
$100M hedge fund manager: Do not make the mistake of dying rich
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L'invité, Bill, explique qu'il ne souhaite pas être "le gars" qui écrit des livres pour devenir célèbre, mais plutôt vivre sa vie. Il se compare à Jésus qui bâtit une église et s'en va. Les hôtes du podcast, qui s'appelle "My First Million" (Mon premier million), expliquent que le nom est un peu trompeur car, après avoir fait fortune, ils se sont tournés vers l'idée de "vivre une vie riche" plutôt que de "devenir riche", ce qui est le sujet du livre de Bill.
Bill a fait fortune en négociant des produits dérivés sur le gaz naturel sur le New York Mercantile Exchange. Il a commencé comme commis, puis est devenu courtier de gré à gré, un travail qu'il détestait. C'est avec la déréglementation en 1995 qu'il est devenu trader à Houston, Texas, et a commencé à gagner beaucoup d'argent. Il explique que le trading de matières premières consiste à parier sur la hausse ou la baisse des prix, ou sur la volatilité. Il se décrit comme un agent d'assurance glorifié, ne cherchant pas à trader activement, mais plutôt à répondre aux besoins du marché. Par exemple, en hiver, lorsque les gens craignent une hausse des prix du gaz naturel, Bill vendait des contrats à terme, se protégeant ainsi contre la hausse, car historiquement, les prix avaient tendance à baisser, et la prime de risque hivernale s'épuisait. La majeure partie de son argent provenait de la vente à découvert de gaz naturel.
Il a généré près d'un milliard de dollars de profits pour son entreprise. Il aurait pu gagner encore plus en investissant davantage dans le fonds, mais il pensait qu'il était risqué d'avoir tout son argent et son emploi liés au même fonds. Rétrospectivement, il estime qu'il aurait dû prendre plus de risques étant jeune, car il aurait toujours pu retrouver un emploi. Chez les fonds spéculatifs indépendants, les traders "mangent ce qu'ils tuent", c'est-à-dire qu'ils ne gagnent rien s'ils ne font pas de bénéfices, puis reçoivent un pourcentage des gains.
Bill a gravi les échelons, d'abord comme courtier OTC, où il gagnait déjà six chiffres, mais aspirait à être un trader, "le gars qui achète et vend des maisons" plutôt qu'un agent immobilier.
Il aborde trois façons de réussir en investissement : un tempérament supérieur (comme Warren Buffett, étant cupide quand les autres sont craintifs), un avantage informationnel (comprendre un marché ou une technologie mieux que les autres), et l'arbitrage pur. Bill se considère comme relevant des deux premières catégories. Le tempérament est crucial : être stoïque face aux pertes est essentiel, car sans cela, le cortex préfrontal ne fonctionne pas et l'amygdale prend le dessus.
Les hôtes notent que le tempérament de Bill semble plus "cowboy texan" que celui d'investisseurs plus académiques comme Howard Marks ou Ray Dalio. Bill confirme, expliquant que son fonds est conçu pour "devenir riche, pas rester riche", impliquant un risque de concentration. On peut perdre 100%, mais aussi gagner 300%. Il a failli tout perdre plusieurs fois, avec des swings allant de -50% à +250% sur des sommes de 100 à 250 millions de dollars. Il insiste sur l'importance de rester dans le jeu pour obtenir des rendements exceptionnels à long terme.
Il reconnaît qu'être trader demande une obsession intense. Il a eu une décennie de sa vie où il était "maniaque", obsédé par la résolution des énigmes du marché, ce qui lui a donné un avantage informationnel. Il ne regrette pas ce parcours, mais s'il devait recommencer, il irait dans les actions (équities) plutôt que les matières premières, car ce marché est beaucoup plus vaste et offre plus d'opportunités de capital, avec des fonds de plusieurs milliards de dollars. Il mentionne aussi les frais élevés pratiqués par ces fonds, ce qui en fait des centres de profit.
Aujourd'hui, à 57 ans, il investit son argent personnel dans les actions, mais son objectif n'est plus de maximiser ses gains pour le futur, mais de profiter de la vie maintenant. Jeune, son objectif était d'être millionnaire avant 30 ans, ce qu'il a dépassé. Il n'avait pas de "plafond" ni de plan précis pour arrêter de travailler. Il voulait une vie de rockstar, des filles, et l'argent qui va avec. Ce n'est que plus tard qu'il a réfléchi à ce que l'argent signifiait réellement et si c'était même une question de chiffres.
Il a réalisé que le pic de valeur nette est une date, pas un chiffre, car le corps est un "actif qui se dégrade" et la capacité à convertir l'argent en épanouissement diminue avec l'âge. Plus d'argent ne signifie rien à un certain point de la vie.
