
Elle refuse de brader son bijou d'exception à 83 000€
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À Monaco, un événement de shopping de luxe réunit des clients internationaux dans un palace prestigieux. Des sacs de grandes marques, des montres en or et surtout des collections de bijoux exceptionnelles, signées par de grands joailliers, sont proposés. Des diamants, des pierres précieuses et des perles fines attirent les regards. Des millions d'euros sont dépensés, comme pour ce saphir de Birmanie estimé à 400 000 euros, acquis par une riche New-Yorkaise. Une jeune femme russe, quant à elle, craque pour un collier en diamant, dont le prix pourrait atteindre 30 000 euros.
Ces pièces font partie des 1000 lots présentés lors d'une vente aux enchères de bijoux d'exception, l'une des plus prestigieuses au monde, organisée par la maison Arcurial. L'objectif est de faire grimper les prix pour maximiser les profits. Le reportage explore les coulisses de cet événement : l'origine des bijoux, les techniques des commissaires-priseurs pour attirer les acheteurs et faire monter les enchères, et la recherche de bonnes affaires.
À Paris, au siège d'Arcurial, Julie Vallade, directrice du Pôle Bijoux, passe des mois à contacter des particuliers fortunés pour acquérir des trésors. Elle déniche des pièces rares, comme une parure en opale estimée à plus de 100 000 euros, ou un bijou historique intitulé "Les Ailes" de Georges Fouquet, une pièce unique en forme de papillon, dont la propriétaire espère 400 000 euros. Après négociation, le prix de départ est fixé à 130 000 euros, avec un prix de réserve de 200 000 euros.
Julie utilise également son expertise pour rehausser la valeur de certains bijoux. Elle reconnaît la patte de la créatrice Suzanne Belperron sur un ensemble estimé à 100 000 euros. Grâce à l'intervention d'un spécialiste, les pièces sont authentifiées, faisant potentiellement passer leur valeur de 10 000 euros à 50 000 euros pour une paire de clips. L'entreprise prend une commission de 30% sur le prix de vente.
Pour attirer les acheteurs, Arcurial investit dans des catalogues haut de gamme et organise des cocktails prestigieux. Laurent Dassault, héritier du groupe aéronautique et actionnaire majoritaire, joue un rôle clé en invitant des clients potentiels et en les faisant rêver. Il repère notamment une montre ayant servi dans un James Bond, estimée à 300 000 euros. Avec François Tajan, numéro 2 de la maison de vente, il prospecte activement lors d'événements mondains.
Le jour J à Monaco, la salle est comble. Les enchères débutent sous haute tension, avec 1000 lots sur trois jours. Le collier "Les Ailes" n'atteint pas son prix de réserve et n'est pas vendu. En revanche, les bijoux de Suzanne Belperron rencontrent un vif succès, atteignant 83 000 euros, une belle plus-value. La vente génère près de 5 millions d'euros pour les bijoux, et 10 millions au total avec les sacs et montres, une performance jugée très satisfaisante par Julie, déjà tournée vers l'édition suivante.