
It's not AI Doom, It's a Fourth Turning
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L'épisode du podcast Deli accueille Michael Arrington, fondateur de TechCrunch, une publication technologique majeure qu'il a vendue à AOL. Arrington est également connu pour avoir été l'un des premiers à couvrir les demo days de Y Combinator en 2007, pour avoir créé Crunchbase, et pour avoir soutenu des entreprises comme Uber, Airbnb et Pinterest, avant de fonder Arrington Capital.
Arrington aborde le concept de la "Quatrième Tournante" (Fourth Turning), une théorie selon laquelle l'histoire américaine, et potentiellement d'autres civilisations, traverse des cycles de crise tous les 80 ans environ. Ces crises, comme la guerre d'Indépendance, la guerre civile ou la Seconde Guerre mondiale, sont suivies de périodes de reconstruction et de prospérité, avant que la génération suivante ne commette des erreurs, menant à une nouvelle crise. Arrington estime que nous sommes actuellement dans une période de troubles, potentiellement déclenchée par la montée de la Chine, la spirale de la dette ou, plus récemment, l'intelligence artificielle (IA).
Il s'interroge sur la nature de la crise actuelle, se demandant si elle est liée à la bulle de 2008, au COVID-19 ou à l'IA. Il souligne que ces événements sont interconnectés et qu'il est difficile de prévoir lequel aura le plus grand impact. L'IA, en particulier, est à la fois terrifiante et impressionnante. Arrington craint l'émergence d'une nouvelle espèce plus intelligente que l'humanité, bien qu'il reconnaisse les nombreux avantages potentiels de l'IA. Il mentionne l'utilisation intensive de l'IA dans la guerre et le fait que la Chine, malgré ses problèmes internes, innove beaucoup dans ce domaine, parfois même en partageant des technologies open source.
Concernant l'IA, Arrington ne croit pas que les laboratoires américains puissent ralentir son développement, car la Chine prendrait le dessus, ce qui pourrait entraîner une victoire chinoise dans la course à l'AGI (Intelligence Artificielle Générale). Il considère les appels à la régulation de l'IA comme une "capture réglementaire", visant à éliminer la concurrence. Le scénario idéal pour lui serait un "dictateur bienveillant" basé sur l'AGI, qui aimerait et protégerait l'humanité, comme nous le faisons avec les animaux dans les zoos.
Arrington Capital a commencé à investir dans l'IA, considérant initialement ces investissements comme "adjacents à la crypto", avant de se diversifier pleinement. Il voit des similitudes entre la crypto et l'IA open source. Il estime que la crypto est un moyen très pratique pour l'IA de réaliser des transactions financières, presque comme si elle avait été conçue pour cela.
Arrington exprime son inquiétude face aux prévisions pessimistes de certains experts en IA, dont un chercheur d'Anthropic qui lui a confié en privé ne plus avoir que six mois à vivre. Il qualifie cela de "stupide", arguant que si c'est inévitable, fermer une entreprise n'arrêterait rien, car d'autres continueraient, notamment en Chine.
Il partage sa vision de Sam Altman, PDG d'OpenAI, qu'il connaît depuis longtemps. Arrington le décrit comme "maléfique" et un "psychopathe". Il précise qu'être psychopathe est une condition médicale, pas nécessairement synonyme de malveillance, mais il ressent un malaise en sa présence. Arrington Capital utilise la psychologie pour évaluer les fondateurs, s'appuyant sur un programme d'un an appelé Pathwise. Ce programme permet de comprendre les types de personnalité et d'adapter les interactions.
Il explique que les narcissiques, bien que parfois difficiles, sont de bons fondateurs car leur besoin de prouver leur valeur les pousse à travailler sans relâche. Il estime que la moitié des fondateurs dans lesquels son fonds investit sont narcissiques. En revanche, il évite les psychopathes, car ils manquent d'empathie et peuvent être destructeurs. Il distingue le narcissisme (une tendance de personnalité) du trouble de la personnalité narcissique (qui nécessite une aide psychiatrique).
Arrington mentionne qu'il a déjà eu un psychopathe dans son équipe, un surdoué qui a dû être licencié pour harcèlement sexuel. Cette personne a ensuite réussi à devenir partenaire dans un autre fonds en se présentant comme un partenaire d'Arrington Capital. Il souligne la difficulté de distinguer les psychopathes des narcissiques, mais affirme que l'étude de ces comportements permet de déceler les signes. Les psychopathes imitent le comportement normal, tandis que les narcissiques apprécient les compliments. Pour interagir avec un psychopathe, il faut se montrer physiquement menaçant et éviter les compliments, car ils y voient un signe de faiblesse.
