succès et de leur statut. La fondation brise ces barrières, permettant aux artistes de se connecter sur la base d'un respect mutuel et d'une histoire commune.
L'industrie hip-hop, autrefois divisée entre "old school" et "new school", n'avait pas réussi à maintenir ces liens. Pourtant, le respect des artistes actuels pour leurs prédécesseurs, ceux dont les affiches ornaient leurs murs ou dont les cassettes étaient leurs premières acquisitions, est indéfectible. La fondation comble ce vide, offrant une plateforme pour cette reconnaissance. Contrairement à d'autres tentatives comme les "VH1 Hip Hop Honors", "Paid in Full" ne se contente pas de mettre en lumière les artistes, elle investit en eux et leur offre une compensation financière concrète.
L'industrie a longtemps accepté que les artistes hip-hop, malgré leur immense influence culturelle sur la mode, le langage et la société, reçoivent une part financière insignifiante. Cette injustice étouffe la créativité et laisse un sentiment d'être volé. Les paroles du hip-hop prônent la rupture des barrières, le changement du système et l'entrepreneuriat, mais ces idéaux n'étaient pas toujours mis en pratique en dehors des studios. "Paid in Full" vise à vivre ces paroles, à faire croître le hip-hop et à le rendre meilleur.
Cette initiative a été rendue possible grâce au courage de Ben Horowitz et de son épouse Felicia, qui ont investi personnellement. Contrairement aux attentes, ce n'est pas une grande entreprise qui a pris l'initiative, mais un "fan de rap fou" et une entrepreneure ayant un profond respect pour la créativité.
La quatrième année de la fondation s'annonce comme la plus importante. L'événement est devenu une production raffinée et bien organisée. L'objectif est de faire connaître ces légendes comme Grandmaster Cass, Roxanne Shanté, Melle Mel et The D.O.C. au monde entier. Le succès de la fondation inspire d'autres à vouloir suivre cet exemple, prouvant qu'en commençant par ce qui est juste, même si cela semble impossible, on peut accomplir de grandes choses.
Ben a souligné que sa propre carrière a été profondément inspirée par des artistes comme Cass, Nas et Rakim. Les idées qu'il a développées en affaires provenaient des paroles de hip-hop, une reconnaissance qu'il a souvent dû défendre dans le monde de la Silicon Valley. Pour lui, la fondation est un moyen de rendre ce qui lui a été donné.
La fondation réussit à convertir les sceptiques. Des personnes qui viennent par simple curiosité ou amitié repartent touchées par l'émotion et l'empathie ressenties pour ces inventeurs qui n'ont pas reçu ce qu'ils méritaient. Le thème de la soirée n'est pas la plainte, mais la célébration de la reconnaissance enfin obtenue. L'événement est empreint d'un amour véritable, sans ego, où les artistes se respectent mutuellement. Ice Cube a même déclaré qu'il ne sortait pas d'album sans avoir écouté ce que Scarface avait à dire, soulignant le respect entre les générations d'artistes.
La fondation "Paid in Full" (paidinfullfoundation.org) est un organisme bénévole où toutes les donations sont doublées par Ben et Felicia, garantissant que 100% de l'argent va directement aux artistes.
Grandmaster Cass a témoigné de l'impact de la fondation sur sa vie. Il a reçu une subvention sur cinq ans qui a "changé sa vie". Il a pu acheter une maison et quitter les projets du Bronx, réalisant un rêve de longue date. Il a souligné que le hip-hop n'offre pas de sécurité sociale ni de prestations de santé, obligeant les artistes à travailler constamment. La fondation lui a offert une sécurité financière qu'il n'avait jamais eue, lui permettant de continuer à partager sa passion sans la pression du "jour au jour". Il a insisté sur le fait que, au-delà de l'argent, c'est l'honneur et la reconnaissance qui comptent le plus, le plaçant "sous la lumière qu'il mérite".
La fondation met également en lumière l'influence culturelle immense du hip-hop, souvent sous-estimée. Des artistes comme Grand Puba ont propulsé des marques comme Tommy Hilfiger et Sprite. Ben a raconté comment Tommy Hilfiger, alors en difficulté, a été inspiré par la mode urbaine de Harlem, adoptant l'idée des ceintures de sous-vêtements visibles, une tendance lancée par le hip-hop.
La fondation ne prétend pas résoudre tous les problèmes du monde, mais elle cherche à créer un élan, à inspirer d'autres organisations et individus à soutenir les artistes qui ont tant contribué à la culture et aux entreprises. L'amour et le respect sont au cœur de cette initiative. Felicia, la femme de Ben et présidente de la fondation, incarne cet amour en offrant un soutien personnel et attentionné aux artistes, allant au-delà des obligations contractuelles.
L'événement honore également d'autres légendes, comme Quincy Jones, dont la célébration aux Grammys avait été jugée insuffisante. Le "Quincy Jones Award" est né de cette déception, et cette année, il sera remis à Nile Rodgers, dont l'influence sur le hip-hop est indéniable, notamment avec des samples comme "Good Times".
La fondation "Paid in Full" est un événement unique, une "réunion de classe" où l'amour et le respect sont palpables. Elle vise à éduquer le public sur l'histoire du hip-hop et à célébrer ceux qui ont façonné cette culture. C'est une expérience mémorable pour tous ceux qui y participent.