
Flock Fever: A Review of Government Surveillance
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Cette vidéo aborde l'entreprise Flock Safety, une startup de surveillance gouvernementale, et les controverses qu'elle a suscitées. L'année 2026 a été marquée par de nombreux rebondissements concernant Flock, depuis des failles de sécurité jusqu'à des abus de pouvoir et des changements politiques.
Fin 2024, l'auteur a commencé à s'intéresser à Flock, préoccupé par le suivi constant des citoyens par la police sans mandat. L'absence de réponses claires de la police sur l'utilisation des données l'a poussé à approfondir ses recherches. Il a découvert que Flock ne demandait même pas la double authentification pour accéder à ses systèmes, et que des identifiants fuitaient sur le dark web, vendus par des vendeurs russes. Cette découverte a incité des membres du Congrès à demander une enquête de la FTC pour des raisons de sécurité nationale, sans succès.
GainSec a ensuite démontré qu'il était facile de prendre le contrôle total d'une caméra Flock en appuyant trois fois sur un bouton, accédant ainsi aux données et aux identifiants codés en dur. L'auteur a lui-même trouvé plus de 60 caméras Flock motorisées déployées publiquement et a pu accéder à 30 jours d'archives, à d'autres identifiants, et avait la capacité de supprimer ou modifier les images que la police utiliserait pour une enquête. Il a prouvé ses dires en téléchargeant des images rétrospectivement et en les partageant, ce qui a été vérifié par des médias nationaux.
La réaction de Flock a été jugée malhonnête, voire malveillante. Des représentants de Flock ont tenté de discréditer l'auteur, le qualifiant de simple YouTubeur, tandis que des cadres modifiaient la définition même de "piratage" pour minimiser les incidents. Le PDG a envoyé des e-mails aux forces de l'ordre pour les alerter d'une "attaque coordonnée d'activistes", avant de remercier l'auteur pour ses recherches dans une interview au Wall Street Journal. Ce comportement contradictoire a été interprété comme du chaos au sein d'une entreprise en pleine crise, plutôt que de la pure malveillance.
Ce chaos ne s'est pas limité à Flock. D'autres créateurs ont inventé des histoires fictives, et les réseaux sociaux ont été inondés de fausses informations sur les capacités des caméras Flock (surveillance Bluetooth, lecture sur les lèvres, destruction facile par laser). La rhétorique anti-Flock est devenue un genre populaire. De son côté, Flock a utilisé l'exploitation d'enfants comme outil marketing, mettant en avant des cas d'enlèvement pour justifier ses services. L'auteur souligne que le quatrième amendement n'empêche pas la police d'obtenir un mandat pour ces situations extrêmes, rendant le suivi privatisé sans mandat inutile.
Malgré le chaos, plus de 150 villes aux États-Unis, dont Los Angeles, Denver, Austin, Santa Cruz et Cambridge, ont retiré les caméras Flock. Certaines ont abandonné les systèmes LAPI, d'autres sont passées à des fournisseurs comme Axon. Un sondage auprès de plus de 1000 Américains a révélé que 65% s'opposent à la surveillance assistée par IA, 45% pensant qu'elle met les citoyens en danger. Seuls 12% pensent que la police devrait pouvoir suivre sans mandat, et 63% ne voteraient pas pour un candidat favorable à l'extension des programmes de surveillance. Deux tiers des Américains soutiennent ou sympathisent avec la destruction illégale de caméras de surveillance gouvernementales.
Flock a réagi en apportant des changements : désactivation des fonctions d'écoute audio, réduction de la durée de conservation des données de 30 à 7 jours par défaut, et authentification multifacteur obligatoire. La gestion des identifiants a été transférée à Auth0. L'auteur reconnaît que ces mesures sont significatives, mais souligne qu'elles n'ont pas été obtenues par des menaces ou la destruction de caméras, mais par la voie diplomatique.
La vidéo présente des exemples troublants d'abus. À Dunwoody, en Géorgie, une ville avec un taux de criminalité historiquement bas, le lieutenant de police Fidel Espinosa a été reconnu coupable d'agression et d'atteinte à la vie privée en 2024, après avoir été accusé de harcèlement sexuel envers d'autres agents. Dunwoody est un client fidèle de Flock et possède un centre de lutte contre le crime en temps réel sponsorisé par l'entreprise. Le commandant Patrick Craig, qui dirige ce centre, avait lui-même violé le code de conduite en utilisant les caméras Flock pour traquer son ex-femme.
Jason Huniar, un habitant de Dunwoody, a découvert que des employés de Flock, et non des policiers, avaient visionné des flux vidéo provenant d'un centre communautaire privé plus d'un millier de fois. Ces flux incluaient des salles de sport, une garderie, une piscine et une salle de gymnastique pour enfants. Les employés étaient tous des hommes adultes, et la plupart n'occupaient pas de postes techniques. Flock a affirmé qu'il s'agissait de démonstrations de produit, mais la ville de Dunwoody a nié l'existence d'un accord de démonstration. Plus grave encore, la preuve de ces visionnages a été supprimée des journaux d'audit de Dunwoody. L'auteur suspecte Flock d'avoir modifié ces journaux.
Flock avait précédemment affirmé que « Flock ne surveille pas vos images » et « Flock n'accédera jamais à votre caméra sans votre autorisation explicite », mais ces déclarations ont été retirées de leur site web, et Flock a même demandé à Internet Archive de supprimer toute trace de ces documents. L'auteur a retrouvé un câble Ethernet là où se trouvait une caméra Flock qui surveillait une aire de jeux, suggérant une tentative d'effacement des preuves. Flock a officieusement déclaré que les noms des employés avaient été supprimés des journaux d'audit suite à des menaces de mort. Cependant, une plainte a été déposée concernant les abus à Dunwoody, et la police, le centre communautaire, Flock et la ville n'ont rien fait. Le conseil municipal de Dunwoody a même voté à l'unanimité pour un nouveau contrat avec Flock Safety.
