
Sandy Kory: The Founder Obsessed Investor Behind BillionToOne, BaseTen & Palantir
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Sandy, un investisseur chevronné, partage son parcours unique dans le capital-risque, depuis ses débuts en banque d'affaires jusqu'à la fondation de son propre fonds, Horizon Preed. Son approche se distingue par une focalisation intense sur les fondateurs, une philosophie qui a guidé ses investissements précoces dans des entreprises comme Palantir, Canva et BillionToOne.
Son intérêt pour la finance et l'entrepreneuriat remonte à son enfance. Après avoir obtenu son diplôme de Stanford il y a 20 à 25 ans, il a été fasciné par le capital-risque, le considérant comme un domaine réservé aux "dieux". N'ayant pas réussi à intégrer ce milieu directement, il s'est tourné vers la banque d'affaires, rejoignant une boutique spécialisée dans le M&A pour les entreprises technologiques bootstrappées. Ce rôle, étonnamment axé sur la vente, lui a permis de générer des revenus suffisants pour alimenter son hobby d'investisseur providentiel.
Un tournant majeur fut son investissement providentiel dans Palantir en 2009, représentant la moitié de son patrimoine à l'époque. Cette décision audacieuse fut motivée par sa profonde amitié avec Sham Sankar, futur CTO de Palantir, qu'il considérait comme exceptionnellement talentueux. Sankar lui décrivait avec enthousiasme l'équipe de Palantir, composée de personnes qu'il jugeait parmi les plus intelligentes et ambitieuses de la Silicon Valley. Malgré l'incertitude économique de la crise financière, Sandy a fait confiance à son intuition et à la qualité humaine de l'équipe. Il se souvient même avoir expliqué la définition du chiffre d'affaires à Joe Lonsdale, co-fondateur de Palantir, soulignant que l'importance résidait moins dans les détails financiers à ce stade que dans la densité de talents et l'ambition. Palantir, souvent incompris par les VCs traditionnels, représentait une approche radicalement différente, axée sur une pensée de premier principe et une mission forte.
En 2010, après avoir été licencié, Sandy a fondé sa propre société de M&A avec son partenaire Mike. Cette période, bien que financièrement précaire au début, lui a permis de financer davantage ses investissements providentiels. Il a développé une expertise dans l'analyse des entreprises technologiques bootstrappées, appréciant leur rentabilité et la capacité des fondateurs à naviguer dans des environnements complexes sans nécessairement maîtriser toutes les subtilités financières. Parallèlement, il consacrait ses soirées et week-ends à l'investissement providentiel, explorant des startups du monde entier.
Le passage du M&A au capital-risque professionnel s'est fait progressivement. Fort de ses succès en tant qu'ange investisseur, notamment dans Canva et BillionToOne, et ayant créé des SPV (Special Purpose Vehicles) pour des investissements spécifiques, Sandy a ressenti le besoin de structurer son activité. La période de 2021, avec quelques sorties réussies, a été le catalyseur pour lancer son fonds, Horizon Preed. Il a bénéficié de la confiance établie avec ses anciens clients de M&A, facilitant la levée de fonds.
L'exemple de BillionToOne illustre parfaitement sa philosophie. Sandy a découvert l'entreprise via un programme de la Y Combinator. Bien que peu familier avec la biologie, il a été immédiatement impressionné par l'intelligence, la clarté d'explication et l'honnêteté intellectuelle des fondateurs, alors qu'ils terminaient leurs doctorats. Il a particulièrement apprécié leur capacité à expliquer des concepts techniques complexes, un signe qu'il considère comme crucial pour des fondateurs devant naviguer dans des marchés hétérogènes. L'obsession des fondateurs pour leur technologie et leur détermination à résoudre un problème complexe, même sans une compréhension approfondie du domaine, ont été des signaux forts. Il a investi à plusieurs reprises, démontrant sa conviction et son engagement.
Sa spécialisation dans la sélection des fondateurs découle en partie de sa formation en psychologie et de sa conviction que le stade le plus précoce de l'investissement offre le plus d'alpha. Il privilégie les fondateurs qui démontrent une obsession pour leur projet, une capacité à expliquer clairement des idées complexes, et une absence de "red flags" tels que le manque d'honnêteté intellectuelle ou une approche trop commerciale. Il valorise la "mission" par rapport au "mercenariat", estimant que cela attire les talents.
Sandy reconnaît que son approche peut être considérée comme "contrariante" par certains, car il accorde moins d'importance aux diapositives de présentation qu'à l'histoire et aux expériences passées des fondateurs. Il estime que le passé d'un fondateur, ses échecs et ses succès antérieurs, offrent des signaux plus fiables que la présentation d'une idée naissante. Il ne croit pas nécessairement que le "traumatisme" est un prérequis pour le succès, privilégiant plutôt les signes d'un potentiel exceptionnel et l'absence de défauts majeurs.
Il met en avant la "talent magnetism" comme un indicateur clé : la capacité d'un fondateur à attirer d'autres personnes exceptionnelles. Pour lui, la qualité de l'équipe qui se forme autour du fondateur est un signal d'alarme ou de confirmation. Il est également très attentif à la capacité d'un fondateur à recruter et à maintenir un haut niveau d'exigence en matière d'embauche, considérant cela comme un facteur déterminant du succès à long terme.
Concernant le processus de décision, Sandy avoue ne pas pouvoir se fier uniquement à une analyse quantitative. Il combine une approche analytique avec une intuition ("gut feeling"), tout en étant très critique envers lui-même. Il reconnaît que son processus peut prendre de 20 minutes à une heure pour obtenir une lecture fiable, car il cherche à dépasser les discours préparés pour comprendre la véritable personnalité et les motivations du fondateur. Il valorise l'honnêteté intellectuelle et la capacité à reconnaître ses erreurs, considérant que le mensonge ou l'exagération freinent l'apprentissage.
Un exemple récent de son approche est son investissement dans Senkoutsen, une entreprise de fabrication verticalement intégrée. Il a rencontré le fondateur, Jim, via son activité de M&A, et a développé une relation de confiance. Bien que peu familier avec le secteur de la fabrication, il a été convaincu par la passion de Jim et la traction organique de l'entreprise, qui démocratise l'accès à la fabrication de pièces sur mesure. Ce cas souligne que sa confiance peut se construire sur une relation préexistante et une observation approfondie de la capacité d'exécution, même dans un domaine nouveau pour lui.
Face à l'évolution rapide de la technologie, notamment l'IA, Sandy reste confiant dans sa méthodologie axée sur les fondateurs. Il croit que les qualités humaines fondamentales – intelligence, détermination, mission – resteront des facteurs clés de succès, indépendamment des avancées technologiques. Il aspire à utiliser l'IA comme un outil, sans se laisser précieusement définir par elle.
En résumé, Sandy représente une nouvelle génération d'investisseurs, privilégiant une compréhension profonde des fondateurs et de leur potentiel, une approche moins conventionnelle et une conviction forgée par l'expérience et l'observation minutieuse. Son parcours démontre qu'une carrière réussie dans le capital-risque peut être construite sur une combinaison de persévérance, d'intuition affûtée et d'une focalisation inébranlable sur les personnes qui bâtissent l'avenir.