
Replit CEO Amjad Masad on What Young People Should Learn in the AI Era
Audio Summary
AI Summary
L'utilité fondamentale des jeunes est de remettre en question les croyances établies, d'être des hérétiques. Or, le système universitaire actuel fait l'inverse, il étouffe toute pensée divergente. Il faudrait un monde où il est acceptable de s'engager dans des projets originaux, même s'ils semblent excentriques, car ils pourraient se révéler extraordinaires.
L'avenir des entreprises est en pleine mutation. L'industrie a connu une réinitialisation complète d'un point de vue technologique. L'intervenant souhaiterait fréquenter une université qui ne soit pas prescriptive quant à ce qu'il apprend, motivé par les compétences qu'elle peut lui offrir pour réaliser ses ambitions. L'une des prémisses fondamentales de l'Académie est de contourner ce problème : l'obtention du diplôme, les notes et les examens ne sont pas des critères. La pression devrait être considérablement réduite.
L'intervenant se remémore une histoire de science-fiction, "La Cité et les Astres", où une AGI gouverne une ville futuriste. Les humains vivent éternellement, sans guerre ni maladie, et se consacrent à des projets artistiques millénaires. Cependant, l'accumulation de connaissances pose un problème de mémoire. Ils inventent une technologie pour compresser leurs souvenirs et suivre une sorte de "boot camp" pour se reformer. Un dysfonctionnement du système donne naissance à une personne fondamentalement nouvelle, qui perturbe l'ordre établi et pose des questions sur ce qui se trouve au-delà des frontières de la ville. Cette histoire illustre l'idée que les jeunes ont pour rôle de remettre en question les idées reçues, d'être des hérétiques.
Le système universitaire actuel est souvent perçu comme un moyen de préparer les jeunes à un monde qui n'existe plus, les poussant vers des carrières conventionnelles, le mariage, la maison, la voiture. Pourtant, il est possible d'avoir de bons résultats et de se retrouver au chômage avec des dettes. L'opportunité manquée est d'encourager ces "jeunes esprits clairs" à expérimenter et à tenter l'impossible. C'est ainsi que des percées, autrefois jugées impossibles, deviennent réalité grâce aux changements technologiques.
Si l'intervenant avait 18 ans aujourd'hui, il choisirait une université non prescriptive, offrant une multitude de parcours. Il évoque l'exemple de Steve Jobs, qui, après avoir abandonné le Reed College, a suivi des cours de son choix, comme la calligraphie. Ces détours, souvent jugés inutiles par la société moderne, peuvent être les plus bénéfiques, menant à des découvertes inattendues. Il souhaite la liberté de choisir ses matières et l'espace pour développer ses projets passionnants, sans la contrainte de l'assiduité aux cours.
L'environnement est crucial : côtoyer des esprits conventionnels mène à la pensée conventionnelle. Un environnement qui encourage la remise en question des croyances établies favorise la pensée critique. L'intervenant, qui a fréquenté l'UC Berkeley, appréciait l'absence d'obligation d'assister aux cours, ce qui lui a permis d'avoir plusieurs emplois et de concilier travail et études. Cette flexibilité, autrefois marginale, est devenue la norme pour les étudiants actuels, mais n'est pas encore encouragée par le système.
Il faudrait que les universités soutiennent activement les étudiants qui s'engagent dans des projets originaux, en leur offrant les ressources nécessaires. Plutôt que de les sanctionner, elles devraient les encourager et les aider à développer leurs idées, même les plus "folles".
L'éducation devrait capitaliser sur les intérêts naturels des individus. L'intervenant, passionné de basket-ball enfant, aurait été motivé par les mathématiques si on lui avait montré leur pertinence pour comprendre le salaire des joueurs ou les statistiques sportives. C'est ce que l'Alpha School fait en exploitant les passions des élèves pour les amener à apprendre des choses essentielles.
L'idée d'un programme d'études personnalisé pour chaque étudiant est largement acceptée dans le milieu académique, mais semblait irréalisable. Aujourd'hui, avec l'IA, cette personnalisation devient non seulement possible, mais presque incontournable. L'apprentissage par projet devrait être la norme, et non un simple "buzzword". L'idée d'apprendre sans en comprendre l'utilité est une invention moderne et étrange. Pour les esprits pragmatiques, la motivation vient des compétences que l'on peut acquérir pour réaliser ses rêves, plutôt que de la simple quête de connaissance.
Il existe un débat entre l'acquisition de compétences pratiques et le développement personnel. Beaucoup de jeunes sont confrontés à un choix injuste : soit un cursus universitaire structuré de quatre ans, soit la création immédiate d'une startup avec un financement initial. L'intervenant estime qu'un entre-deux de deux ans, sans pression, pour explorer et apprendre, serait idéal. Le monde de la Silicon Valley pourrait offrir les ressources nécessaires, encourageant la curiosité plutôt que l'optimisation prématurée.
