
Jusqu’à 300 000€ par mois : Le vrai business des influenceurs !
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Les influenceurs issus de la télé-réalité sont devenus un phénomène qui génère des sommes colossales. Pour certains, leurs revenus peuvent atteindre 100 000 à 300 000 euros par mois, voire plus. Ces jeunes, souvent partis de rien, sont devenus millionnaires grâce au placement de produits et à une vie de rêve affichée sur les réseaux sociaux. Ils possèdent des montres pavées de diamants, des jets privés, des bateaux et investissent massivement dans l'immobilier, dépensant leur argent de manière ostentatoire.
La méthode principale pour générer ces revenus est simple : faire de la publicité pour un produit et en vendre le plus possible. Les marques ont rapidement compris l'audience et la visibilité que ces influenceurs pouvaient générer. Au début, il s'agissait de petites marques n'ayant pas les moyens de la publicité télévisée coûteuse. L'efficacité est prouvée : un simple post d'influenceur peut créer des files d'attente de 200 mètres devant une boutique.
Le coût d'un post Snapchat ou Instagram dépend du nombre d'abonnés et du taux d'engagement, c'est-à-dire le nombre de personnes qui achètent après la promotion. Un influenceur avec 1 million d'abonnés mais un fort taux d'engagement peut être plus intéressant qu'un autre avec 3 millions d'abonnés et un faible engagement. La confiance que les followers accordent à ces influenceurs est liée au partage de leur intimité et à la vente d'un rêve : une vie fastueuse à Dubaï qui éblouit et incite à la consommation.
Pour créer une communauté, il faut du naturel et de la chance. Le marché a connu une croissance fulgurante grâce à l'augmentation des utilisateurs des réseaux sociaux. En octobre 2020, Instagram comptait 22 millions d'utilisateurs en France. Les tarifs des placements de produits ont explosé. Autrefois, Nabila pouvait gagner 1500 euros pour un shooting et 800 euros pour un placement, mais ces montants ont considérablement augmenté, générant environ 30 000 euros par mois à l'époque.
Cependant, selon Maxime Guilly, les candidats de télé-réalité sont souvent moins bien rémunérés que les "vrais" influenceurs issus directement des réseaux sociaux. Ce qui leur permet de gagner beaucoup d'argent, c'est la quantité de placements qu'ils font chaque jour. L'image est primordiale : plus elle est belle, plus les marques sont prêtes à payer.
Ce business colossal a également favorisé l'émergence d'un entourage organisé. Magali Berda, fondatrice de Shona Events en 2017, a structuré et monétisé les échanges entre les candidats de télé-réalité et les marques. Sa société générerait aujourd'hui des dizaines de millions d'euros de chiffre d'affaires. Elle a créé un modèle d'affaires inexistant auparavant, avec des services juridiques et de communication. Grâce à elle, des petites entreprises ont pu se développer en utilisant les influenceurs pour promouvoir leurs produits, comme une entreprise qui a pu acheter sa première camionnette grâce à la promotion de Jessica Thivenin.
Au-delà des placements de produits, de nouveaux médias ont vu le jour pour offrir une exposition continue aux candidats de télé-réalité. Des émissions dédiées sur internet, comme celles de Sam Zira ou Jeremstar, capitalisent sur les secrets et les vies de ces personnalités, créant une "galaxie" où de nombreuses personnes gravitent et tirent profit de leur pouvoir d'attraction.
Cependant, cette économie émergente connaît aussi des dérives. Des accusations d'arnaques, de détournements et de polémiques ternissent l'image de ce secteur. En février 2021, Benjamin Samat a lancé sa marque de bijoux, Chiron, après neuf mois de travail, affirmant une création originale. Or, des internautes ont rapidement dénoncé que ces bijoux étaient identiques à ceux vendus sur Aliexpress, avec une marge appliquée dix fois supérieure. Un collier à 2 euros était vendu 30 ou 40 euros. Ces pratiques sont qualifiées d'arnaques, car elles consistent à faire croire au consommateur que le produit est de qualité supérieure pour qu'il achète.
Le maquillage est un autre segment où les influenceuses lancent leurs marques, non sans problèmes. Gaëlle Garcia Diaz a analysé un kit de Maeva Ghennam, révélant que la liste des composants ne contenait aucun ingrédient hydratant, contrairement aux allégations. Ces produits, souvent importés de Chine, ne respectent pas toujours les normes européennes, posant des risques pour la santé des consommateurs. De plus, de nombreux sites internet promus par les influenceurs manquent de mentions légales, rendant difficile pour les consommateurs de se retourner contre quelqu'un en cas de problème. Les influenceurs agissent comme des relais de communication et ne sont pas responsables de la qualité des produits qu'ils promeuvent.
Face à ces pratiques, le ministre de l'Économie et des Finances a interpellé les influenceurs, les appelant à prendre leurs responsabilités et à garantir la conformité de leurs recommandations. Magali Berda souhaite la création d'une association interprofessionnelle pour réguler le marché, afin d'établir des règles communes et d'exclure les acteurs malveillants.
