
La Ponche : L'hôtel mythique de Saint-Tropez qui a vu défiler Sagan, Bardot et Sartre
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L'hôtel La Ponche est un établissement emblématique situé dans le très ancien quartier des pêcheurs de Saint-Tropez, un lieu appelé le port des pêcheurs. Ce quartier est décrit comme le "Saint-Germain-des-Prés de La Ponche", ayant attiré par le passé l'élite artistique et intellectuelle parisienne. L'hôtel, initialement une petite maison d'hôtes, est devenu un cinq étoiles, un rêve longtemps caressé par la propriétaire actuelle.
Thomas, le chef de l'hôtel La Ponche, à 30 ans, partage le quotidien des pêcheurs locaux pour mieux comprendre le produit qu'il cuisine. Il participe à une sortie en mer pour pêcher des dorades. Il découvre le travail derrière les "belles dorades", pêchées à 300-500 mètres de profondeur dans des eaux pures, ce qui leur confère une chair et un goût incroyables. Seulement cinq pêcheurs dans le golfe de Saint-Tropez pratiquent cette pêche, et l'hôtel a la chance de travailler avec eux. Thomas exprime sa joie de cette expérience qui l'a même "enlevé le mal de mer". Il envisage de préparer la dorade en carpaccio pour en savourer la texture.
L'hôtel La Ponche est un écrin caché derrière les remparts, face à la mer, au milieu du village de Saint-Tropez. Il faut se perdre dans les vieilles ruelles pour le trouver. Sa particularité est d'être composé de différentes parcelles indépendantes du bâtiment principal, formant un petit village au sein du village. Il compte seulement 21 chambres et a accueilli de nombreuses célébrités, dont François Sagan, dont la chambre favorite, avec son bureau d'époque et le clapotis des vagues, a contribué à l'éclat de La Ponche. Sagan a découvert Saint-Tropez après le succès de "Bonjour Tristesse" et y revenait pour le calme, la mer, la nature, les couleurs et les odeurs.
Le quartier était le plus habité de Saint-Tropez dans les années 50-60, un lieu de vie où l'on pêchait le matin et se baignait l'après-midi. C'est le cœur historique de Saint-Tropez. Plusieurs scènes du film "Et Dieu… créa la femme" avec Brigitte Bardot et Roger Vadim y ont été tournées, marquant les esprits. Ce film a attiré de nombreux visiteurs à Saint-Tropez, transformant la ville en un lieu de plaisir et de liberté pendant des décennies. Des figures comme Boris Vian ont également fréquenté le port, le décrivant comme une "merveille".
L'histoire de La Ponche commence en 1938, quand la mère de l'actuelle propriétaire a acquis le petit bar "La Ponche". Elle a ensuite bâti des chambres car l'endroit était très apprécié. Le tout Saint-Germain-des-Prés, avec Paul Éluard, Jean-Paul Sartre et Boris Vian, en avait fait son quartier général. L'hôtel a grandi, passant de trois à quatre, puis à cinq étoiles, un objectif atteint malgré les réticences de la mère qui craignait la ruine. Le bar d'époque, avec son damier noir et blanc, était un lieu où l'on buvait du pastis plutôt que des cocktails. Les célébrités venaient à La Ponche car c'était "leur maison", un lieu authentique où on leur "foutait la paix", sans paparazzi.
La directrice actuelle a entrepris une rénovation profonde, avec un changement d'équipe, recrutant majoritairement des jeunes tout en préservant l'âme des lieux. Le statut cinq étoiles permet de personnaliser le séjour des clients. La polyvalence est de mise dans cet établissement de petite taille. Raphaël, la concierge, est un exemple de recrutement spécial : une authentique Tropézienne dont la connaissance du village est jugée plus stratégique que l'expérience d'un concierge traditionnel. Elle organise des sorties en mer pour les clients, les chouchoutant "comme des stars de cinéma".
La jeune génération à la tête de l'hôtel est consciente de l'héritage de Simone, l'ancienne propriétaire, et s'emploie à faire vivre la légende. Le chef cuisinier, Thomas, recherche des produits d'exception. Après une pêche fructueuse, il prépare un carpaccio de dorade aux beaux yeux, assaisonné de sel au fenouil, accompagné d'une huile d'olive citronnée et bergamote. Il insiste sur la texture du poisson et la qualité des produits. Audrey, la directrice, apprécie l'importance de la présentation de la table, qui donne la "première note du repas", et l'élégance du service.
Thomas, jeune chef de 30 ans, a commencé la cuisine à 17 ans et a 13 ans d'expérience dans des restaurants étoilés. Pour lui, la cuisine est un lieu réconfortant, qui évoque l'amour de ses grand-mères et le plaisir de préparer des plats pour la famille. Il voit la cuisine comme un moyen d'exprimer l'amour. Les clients ne réalisent pas toujours le rythme sportif des journées du personnel, dicté par leurs arrivées et demandes.
La directrice a vu la clientèle évoluer, passant d'un Saint-Tropez "matuvu" à un nouveau souffle avec une nouvelle génération d'entrepreneurs. Le nouveau propriétaire de La Ponche, Nicolas, a été choisi par Simone, qui gérait l'hôtel depuis plus de 50 ans et n'avait pas d'héritier. Il détenait déjà cinq autres hôtels en France. Nicolas a eu un coup de foudre pour le lieu et son histoire, et a souhaité lui "refaire une petite beauté" tout en préservant son âme. Il ne recherche pas le côté "bling-bling" mais veut que les clients s'installent dans l'époque, comme dans un "temps à part". Simone, malgré la difficulté de la vente, est ravie et fière de la nouvelle direction, qui a été "bienveillante" avec elle.
Les Voiles de Saint-Tropez, avec 260 bateaux et 3000 marins, marquent la fin de la saison estivale. Après cet événement, Saint-Tropez se vide de ses touristes, et de nombreux hôtels ferment pour l'hiver. L'hôtel La Ponche, lui, restera ouvert pour la première fois cet hiver, signe que Saint-Tropez n'a pas fini d'écrire sa légende. Les Tropéziens retrouvent alors l'authenticité de leur village, son architecture, ses bougainvilliers et sa culture. Le soir du défilé des équipages des Voiles, Audrey et Raphaël participent à la fête, comme le veut la tradition. Elles finissent la soirée dans un bar mythique, le SUB, un établissement ancien où les marins aiment se retrouver, rappelant l'ambiance des bars d'antan.