L'optimisation prématurée est la racine de tous les maux en programmation, et l'intervenant estime que de nombreuses startups sont lancées par des jeunes par envie ou par pré-engagement envers une idée qui ne les intéresse pas vraiment. La vraie motivation devrait être la curiosité, l'idée qui vous captive au point de ne pas pouvoir l'ignorer. Il dénonce les pratiques prédatrices de certains VCs qui offrent des sommes importantes à des étudiants sans idée claire, les enfermant dans des contrats désavantageux.
L'intervenant, à la fois entrepreneur pragmatique et intellectuel curieux, oscille entre le besoin de construire et le désir d'explorer. Il s'est récemment passionné pour les échecs, ce qui l'a mené à programmer des modèles d'IA pour ce jeu. Il a découvert que l'IA peut désormais faire du Machine Learning, ce qui ouvre de nouvelles opportunités. Il en est venu à développer une nouvelle ligne d'activité pour Replet, permettant à chacun de devenir un chercheur en ML ou de fine-tuner un modèle pour résoudre un problème. Ces explorations, même celles liées aux mèmes et à la culture, lui apportent une compréhension du monde et du marché.
Il est essentiel d'écouter ses "démangeaisons" de curiosité. Beaucoup de jeunes se voient réprimer cette curiosité au profit de la conformité. Apprendre à suivre les règles est utile, mais apprendre à écouter ses propres impulsions l'est tout autant. L'intervenant pense que l'avenir des entreprises va changer, avec des agents IA qui gèreront la bureaucratie, permettant aux humains d'avoir une véritable autonomie. Il met en place une "entreprise auto-pilotée" chez Replet.
Il est crucial de ne pas rester bloqué dans les méthodes du passé. Apprendre les anciennes façons de faire mettra les gens en désavantage. Il faut être suffisamment "désagréable" pour avoir des idées originales, mais aussi savoir collaborer. Le respect des aînés est important, tout en reconnaissant qu'ils n'ont pas toutes les réponses. L'intervenant a nommé les salles de conférence de Replet en l'honneur de grands noms de l'informatique, pour honorer le passé tout en affirmant la volonté de le transformer.
La confiance est une valeur fondamentale, notamment dans la Silicon Valley. Les engagements verbaux y ont plus de poids que dans d'autres domaines, comme la politique locale. Cette confiance permet d'avancer rapidement et efficacement. L'Académie pourrait appliquer ce principe en faisant confiance aux étudiants pour suivre leurs propres voies, même si leurs idées semblent "folles". Cela favoriserait la créativité et l'innovation.
Concernant les "fauteurs de troubles", l'Académie, sans notes ni examens, réduirait la pression, permettant d'expérimenter des projets controversés comme "Facemash" de Zuckerberg. Il faut tracer une ligne pour les comportements criminels ou nuisibles, mais au-delà de cela, encourager l'exploration des limites de manière saine. L'exemple des jeunes hackers de Roblox, au lieu d'être emprisonnés, pourraient être orientés vers la cybersécurité ou des agences gouvernementales.
L'apprentissage par projet et la liberté de choix offrent plus d'opportunités d'apprendre de ses succès et de ses échecs. Quant à la culture des valeurs, de la morale et de l'éthique, l'intervenant estime que la Silicon Valley, avec son écosystème de confiance et de "somme positive", produit des êtres humains extraordinaires. L'Académie vise à former des individus bien adaptés, capables de communiquer non seulement dans le jargon du milieu, mais aussi de s'adresser au Congrès.
Il a développé sa propre boussole morale en lisant beaucoup et en introspectant, rejetant l'utilitarisme au profit d'une éthique de la vertu, où l'on agit d'une manière dont on serait fier, indépendamment des conséquences. Dans un monde en constante évolution, les principes rigides sont difficiles à maintenir. Il faut des principes évolutifs, des vérités fondamentales, aussi axiomatiques et minimales que possible.
Pour conclure, ce qui attire l'intervenant chez les jeunes talents, c'est leur capacité à plonger profondément dans un sujet et à le maîtriser au point de pouvoir lui apprendre quelque chose. Cette persévérance et cette motivation intrinsèque, souvent absentes chez la plupart des gens, sont impressionnantes. Être contrariant et avoir des opinions fortes est bien, mais il est tout aussi important d'avoir de bonnes compétences interpersonnelles et de faire preuve de respect. Il faut oser se spécialiser et exceller dans un domaine, tout en étant authentiquement aimable, car les gens soutiennent ceux qui sont de bonnes personnes.