
De 0 à 100 en 3 ans à Bangkok
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Aujourd'hui, l'épisode reçoit Yan et Pune, un couple qui connaît un grand succès sur les réseaux sociaux. Pune apprend le français assidûment et espère pouvoir faire un podcast entièrement en français l'année prochaine. Elle apprend avec des livres et avec l'aide de Yan, son mari.
Leur activité principale est d'aider les couples franco-asiatiques du Sud-Est à obtenir des visas pour la France. Ce service est né de leur propre expérience, car ils ont rencontré de nombreuses difficultés et trois refus de visa avant de trouver la solution. Yan explique que les refus sont souvent dus à un problème de structure de dossier, non pas à un manque de papiers, mais à la manière dont le dossier est constitué et présenté. Les consulats et ambassades ont des critères précis et demandent souvent bien plus de documents que les quatre ou cinq officiellement requis, un dossier pouvant en contenir une vingtaine.
Ils traitent plusieurs types de visas : les visas court séjour touristique, les visas long séjour touristique (jusqu'à six mois), et les visas vie privée familiale qui mènent à un titre de séjour (pour les personnes mariées). Ils proposent également des solutions alternatives, comme le PACS, qui est un engagement plus simple et rapide à dissoudre qu'un mariage, et qui peut ouvrir la voie à un titre de séjour sans être marié, après avoir enchaîné deux visas touristiques de six mois et obtenu une demande exceptionnelle au titre de séjour.
Yan souligne l'importance d'un nouveau système de "visa cascade" mis en place le 8 mai dernier. Si une personne respecte les termes de son premier visa en France et rentre dans son pays à temps, elle peut ensuite demander des visas de plus en plus longs. Le premier visa est le plus difficile à obtenir. Une fois qu'une personne est venue une première fois et est rentrée, le processus est simplifié, surtout si elle se pacse pendant son séjour en France, ce qui prend seulement 30 minutes à la mairie.
Concernant les refus, Yan explique que les ambassades sont submergées de demandes (48 000 demandes de visa de l'ambassade de Bangkok cette année) et en sous-effectif. Si un dossier n'est pas "nickel chrome", il est refusé sans explication détaillée. Le problème du sous-effectif est lié au nombre de Français inscrits au registre des Français à l'étranger. Le gouvernement français alloue des effectifs proportionnellement à ce registre. Beaucoup de Français ne s'inscrivent pas, ce qui empêche l'ambassade de recevoir plus de personnel et de mieux traiter les demandes. L'inscription au registre est donc cruciale, non seulement pour le personnel consulaire, mais aussi pour les Français en cas de guerre ou de rapatriement, et même pour les couples. Être inscrit au registre permet de faire compter les années de vie commune en Thaïlande pour l'obtention d'un passeport français pour sa conjointe, alors que normalement quatre ans de vie commune sur le territoire français sont requis.
Yan a pu obtenir des informations fiables pour élaborer son produit en discutant avec des personnes de l'ambassade, évitant ainsi les informations contradictoires des forums et groupes Facebook. Il insiste sur la nécessité de passer par un professionnel pour les visas, compte tenu de la complexité et des changements fréquils des procédures.
Yan vit en Thaïlande de manière cumulée depuis environ deux ans et demi à trois ans, mais ne parle pas thaïlandais. Il explique que c'est une lacune, et l'épisode est sponsorisé par Italki, une plateforme pour prendre des cours de langues en ligne avec des professeurs natifs, permettant un apprentissage personnalisé et une vraie interaction.
Yan utilise les réseaux sociaux (Instagram, Facebook, TikTok, YouTube) pour le marketing de son entreprise de visas. Il poste quasiment une vidéo par jour et prévoit d'en faire davantage sur les visas, car il constate un fort intérêt. C'est sa principale source de revenus, en plus des revenus des vues et des droits d'auteur. Il mentionne la SCAM, une agence française qui reverse les droits d'auteur pour les vidéos de plus d'une minute, à hauteur d'environ 30 centimes pour 1000 vues, en plus de ce que les plateformes comme Facebook et YouTube paient déjà. Pour adhérer à la SCAM, il faut avoir au moins 10 000 abonnés sur une plateforme. L'argent est versé une fois par an, ce qui nécessite d'avoir d'autres sources de revenus à côté.
