
Are Crypto Tokens Fundamentally Broken?
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Le podcast Deli Hivemind aborde l'état actuel des marchés, la crypto, l'IA et les opinions non filtrées. L'animateur Kevin Kelly et ses co-animateurs Jose, Jan, Cetrus et Jason discutent des récents développements.
Jason note que la crypto semble mieux se porter que les actions. Il observe une consolidation ou une distribution dans les indices boursiers. Bitcoin, pour la première fois depuis des semaines, semble meilleur, peut-être parce que l'influence de "Sailor" (probablement Michael Saylor de MicroStrategy) diminue. Ce dernier semble vouloir lever des liquidités, ce qui réduit l'incertitude immédiate. Les chiffres de l'inflation sont positifs, ce qui modère les attentes de hausses de taux. Des cryptos comme Hype, Lighter et Zcash se portent bien.
Jan ajoute que le marché s'améliore, avec de plus en plus de "green shoots". Zcash, en particulier, est haussier, ayant retrouvé ses niveaux pré-bug. Le nouveau pool Ironwood sera lancé, permettant de vérifier le mouvement des fonds hors du pool Orchard, où le bug a été trouvé. Un retrait lent des fonds du pool Orchard serait un signe haussier. Solana se distingue par ses activités on-chain, attirant de bons actifs pour le trading et la finance décentralisée. Robinhood pourrait rivaliser en se concentrant sur les mêmes domaines que Solana, notamment le trading d'actions et les options on-chain, en capitalisant sur sa marque.
Cependant, il y a un scepticisme quant aux L2 (Layer 2) comme Base et Robinhood, car leurs économies ne bénéficient pas aux détenteurs de tokens, mais plutôt à des entités privées. L'excitation est limitée tant qu'ils ne proposent pas quelque chose de véritablement unique.
La discussion se tourne vers Synapse, une plateforme qui a pivoté d'un pont à un protocole d'options construit sur Hyperliquid. L'idée est de s'appuyer sur la liquidité existante d'Hyperliquid plutôt que de la construire soi-même. Les options sont un produit à forte demande de détail, comme le montre Robinhood. Elles sont perçues comme moins risquées que les "perps" (contrats perpétuels) pour les utilisateurs, car le risque de perte est limité à la prime payée. Synapse vise une interface utilisateur conviviale, similaire à celle de Robinhood, pour attirer le public de détail.
Il y a un débat sur la valeur de Synapse, certains doutant de son histoire et du "chilling" récent (promotion excessive). Bien que Synapse promette des rachats de tokens avec 80% des frais, les volumes actuels sont faibles. Le succès dépendra de la capacité à attirer des teneurs de marché et des utilisateurs.
Concernant le marché global, la non-intervention de "Sailor" est positive. La hausse d'Ethereum est largement tirée par les contrats perpétuels, ce qui pourrait indiquer un positionnement pour un trade plutôt qu'une tendance durable. Néanmoins, cela pourrait être un précurseur d'un rallye des altcoins.
Grass est un autre projet discuté. Ses revenus sont saisonniers et concentrés sur la seconde moitié de l'année. Il y a eu des malentendus sur sa croissance et la valeur de son token. La fondation de Grass contrôle les tokens et les distribue avec prudence, préférant payer en espèces plutôt que de diluer la valeur du token. Le modèle de Grass, sans composante d'équité, est considéré comme sous-évalué, avec un multiple de revenus sous 4x pour une croissance annuelle de 4x.
Le modèle de récompense de Grass a suscité des critiques. Le réseau compte environ 8,5 millions de nœuds, mais leur utilité varie. Le projet est un plugin léger qui utilise la bande passante inutilisée, et beaucoup d'utilisateurs ne se souviennent même pas de l'avoir installé. L'efficacité du réseau ne nécessite pas un nombre excessif de nœuds, surtout dans les mêmes zones géographiques. Grass valorise la curation et le filtrage des données, offrant un produit nettoyé et spécifique aux laboratoires qui achètent des données. Les nœuds "toxiques" ou inutiles, souvent des bots, sont découragés, ce qui réduit les coûts anti-botting de la fondation.
La conversation dérive vers le débat "tokens vs. equity" et les incitations désalignées. Kevin Kelly demande si une coexistence des deux modèles est possible sans créer de problèmes. Jose pense que les gens ne veulent pas détenir des tokens dans des entités qui ont une composante d'équité capturant les revenus. Il suggère des structures plus claires, comme ACE (un modèle où les détenteurs de tokens KYC peuvent devenir actionnaires), pour établir une relation contractuelle entre l'équité et le token.
Jason reconnaît que les tokens et l'équité peuvent coexister, mais l'ambiguïté autour de la valeur du token doit être éliminée. L'exemple de Venice est cité : la valorisation de son token était basée sur la confiance envers le fondateur et non sur une utilité clairement définie. Si le rôle du token est explicite et sans ambiguïté, sa capitalisation boursière sera plus petite, et les attentes plus tempérées, car l'équité captera toujours la majeure partie des profits en espèces. Lorsque les choses vont bien, le token peut être récompensé, mais en cas de difficultés ou de sortie, sa valeur chute.