Certains influenceurs sont allés au-delà des petites arnaques. En mai 2021, Dylan Thiry a été accusé d'avoir détourné près de 600 000 euros récoltés lors d'une levée de fonds pour un village sénégalais. Son adversaire, Mounir, une autre star de télé-réalité, s'est posé en défenseur des victimes d'arnaques, menant une guerre ouverte contre Dylan. Ce dernier n'en était pas à sa première polémique, ayant déjà été associé à la vente d'écouteurs sans fil jamais reçus par des centaines de consommateurs. Dylan Thiry a lui-même admis avoir participé à Koh Lanta pour créer le buzz et devenir influenceur, ce qui soulève des questions sur l'éthique de ces personnalités.
Il existe différents types d'influenceurs : ceux qui sont prêts à tout pour l'argent, et d'autres qui ont plus d'éthique. Le problème est que les jeunes followers ne font pas toujours la différence, ce qui rend la régulation du secteur nécessaire.
En mars 2021, la youtubeuse Marie S'Infiltre a mené une enquête à Dubaï, où de nombreux influenceurs de télé-réalité se sont exilés fiscalement. Lors d'une rencontre, Jazz a affirmé ne pas avoir de scrupules à ne pas payer ses impôts en France, exprimant même sa haine envers la France. Ce décalage est frappant : leur audience est 100% française, mais l'argent n'est pas redistribué en France. Les influenceurs justifient leur exil par un sentiment d'insécurité en France, qu'ils ne ressentiraient pas à Dubaï.
Une autre source de revenus inattendue a été révélée : la monétisation de contenus érotiques sur des plateformes comme OnlyFans. Ilan Castronovo a affirmé gagner près de 40 000 euros par mois grâce à la vente de ses contenus de charme, ajoutant une nouvelle polémique.
Les polémiques sont en réalité favorables à leur business. Elles génèrent du buzz, augmentent leur visibilité et attirent de nouveaux followers, ce qui se traduit par plus d'argent. Les influenceurs ont bien compris que "qu'on parle de toi en bien ou en mal, le principal, c'est qu'on parle de toi".
La télé-réalité a fait son entrée en France en 2001 avec Loft Story, un format inédit qui a rapidement rencontré un succès phénoménal, notamment avec la "scène de la piscine". Les participants sont devenus des stars nationales. À cette époque, sans réseaux sociaux, ils devaient trouver des moyens de rester dans la lumière, comme Loana avec son single et ses couvertures de magazines. La télé-réalité est alors devenue une porte d'entrée vers la célébrité, même sans talent particulier.
L'avènement des réseaux sociaux, notamment Instagram en 2010, a changé la donne. Cette application de partage de photos est devenue l'outil privilégié des influenceurs pour partager leur vie en direct et créer une proximité avec leurs fans. En 2011, l'émission "Les Anges de la télé-réalité" sur NRJ12 a rassemblé d'anciens candidats pour réaliser leurs rêves professionnels. Le succès de l'émission reposait sur la popularité préexistante des candidats, qui savaient comment se démarquer et créer du contenu. La télé-réalité est souvent scénarisée, et les candidats sont encouragés à créer des histoires et des conflits pour maintenir l'audience. Un "bon candidat" est celui qui crée du contenu et du buzz.
Les émissions de télé-réalité ciblent les jeunes, avec des horaires de diffusion adaptés (17h). Instagram a connu une croissance exponentielle, séduisant 81% des 16-25 ans en France en 2020. Les réseaux sociaux ont créé une nouvelle dimension en permettant aux fans d'accéder à la vie des stars et de communiquer avec elles.
La télé-réalité et Instagram sont devenus indissociables. Leurs interactions créent un cercle vertueux : les candidats de télé-réalité utilisent les réseaux sociaux pour monétiser leur popularité et vice-versa. Les réseaux sociaux sont devenus une "petite télé" où les influenceurs racontent leur propre histoire, et les productions s'en servent pour scénariser leurs émissions.
En 2009, la Cour de cassation a statué que les participants à la télé-réalité sont des travailleurs et doivent signer un contrat de travail. Être candidat de télé-réalité est devenu un métier, où l'objectif est de créer du buzz pour assurer l'audience et développer une communauté de fans. C'est un travail à temps plein, 24h/24, où il faut constamment se filmer et alimenter les réseaux pour générer des revenus. Sans activité, pas de rémunération.
Ce phénomène a même dépassé la presse people, car les personnalités gèrent désormais leur propre communication en partageant leur vie directement sur les réseaux sociaux. La télévision est devenue un simple outil pour les candidats, dont le véritable objectif est de devenir influenceur et de monétiser leur popularité sur les réseaux. Des influenceurs comme Nabila Vergara comptent plus d'abonnés sur Instagram (6,5 millions) que le président de la République (2,5 millions).
Le métier d'influenceur fait rêver les jeunes, car il donne l'impression d'un succès facile et accessible. Cependant, peu d'élus parviennent à gagner des sommes astronomiques. Ce travail est en réalité extrêmement prenant, fatigant et soumis aux polémiques et aux jugements. Les influenceurs sont conscients du caractère éphémère de leur succès et doivent rester humbles pour durer.
Les influenceurs fascinent la société parce qu'ils sont perçus comme des "stars au niveau des autres", dans une société qui rejette le décalage des "vraies" stars. Ils sont clivants : adorés par certains, détestés par d'autres. Mais derrière l'image d'insouciance, beaucoup sont en réalité des hommes et des femmes d'affaires très intelligents, capables de construire des empires et de s'entourer des bonnes personnes.