
Il a ouvert une chocolaterie à Bangkok sans connaître le pays
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Le podcast met en lumière le parcours entrepreneurial de Clément, un chocolatier français expatrié en Thaïlande. Son histoire débute par une prise de conscience sur la valeur du bonheur au-delà de l'argent, une leçon apprise lors de ses expériences à l'étranger, notamment à Dubaï. Il y a découvert que l'épanouissement personnel dans son travail était plus gratifiant que la richesse matérielle de ses connaissances.
Clément, originaire de Lyon, a commencé son apprentissage en pâtisserie-chocolaterie à 15 ans, obtenant plusieurs diplômes dans ce domaine. Dès 19 ans, il a souhaité voyager et acquérir de l'expérience à l'étranger, commençant par des stages non rémunérés aux États-Unis pour améliorer son anglais. Cette approche immersive, où il a dû se "jeter à l'eau", s'est avérée très efficace pour l'apprentissage linguistique.
Après cette première expérience, il a continué à voyager et à travailler dans divers pays, jusqu'à ce qu'il découvre la Thaïlande. C'est là que son parcours entrepreneurial a réellement pris son envol. Dès l'âge de 20 ans, il a commencé à développer sa propre marque, "Clémentel chocolatier". Cette démarche de "se brander soi-même" était une stratégie délibérée, inspirée par des chefs reconnus, pour créer une image premium et française à l'étranger.
Une partie essentielle de sa stratégie précoce a été la maîtrise des réseaux sociaux, particulièrement Instagram. Il a rapidement compris leur potentiel pour la notoriété et les opportunités commerciales. Au début, il a monétisé son expertise en vendant des ebooks sur des sujets spécifiques de la chocolaterie : le tempérage du chocolat, les ganaches, et la décoration de bonbons. Ces ebooks, vendus entre 15 et 25 euros (le premier étant gratuit), lui permettaient de générer des revenus directs, l'intégralité allant dans sa poche après l'investissement en temps pour leur création. Il a puisé dans ses anciens cours et ses propres astuces pour les rédiger, soulignant la différence avec les outils d'IA actuels qui auraient pu lui faire gagner un temps considérable.
Son passage à Dubaï a été une étape marquante. Il y a vécu deux ans, d'abord en cherchant un emploi, puis en s'associant avec des entrepreneurs dans le secteur de la restauration rapide qui souhaitaient lancer une marque de chocolat. Bien que le salaire initial fût bas, cette expérience lui a permis de lancer la marque "Noir" et de créer sa propre marque personnelle en parallèle. Il a appris l'importance de diversifier sa présence en ligne, utilisant Instagram, un site web, TikTok et LinkedIn pour être omniprésent.
Clément souligne les avantages et les inconvénients de se "brander". Si cela renforce son image et sa crédibilité, cela l'expose aussi personnellement. Il met en garde contre les erreurs qui pourraient nuire à sa réputation. Son compte Instagram, lancé en 2017, a servi de journal de bord, documentant son parcours sur près de dix ans et renforçant son sérieux aux yeux du public.
Le choix de la Thaïlande comme destination n'était pas motivé par la facilité, mais par un désir d'essayer différents pays pour trouver celui qui lui correspondait le mieux. Le style de vie à Dubaï, axé sur l'argent, ne lui convenait pas. Il a apprécié de nouer des liens avec des locaux, ce qui lui a permis de mieux comprendre la culture et de s'épanouir au-delà de la communauté expatriée. C'est là qu'il a réitéré sa conviction que l'argent ne fait pas le bonheur, observant des personnes aisées moins épanouies que lui dans son travail.
Arrivé en Thaïlande, il n'avait pas de contacts ni de plan précis, s'appuyant sur une valise et une grande détermination. Il a rencontré un ami à Barcelone qui lui a donné un contact en Thaïlande, ce qui a facilité son intégration. Les premiers mois ont été difficiles, marqués par des démarches administratives complexes (immigration, banque) et une barrière linguistique. Il a investi seulement 1000 euros au début, privilégiant le risque temporel et l'effort personnel à l'investissement financier initial.
Sa première année en Thaïlande a été intense. Il s'est immédiatement mis au travail, cherchant à s'installer durablement. Son modèle économique initial reposait sur la prospection de cafés et restaurants pour y vendre ses produits. Cette approche lui a permis de se faire connaître et de construire sa marque. Il a découvert que la Thaïlande offrait un environnement plus propice à l'entrepreneuriat que la France, où les réglementations sont jugées moins clémentes pour les entrepreneurs.
Les défis culturels n'ont pas été un obstacle majeur pour lui, mais l'adaptation aux habitudes locales, comme la découverte des espaces de restauration dans les centres commerciaux, a pris un peu de temps. La gestion de l'immigration et des visas a représenté le principal défi administratif, nécessitant beaucoup de temps et d'efforts.