Arrington se décrit comme paranoïaque, une qualité utile pour un journaliste, mais difficile dans les relations interpersonnelles. Il évoque ses débuts avec TechCrunch en 2005. Il a commencé ce blog après avoir quitté son emploi et passé un an à faire du surf et à jouer aux jeux vidéo. Il a réalisé qu'il y avait peu d'informations sur les nouvelles startups, alors il a décidé de partager ses recherches. Les fondateurs, qui recevaient des alertes Google sur leur nom, ont rapidement afflué vers TechCrunch, qui est devenu un moyen pour eux d'obtenir de la visibilité.
En 2006, il a révélé l'acquisition de YouTube par Google, avec le prix exact, quatre jours avant l'annonce officielle. Cette exclusivité a propulsé TechCrunch, et les informations ont commencé à lui parvenir directement. Il organisait des barbecues célèbres dans sa maison de la Silicon Valley, qui attiraient des centaines de personnes et renforçaient la communauté.
Arrington a été critiqué par les "vrais journalistes" pour son parti pris positif envers les fondateurs, qu'il considérait comme des "rock stars". Il a passé du temps avec Steve Jobs à la fin des années 90, alors qu'il était l'un de ses avocats pour la vente de Next à Apple. Jobs lui a indirectement appris à ne pas être avocat et à entreprendre, en lui exprimant son aversion pour les avocats.
Les années TechCrunch ont été épuisantes. Arrington travaillait sans relâche, dormait peu et sa santé se dégradait. Il a dominé le secteur pendant plusieurs années, allant jusqu'à publier une fausse nouvelle le jour du poisson d'avril sur Google construisant des armes nucléaires, qui a été reprise par de grands médias avant d'être démentie.
Finalement, épuisé, il a vendu TechCrunch à AOL. Il a ensuite co-fondé CrunchFund, qui a connu des succès majeurs avec des investissements très précoces dans Uber, Airbnb et Pinterest. Ces investissements ont été facilités par ses relations avec les fondateurs, qu'il connaissait grâce à TechCrunch. Il a investi 100 000 dollars dans Airbnb, ce qui a généré d'énormes retours pour ses commanditaires.
Après quelques années, Arrington s'est lassé de l'investissement traditionnel en capital-risque, le trouvant répétitif. Il a décidé de se réinventer et de se tourner vers la crypto en 2017, une période où il ne connaissait rien au sujet, ce qui le motivait à apprendre. Il avait déjà investi dans Coinbase et acheté du Bitcoin.
Arrington Capital est maintenant très actif dans l'IA et a ralenti ses investissements dans la crypto, bien qu'il croie fermement en ses fondamentaux. Il a traversé de nombreux cycles économiques et marchés baissiers de la crypto, affirmant que les meilleurs investissements sont réalisés pendant ces périodes. Il a gagné plus d'argent en 2021 que pendant tout le reste de sa vie.
Il raconte une anecdote où un de ses partenaires a déclaré que la crypto était "morte", ce qu'Arrington a interprété comme le signe que le marché avait atteint son point le plus bas. Il est convaincu que le Bitcoin, en tant que monnaie inarrêtable par les gouvernements, sera notre salut.
Arrington ne se soucie pas de l'argent et ne se laisse plus affecter par les hauts et les bas du marché. Il se considère comme un "gardien" de son entreprise, se concentrant sur le mentorat de son équipe et l'apport de valeur stratégique. Il ne gère pas directement les gens, car il se sait mauvais dans ce domaine, préférant embaucher des COO pour cette tâche. Son conseil aux jeunes entrepreneurs est de faire face à leurs peurs et de jouer sur leurs forces, plutôt que d'essayer de corriger leurs faiblesses.
Il exprime sa crainte face à l'avenir, notamment l'impact de l'IA, le fossé politique croissant et le manque de sens dans la société moderne, conduisant à une augmentation de la dépression. Il redoute l'idée du revenu universel (UBI), étant un fervent défenseur de la méritocratie, mais reconnaît qu'il pourrait devenir nécessaire si des millions de personnes se retrouvent sans emploi. Il compare la situation actuelle à la "grenouille bouillante", où les changements technologiques rapides et les problèmes sociaux s'accumulent sans que nous en prenions pleinement conscience.
Arrington conclut en soulignant l'importance de vivre pleinement sa vie et de ne pas se laisser submerger par la rumination. Il recommande le Daoïsme comme philosophie de vie et encourage à affronter ses peurs et à se concentrer sur ses points forts. Il est fier d'avoir aidé des personnes à devenir millionnaires grâce à la vente de TechCrunch, une satisfaction qu'il valorise plus que l'argent personnel. Enfin, il exprime son admiration pour les jeunes entrepreneurs qui réussissent plus tôt que lui.