Yan a commencé les réseaux sociaux car, étant dans le marketing, il a toujours perçu les réseaux comme une immense opportunité de liberté financière. Un soir, après une mauvaise journée de travail, il a décidé de se lancer, malgré la peur du jugement. Il a commencé à filmer Pune "random" et à poster tous les jours. Au bout de trois mois, les chiffres ont commencé à décoller. Il s'est inspiré d'autres créateurs, notamment Ban, un créateur thaïlandais qui est une référence pour lui. Le "hook" de ses vidéos, où Pune lance le sujet, est particulièrement efficace pour retenir l'attention dès les trois premières secondes. Yan est très axé sur les chiffres et les statistiques pour optimiser son contenu.
Leur couple génère environ 6 à 7 millions de vues par mois toutes plateformes confondues, ce qui leur rapporte environ 1600 € par mois via la SCAM, en plus des partenariats avec des marques et de leur activité principale de visas.
Leur système d'aide aux visas coûte 299 € et comprend un dossier parfait, un accompagnement WhatsApp personnalisé avec Yan et Pune, et un accès à vie à leur plateforme en ligne. Ils ne peuvent pas garantir l'obtention du visa pour des raisons légales (interdiction de garantir un résultat administratif), mais ils s'engagent à accompagner leurs clients jusqu'à l'obtention du visa si le dossier est suivi à la lettre.
Yan a partagé une anecdote sur un client qui voulait faire venir une prostituée en France "à domicile", une demande qu'ils ont catégoriquement refusée, car cela va à l'encontre de leurs valeurs. Il critique l'idée reçue que la Thaïlande serait un "Carrefour" pour trouver une femme et la ramener en France, soulignant les défis d'adaptation culturelle pour une Thaïlandaise en France.
Yan et Pune se sont rencontrés à Bangkok il y a trois ans, par des amis en commun. Ils ont connu des difficultés et des chocs culturels. Yan estime avoir de la chance car Pune est très ambitieuse, désireuse d'apprendre le français, de développer leur business et de s'adapter. Pune, âgée de 22 ans, appartient à une nouvelle génération, née avec un téléphone, ce qui lui donne accès au monde et une grande capacité d'adaptation. Ils travaillent ensemble 24h/24 et sont très fusionnels.
Pune n'avait pas d'attirance particulière pour la France avant de rencontrer Yan. Il a aussi évoqué la "nature morte", une réaction culturelle thaïlandaise où la personne en colère arrête de parler et se ferme. Yan a eu cette expérience une ou deux fois avec Pune au début de leur relation. Il a directement communiqué son incompréhension, et Pune, très ouverte, a compris que cette réaction était inutile.
Yan est venu en Thaïlande pour la première fois à l'adolescence avec ses parents et a vécu un choc culturel profond. Sans smartphone à l'époque, il se sentait totalement dépaysé. Il est revenu à 28 ans avec un ami et n'est pas rentré, restant un an et demi, période pendant laquelle il a rencontré Pune. Pour lui, la Thaïlande est un pays idéal pour s'expatrier : des visas accessibles, une population globalement accueillante, un excellent système de santé et de transport, et un coût de la vie flexible. On peut y vivre très simplement ou avec plus de confort selon ses revenus. Il contredit l'idée qu'on ne peut pas vivre avec moins de 1000 € en Thaïlande, arguant que cela dépend du mode de vie.
En conclusion, Yan et Pune souhaitent une vie simple et agréable, avec potentiellement des enfants un jour. Ils encouragent les auditeurs à s'abonner, commenter, liker et partager le podcast, rappelant que beaucoup de personnes regardent sans s'abonner.