Dans le comté de Cobb, l'auteur a été victime d'un appel de Flock à la police, les accusant, lui et un autre YouTubeur, Tommy G, d'être armés et de harceler leurs employés. Un responsable de Flock a décrit une situation dangereuse, alors qu'ils n'étaient même pas sur la propriété de l'entreprise. L'auteur dénonce le comportement lâche de ce responsable, qui a trahi la police locale et les a fait passer pour des incompétents. Le comté de Cobb loue 182 caméras Flock, pour un coût annuel d'un demi-million de dollars, sans compter les caméras d'autres villes comme Smyrna.
Malgré les affirmations du chef de la police du comté de Cobb selon lesquelles les audits ne révélaient aucun abus, l'auteur a obtenu des journaux d'audit non occultés et a découvert 781 recherches sans mandat avec des motifs vagues comme "info", "suspect", "test" ou "renseignement". Il a engagé un détective privé et a trouvé des exemples d'abus, comme un analyste recherchant la plaque d'un membre de sa famille 10 fois, ou une policière recherchant 19 fois une personne connectée sur les réseaux sociaux.
Le cas le plus choquant concerne l'officier W du comté de Cobb, qui a effectué de nombreuses recherches douteuses et a suivi quatre plaques différentes en une semaine. Pendant cette période, il aurait agressé sexuellement un enfant, membre de sa famille. Un mandat d'arrêt a été émis contre lui, mais il a été libéré sous caution sans restriction de déplacement. Les conditions de sa libération ont été modifiées, lui permettant de retourner sur les lieux des crimes avant toute fouille policière. L'officier W avait recherché le véhicule de la personne responsable de la victime. L'auteur a contacté les autorités, y compris le PDG de Flock, mais personne n'a examiné les preuves.
En Géorgie, 45 agents ont été accusés d'abus des caméras Flock, et 152 officiers sont sous enquête à Atlanta. L'auteur estime que ces chiffres ne sont que la partie émergée de l'iceberg.
Flock a annoncé la création de son propre système de prévention des abus, où l'entreprise décidera ce qui constitue une raison valable pour qu'un policier piste un citoyen. L'auteur trouve cette solution absurde, car elle contourne le système judiciaire des mandats établi par la Constitution. Il estime qu'une entreprise privée ne devrait pas avoir un tel pouvoir discrétionnaire. Il suggère qu'une base de données décentralisée, financée par les vendeurs et les villes, agrégeant les données de manière transparente et auditée par le public, serait une meilleure solution. Il souligne que la blockchain aurait pu être utile dans ce contexte.
Concernant l'efficacité des caméras Flock, l'auteur critique l'étude de Flock qui revendique la résolution de 10% des crimes. Il estime que la méthodologie est erronée et que l'étude visait à manipuler les données à des fins marketing. Son analyse indépendante suggère que les caméras Flock n'ont pas d'effet mesurable sur la prévention des crimes violents ou l'augmentation du taux d'élucidation, mais qu'elles réduisent de 5,2% le vol de véhicules et améliorent la récupération des véhicules. Il suggère qu'un AirTag caché serait plus efficace et moins coûteux.
L'auteur se pose une question philosophique : est-il plus dangereux de ne pas comprendre l'efficacité de la surveillance, ou que tous les comportements individuels soient enregistrés et potentiellement jugés ? En tant que victime de crime violent, il craint davantage une société sans vie privée qu'une société avec de la criminalité.
Il souligne que si Flock disparaissait, une autre startup prendrait sa place. De nombreuses villes remplacent les caméras Flock par celles d'Axon, une entreprise qui propose une large gamme d'équipements de surveillance et de défense. Axon est décrit comme un modèle commercial prédateur qui siphonne l'argent des contribuables. Motorola fait de même. L'auteur estime que la privatisation totale de la technologie policière est "stupide", car les entreprises privées et la police ont des responsabilités différentes.
Le vrai problème, selon l'auteur, est la déconnexion entre le gouvernement local et les citoyens. Les élus installent des caméras sans consulter la communauté et transmettent les données à des entreprises à but lucratif. Il appelle à des lois fédérales sur la vie privée claires et unifiées, comparables au RGPD.
L'auteur cite l'exemple d'Asheville, en Caroline du Nord, où les résidents se sont opposés à l'installation de caméras Flock et à la construction d'un centre de renseignement en temps réel financé par une subvention fédérale. Kim Roney, une conseillère municipale, s'est systématiquement opposée à la surveillance, mettant en avant les droits constitutionnels des citoyens. Elle est maintenant candidate à la mairie et a de bonnes chances de l'emporter, car les électeurs apprécient sa défense de leurs intérêts. Le conseil municipal d'Asheville a récemment voté pour mettre fin à son contrat avec Flock.
L'auteur a tenté de vérifier le chiffrement de bout en bout des flux vidéo de Flock à Asheville, mais le responsable informatique a refusé, gaspillant potentiellement 33 000 dollars d'argent public. Il a également enquêté sur les liens de lobbying potentiels concernant le contrat Axon à Asheville, découvrant des dons de campagne de la Police Benevolent Association à la maire actuelle et au député qui a facilité la subvention. Il dénonce l'absurdité des fournisseurs de surveillance contribuant indirectement à la défense d'officiers arrêt