
Inside the $6 Billion Binance Hack
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Le présentateur accueille Ari Redbird de TRM Labs pour discuter du récent piratage de Binance, un événement d'une ampleur sans précédent dans l'histoire des crypto-monnaies. Redbird, qui n'a pas dormi depuis 24 heures, confirme que si l'ampleur de l'attaque est stupéfiante, la sophistication croissante des acteurs malveillants, notamment la Corée du Nord, rend ce type d'événement, bien qu'extrême, de moins en moins surprenant. Il souligne que la Corée du Nord a volé environ 6 à 8 milliards de dollars au cours des six dernières années, et que le montant dérobé à Binance, estimé à 6 millions de dollars, représente un tiers de l'économie nord-coréenne, ce qui en fait une question de sécurité mondiale.
Redbird décrit ensuite la réaction immédiate de TRM Labs, créant une "salle de guerre" virtuelle pour coordonner les efforts avec les clients, les partenaires comme Binance, et les membres du Beacon Network. Ce réseau, qui représente 85% du volume des crypto-monnaies centralisées, inclut des plateformes d'échange majeures, des processeurs de paiement et des agences de maintien de l'ordre, permettant une réponse rapide et coordonnée. Il met en avant le rôle extraordinaire de Circle et Tether, qui ont réussi à geler 40% des fonds volés (environ 2,4 milliards de dollars) en une heure, démontrant la capacité de l'écosystème crypto en matière de conformité, de technologie et d'investigation. Il qualifie cet événement de "plus grand vol de banque de l'histoire humaine", surpassant de loin les montants précédemment considérés comme astronomiques.
Concernant les fonds non récupérés, notamment le Bitcoin et l'Ether, Redbird admet que leur récupération sera plus difficile dans un écosystème décentralisé où les fonds peuvent être dispersés via des courtiers OTC. Cependant, il reste optimiste grâce au Beacon Network et à la collaboration entre le secteur privé et les forces de l'ordre. Il explique que TRM Labs et ses partenaires surveillent et étiquettent chaque transaction en temps réel. Bien que les stablecoins offrent des capacités de gel et de réémission uniques, la récupération des autres actifs nécessitera des processus légaux tels que des mandats de perquisition et de saisie, impliquant une coordination étroite avec les autorités.
Redbird insiste sur le fait que l'implication de la Corée du Nord ajoute une dimension de sécurité nationale à l'attaque. Il explique que si certains criminels agissent par cupidité, le régime nord-coréen utilise ces fonds pour financer ses ambitions nucléaires et déstabiliser la péninsule coréenne. Il souligne que le vol de 6 milliards de dollars représente une part disproportionnée de l'économie du pays, transformant ce piratage en un enjeu de sécurité mondiale.
Le rôle des forces de l'ordre est crucial, car si la technologie et la communauté permettent le suivi et le traçage, seul le processus légal peut aboutir à la saisie des fonds. Les échanges et les émetteurs de stablecoins ont besoin de procédures judiciaires pour agir. Redbird mentionne que même les meilleurs traqueurs de fonds ne peuvent pas émettre de citations à comparaître sans l'intervention des autorités.
Concernant la méthode de piratage, Redbird reste prudent, laissant à Binance le soin de fournir les détails. Cependant, il confirme que la narrative de Binance, impliquant le piratage de l'ordinateur d'un ingénieur pour accéder aux clés privées, est cohérente avec les observations sur la blockchain. Il note que l'attaque a été précédée par des retraits importants via Tornado Cash 36 heures avant, ainsi que des tests et des répétitions sur des portefeuilles, suggérant une planification méticuleuse et délibérée de la part de la Corée du Nord. Il décrit ce schéma comme une "mise en scène et répétition" devenue une signature des cybercriminels nord-coréens. Bien qu'il soit possible de détecter ces activités sur la blockchain, il est difficile de les distinguer du bruit de fond, rendant la détection précoce complexe.
La question de savoir si la Corée du Nord se soucie d'être identifiée est abordée. Redbird explique que, contrairement aux criminels classiques, la Corée du Nord opère avec moins de préoccupation pour les traces, car il n'y a pas de risque d'extradition ou de poursuites pénales. Il compare le travail des enquêteurs à celui d'artistes analysant une œuvre pour en identifier l'auteur. La Corée du Nord privilégie le vol maximal et le transfert rapide des fonds pour la prolifération d'armes et la déstabilisation. Redbird suggère que pour les rendre plus attentifs, il faut "les faire se soucier davantage", par des pressions diplomatiques sur la Chine, partenaire commercial essentiel, et par l'utilisation d'outils cyber offensifs. Il estime que le vol de 6 milliards de dollars justifie tous les efforts pour les récupérer.
En réponse à la question sur ce que le gouvernement américain pourrait faire, Redbird, tout en précisant qu'il n'est plus dans le domaine de la sécurité nationale, souligne l'importance de la pression diplomatique sur la Chine, ainsi que l'utilisation d'outils de sécurité nationale comme les sanctions et le cyber offensif. Il mentionne que les fonds volés finissent souvent par être blanchis par des réseaux professionnels, souvent liés à des groupes criminels chinois, et que la pression sur le gouvernement chinois pour agir contre ces réseaux est essentielle.
Concernant les conséquences secondaires pour l'industrie crypto, Redbird pense que cet événement est différent de l'implosion de FTX, car il ne s'agit pas de fraude mais d'un piratage par un État-nation. Il voit cet événement comme une validation des dispositions de conformité et de sécurité nationale du "Genius Act", démontrant la capacité des émetteurs de stablecoins à geler et brûler des tokens à des fins illicites. Il est encouragé par la solidarité observée entre concurrents comme Coinbase et Binance, et par le rôle du Beacon Network. Il reconnaît qu'il y aura une pression accrue en matière de cybersécurité, mais estime que l'industrie possède déjà beaucoup des outils nécessaires.
Sur la question de l'intelligence artificielle (IA) dans ce piratage, Redbird indique que la réponse courte est "nous ne savons pas encore", mais que la Corée du Nord utilise de plus en plus l'IA pour l'ingénierie sociale et les cyberattaques. Il est probable que l'IA ait été utilisée d'une manière ou d'une autre, même si elle n'est pas directement liée à la méthode d'exploitation spécifique observée. TRM Labs utilise l'IA pour combiner des informations on-chain et off-chain afin de construire une image complète du risque. Il conclut que même si l'IA n'a pas été utilisée dans ce cas précis, il faut se préparer comme si c'était le cas, car l'augmentation des cyberattaques, potentiellement amplifiées par l'IA, représente une menace civilisationnelle.
Pour l'avenir, Redbird appelle l'industrie à renforcer sa cybersécurité, à tous les niveaux, des protocoles DeFi aux grandes plateformes comme Binance. Il souligne que si le vol de 6 milliards de dollars est sans précédent, il est également vrai qu'un tel montant ne pourrait pas être dérobé dans une banque traditionnelle. Il insiste sur la nécessité d'une approche offensive, utilisant tous les outils de sécurité nationale disponibles contre les États-nations criminels, y compris les sanctions, les inculpations, le cyber offensif et les procédures judiciaires. Il réitère l'importance de la collaboration communautaire, citant le Beacon Network comme un exemple positif, et se montre fier de la réaction de son équipe et des partenaires de TRM Labs.
Enfin, il mentionne avoir mangé trop de bonbons d'Halloween par stress, blâmant humoristiquement la Corée du Nord. Il remercie David pour l'invitation et souligne l'importance de sensibiliser le public aux moyens d'action collectifs pour prévenir de futurs événements similaires.