Après environ un an de mise en place et de tests, il a commencé à voir des opportunités se concrétiser. Il a fondé sa structure avec un associé thaïlandais, une relation basée sur une bonne entente et une vision commune. Sa maison actuelle sert à la fois de lieu de vie, de production et de vente, optimisant ainsi son organisation.
La production de chocolat en Thaïlande est confrontée à des défis spécifiques. Les Thaïlandais ne sont pas de grands consommateurs de chocolat par rapport aux Européens, bien que le cacao y pousse. Clément met en avant l'utilisation d'ingrédients locaux pour ses créations, créant un "French chocolate style" avec une touche thaïlandaise, ce qui confère un caractère premium à ses produits. Il a appris à adapter son offre au marché local, proposant des desserts "ready to eat" via des plateformes de livraison comme Grab, particulièrement le soir.
Sa clientèle est majoritairement composée d'expatriés (environ 70%), dont une part importante de Français, le reste étant des Thaïlandais. Ces derniers sont curieux de découvrir le chocolat français et apprécient le mélange d'ingrédients locaux. Parmi ses créations, il a exploré des saveurs audacieuses comme le chocolat au piment ou le caramel salé aux épices, tout en maintenant un équilibre pour préserver le caractère premium de sa marque.
Le recrutement et la gestion d'employés thaïlandais ont représenté un défi. Il a fallu du temps pour trouver la bonne personne, quelqu'un qui partage sa vision et avec qui il peut travailler confortablement. Il privilégie une approche humaine et formatrice, loin des méthodes autoritaires qu'il a connues durant son apprentissage. Il a également dû faire face à la barrière de la langue et à une certaine désinvolture potentielle de la part des employés, qui ne partagent pas toujours la même passion pour l'entreprise.
Il a récemment dû licencier une employée à qui il accordait des avances de salaire. Cette situation lui a rappelé la nécessité de maintenir un équilibre financier et de ne pas tout sacrifier pour les autres, même si cela l'a déçu.
Financièrement, la première année a été positive avec 2 millions de bahts (environ 50 000 €) de chiffre d'affaires pour 1,5 million de dépenses, une performance notable compte tenu de ses débuts modestes. Il réinvestit systématiquement ses bénéfices pour développer son entreprise, acquérir du matériel et améliorer ses installations. Il achète du matériel aussi bien en Thaïlande qu'importé de Chine, et fait appel à des artisans locaux pour des fabrications sur mesure.
Sa vision à long terme est d'étendre sa présence dans plusieurs pays d'Asie, en commençant par consolider son activité à Bangkok et dans le reste de la Thaïlande. Il reconnaît que le marché du chocolat en Thaïlande est complexe mais qu'il existe une place pour tous les entrepreneurs, à condition de s'adapter.
Clément met un point d'honneur à collaborer et à apprendre des autres chocolatiers, considérant les autres entreprises comme des partenaires plutôt que des concurrents. Il a participé à des événements et des foires, notamment dans les centres commerciaux, qui, bien que n'apportant pas toujours de gains financiers directs, ont généré du contenu marketing et permis de toucher de nouveaux clients.
Il souligne l'importance capitale des réseaux sociaux pour la visibilité et le développement de son entreprise. Il est présent sur plusieurs plateformes pour ne pas dépendre d'une seule source de trafic. Il développe également sa chaîne YouTube où il partage son parcours, ses créations et des conseils, visant la monétisation grâce aux vidéos courtes et à une stratégie de contenu diversifiée.
Ses projets actuels incluent la restructuration de son organisation pour libérer du temps, se concentrer sur le développement en ligne et sur les desserts "ready to eat" via Grab, et potentiellement ouvrir de nouvelles boutiques. Il délègue une partie de la production à des partenaires pour se concentrer davantage sur la vente et le développement commercial.
Son conseil principal aux aspirants entrepreneurs est de "se lancer", d'essayer, d'apprendre de ses erreurs et de persévérer. Il insiste sur l'importance de l'adaptation à la culture locale, soulignant que les stratégies qui fonctionnent dans son pays d'origine ne sont pas toujours transposables à la Thaïlande.
Clément propose également des ebooks, des formations et des workshops pour les adultes et les enfants, offrant différentes formules pour apprendre la chocolaterie et même pour ceux qui souhaitent démarrer leur propre entreprise. Il travaille actuellement à la création d'une formation vidéo complète, aidé par un stagiaire pour la partie technique.
Le podcast se termine sur une note positive, soulignant l'importance de l'audace, de la persévérance et de l'adaptation pour réussir dans l'entrepreneuriat, particulièrement dans un pays comme la Thaïlande.