
Scénarios pour le secteur énergie après le M.O.U USA / Iran
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Bonjour. Après la signature du MOU entre les États-Unis et l'Iran, document préparatoire et non définitif pour le règlement du conflit débuté fin février, nous allons examiner les scénarios possibles pour le secteur pétrole et énergie.
Avant cela, quelques rappels. Le conflit a déjà retiré environ 1,5 milliard de barils des stocks mondiaux, qui atteindront fin juillet des niveaux historiquement bas sur les 15 dernières années. Cela constitue un facteur de soutien aux prix pétroliers, car les stocks devront être reconstitués, créant une demande supplémentaire pour remplir les réserves stratégiques. De nombreuses valeurs du secteur énergétique affichent des ratios de valorisation très attractifs. Par exemple, Total Gabon, au premier trimestre, a généré 111 millions de dollars de cash-flow d'activité hors variation du besoin en fonds de roulement. Multiplié par quatre, cela donne environ 400 millions annuels, pour une valeur d'entreprise actuelle inférieure à 700 millions de dollars (entre 500 et 700 selon le calcul). Le ratio valeur d'entreprise sur cash-flow est inférieur à deux, obtenu avec un prix moyen du Brent à 80 dollars, que je considère comme le prix d'équilibre à moyen terme.
Le ratio entre l'indice des valeurs pétrolières et le cours du baril est proche de ses plus hauts historiques (autour de 13 hier soir à Wall Street). Il pourrait monter jusqu'à 15-16, ce qui pourrait entraîner une baisse supplémentaire du baril, peut-être jusqu'à 72-75 dollars pour le Brent, mais ce n'est pas une condition nécessaire. Ce graphique évolue à l'inverse des prix du baril : un ratio élevé indique un point bas pour le secteur pétrolier, et un ratio bas un point haut. Cela est dû au fait que les investisseurs se basent sur des projections à long terme, moins volatiles que les échéances courtes. Ce graphique est clairement haussier.
Les marges de raffinage restent extrêmement élevées, comparables à celles observées pendant le conflit Russie-Ukraine. En Europe, la moyenne des premières semaines de juin est de 115 € par tonne. À ces niveaux, une valeur comme Na Energie générerait environ 6 € de cash-flow par mois, pour un cours actuel inférieur à 50 €. Cela indique une forte sous-évaluation. Ces éléments offrent un matelas de sécurité face aux incertitudes futures.
Passons aux scénarios post-MOU.
1. **Scénario "Super TAO" (35% de probabilité) :** Trump, effrayé par les conséquences économiques et électorales d'un blocage prolongé du détroit d'Ormuz, ferait des concessions importantes à l'Iran pour éviter une explosion des prix du baril. L'Iran contrôlerait l'accès au détroit, instaurant un péage. L'instabilité persisterait, car l'Iran pourrait restreindre les flux à tout moment en réaction à des événements (par exemple, des actions d'Israël). Israël se défendrait fortement, rendant la situation très instable. L'engagement de l'Iran à ne pas développer d'armes nucléaires n'a pas été respecté par le passé. Ce scénario serait neutre à court terme sur les prix du baril, mais haussier à long terme en raison de l'instabilité persistante. À terme (2-3 ans), les pays voisins développeraient des infrastructures de contournement, mais la période de transition serait dangereuse.
2. **Nouvel enlisement (40% de probabilité) :** Le MOU est signé, mais les négociations butent sur des points comme le nucléaire ou le retrait d'Israël. L'Iran bloque ou restreint sporadiquement le trafic dans le détroit, entraînant des conflits partiels et de l'incertitude. Le trafic reprendrait de manière incertaine, au compte-gouttes, avec des négociations prolongées. Ce serait un scénario haussier à court et long terme, auquel j'attribue une probabilité élevée en raison des nombreux points de désaccord subsistants.
3. **Vraie entente États-Unis-Iran (peu probable) :** Les deux pays feraient des concessions réciproques. L'Iran accepterait de grosses concessions sur le nucléaire et l'ingérence envers Israël, tandis que les États-Unis lèveraient les sanctions, réinjectant des fonds dans l'économie iranienne. Le trafic dans le détroit reviendrait à la normale. À court terme, ce serait neutre (prix du baril autour de 80 dollars), et à long terme, neutre à baissier selon la conjoncture économique mondiale.
4. **Déstabilisation du régime iranien (peu probable) :** Le régime iranien, affaibli économiquement, serait renversé par la rue, avec l'aide des services américains et israéliens. Une période d'instabilité en Iran suivrait, puis un régime plus favorable aux États-Unis serait mis en place. Ce scénario serait haussier à court terme (pendant l'instabilité