Jose souligne que Grass n'a pas de composante d'équité, tout étant détenu par une fondation. Les équipes sont des contractants. Il s'agit plus d'un problème de perception du marché que d'une bifurcation token-équité. Il soutient que le token pourrait devenir la principale valeur à long terme, mais il faut du temps.
Le problème de la confiance est soulevé : les fondateurs et investisseurs détiennent généralement plus d'équité que de tokens. Même si un projet génère beaucoup de revenus, il y a un conflit entre le rachat de tokens et le versement de dividendes aux actionnaires. Le modèle ACE est vu comme une solution, offrant la liquidité d'un token et la protection d'une conversion en équité.
Beaucoup de projets crypto précieux nécessitent une entité d'équité car leurs flux de trésorerie ne sont pas générés on-chain (ex: acheter du matériel, faire fonctionner des serveurs, servir des requêtes API). Dans ces cas, une structure est nécessaire pour que le token puisse avoir une capture de valeur programmatique ou contractuelle. Le marché semble le demander.
En défense de Venice, ils ont airdropé la moitié de leur offre et n'ont jamais prétendu avoir une composante d'équité. Ils ont laissé le narratif se développer, mais leur objectif était de brûler l'intégralité de l'offre. Ils augmentent continuellement les mécanismes de burn.
Lever des capitaux via une offre de type ACE pourrait permettre aux entreprises de maintenir une entreprise réelle avec des dépenses et des besoins de croissance, tout en offrant une protection aux détenteurs de tokens. Une structure contractuelle entre une fondation/équité et les détenteurs de tokens, garantissant une partie fixe de la valeur aux tokens, est une autre solution. Cela éviterait le scénario où le token est abandonné au profit de l'équité (ex: Vertex, Axel).
Le réinvestissement dans la croissance est crucial pour les startups, mais les marchés crypto valorisent souvent les rachats immédiats de tokens. Si des structures comme ACE ou celle de Grass inspirent confiance, les investisseurs pourraient être plus patients et récompenser les projets qui réinvestissent pour une croissance à long terme. La rentabilité élevée de certains projets on-chain comme Hype a créé une fausse attente de retours immédiats.
Lever des fonds via des tokens est plus coûteux et complexe que via l'équité, car les fondateurs doivent rendre des comptes à un public plus large et souvent "mécontent" sur les réseaux sociaux. Il y a un "rabais" pour les projets à tokens par rapport aux projets à équité dans le même domaine, ce qui est perçu comme une opportunité. Pour que les tokens soient viables, il faut que les gens croient qu'ils ne seront pas "ruggés" et qu'il existe une norme de valorisation juste.
Enfin, la discussion se tourne vers les tendances de l'IA. Les "Magnificent 7", la mémoire et les "Neoclouds" (fournisseurs d'inférence) sont des investissements intéressants. Malgré la volatilité et l'effet de levier élevé, en particulier chez les investisseurs coréens, les perspectives à long terme pour l'IA restent haussières. L'offre ne devrait pas rattraper la demande pour les flux de travail "agentic".
Les annonces comme celle de Meta vendant du calcul ne devraient pas affecter durablement les Neoclouds, car la possession de terrains et d'énergie reste cruciale. L'argument selon lequel les modèles open source chinois pourraient rendre les investissements en calcul inutiles est remis en question. Si l'open source s'améliore, cela pourrait être négatif pour OpenAI et Anthropic, mais très positif pour les Neoclouds et les fournisseurs d'inférence, qui pourraient augmenter leurs marges.
L'intelligence est perçue comme un "paradoxe de Jevons", où la demande est illimitée. Bien qu'il puisse y avoir un sommet local dans les dépenses des entreprises, le potentiel d'utilisation de l'IA reste immense. Le manque de ROI de l'IA dans une entreprise est considéré comme un "problème de compétences", car l'IA peut rendre tout processus plus efficace.
Les arguments contre le ROI de l'IA sont souvent fallacieux, comparant des pourcentages sur des chiffres de tailles différentes. Les modèles de pointe ("Frontier models") augmentent leur avantage grâce aux revenus qu'ils génèrent, leur permettant de rester à la pointe de la formation. La demande pour ces modèles restera forte en raison de leur qualité supérieure et de l'impact cumulatif de leurs décisions. La distillation des modèles et la concurrence de l'open source sont des défis, mais l'amélioration de l'open source augmente la demande globale d'IA et, par extension, la demande pour l'IA de pointe.
Il est suggéré que les fournisseurs de modèles de pointe pourraient se verticaliser davantage, possédant plus de leur propre calcul, ce qui leur permettrait de capturer de la valeur même en ouvrant certains de leurs modèles. L'IA a été un moteur crucial pour les marchés ; sans elle, la crypto aurait probablement été beaucoup plus élevée.