Ce changement de perspective n'a pas été un moment unique, mais une série d'événements et de lectures. Le livre "Your Money or Your Life" lui a fait réaliser que l'argent est un échange d'heures de vie. Il a commencé à se demander à quoi servait ce capital, quelles étaient ses valeurs, et comment l'argent s'inscrivait dans l'arc de sa vie, en tenant compte de la santé et du temps. Le but de la vie, selon lui, est d'être épanoui selon ses propres valeurs.
Il se souvient d'une conversation avec un ami à l'université qui ne voulait pas d'une vie "prête à l'emploi" (maison, travail, mariage), ce qui l'a fait réfléchir à ses propres aspirations, initialement façonnées par la société et les films. Il a compris que ses goûts et ses désirs étaient souvent le résultat d'un "conditionnement", et qu'il devait découvrir ce qu'il voulait réellement.
Il partage un passage de son livre "Die with Zero" (Mourir à zéro) qu'il a envoyé à sa sœur et à sa mère. Ce passage souligne que la mort nous réveille, et que beaucoup de gens passent leur vie à "pomper de l'eau" (accumuler de l'argent) sans jamais "boire" (profiter de la vie). Les principes clés sont : 1) le timing compte (certaines expériences ne peuvent être vécues qu'à certains âges), et 2) ce dont il faut s'inquiéter (on peut toujours refaire de l'argent, mais pas du temps). La peur de gâcher sa vie est sa principale motivation, l'argent n'étant qu'un outil.
Pour équilibrer carrière, ambition, ego et vie, il faut constamment "écraser son ego". Beaucoup de gens ne poursuivent pas leurs opportunités par peur de la chute de statut social, plutôt que par peur du risque financier. L'ego craint le jugement des autres et de soi-même en cas d'échec. Bill est très direct avec ses amis à ce sujet, les confrontant à leur "lâcheté". L'action est la clé, pas seulement la prise de conscience.
Il reconnaît qu'il doit constamment se remettre en question pour ne pas céder à la facilité ou à l'ego, que ce soit dans ses relations personnelles ou ses décisions. Il s'efforce de ne pas se soucier de ce que les autres pensent de lui, ce qui lui donne la liberté d'être lui-même. Il est franc et direct, préférant donner un "miroir" honnête plutôt que des politesses sociales.
Il a redéfini ce qui était important pour lui, réalisant que beaucoup de ses désirs étaient le fruit d'un "marketing" de la société. Il a appris à choisir ses réponses aux stimuli plutôt que d'être réactif. Ses décisions sont basées sur ce qui fonctionne pour ses objectifs, sans jugement moral.
Il partage deux leçons tirées de son livre :
1. Les gens ont tendance à attendre la mort pour distribuer leur héritage, alors qu'il serait plus épanouissant de le donner de leur vivant, permettant aux proches d'en profiter quand ils en ont besoin, ou de l'utiliser pour des expériences partagées.
2. L'importance des "seaux de temps" (time buckets) plutôt que des "listes de choses à faire avant de mourir" (bucket lists). La vie est une succession de "morts" (la mort de l'étudiant, du célibataire, du jeune parent, etc.), et certaines expériences sont optimales à certaines périodes et ne se transfèrent pas bien à d'autres. Il faut planifier sa vie comme un jeu de Tetris, en plaçant les activités au bon moment pour maximiser l'épanouissement. Il planifie des périodes de 3 à 5 ans, par exemple, vivre au Japon avec son jeune fils.
Il avoue que son plus grand mécontentement actuel concerne sa santé. Il y a quatre ans, il était en excellente forme (8% de masse grasse), mais maintenant il est à 16-18% et sa VO2 max a diminué. Il reconnaît que ce sont des "histoires de victime" (bébé, fatigue, grossesse de sa femme) et qu'il est juste paresseux. Il utilise le concept des "Olympiques du Centurion" de son médecin, qui liste des activités qu'on aimerait faire dans la dernière décennie de sa vie (par exemple, soulever un enfant, faire une randonnée, faire du wakeboard). Selon ses calculs actuels, 80% de ces activités lui seraient impossibles avec sa trajectoire actuelle. Il s'inquiète de "bousiller le futur Bill". Pour y remédier, il a engagé un entraîneur qui peut le suivre en voyage pour maintenir sa motivation et sa responsabilité.
Le titre de son livre, "Die with Zero", est né d'une séance de brainstorming. L'idée est d'utiliser toutes ses ressources sur Terre, de ne rien laisser sur le terrain, et de mourir sans regrets. Ses regrets sont toujours liés aux moments où il n'a pas fait de son mieux. Le titre a été jugé provocateur par les éditeurs, mais ils l'ont adopté.
Un auditeur partage comment le livre a changé sa vie : il loue de grandes maisons pour les vacances et invite sa famille, ce qui rend les vacances plus amusantes. Il a aussi conseillé à ses beaux-parents fortunés de donner leur héritage de leur vivant, de dépenser pour eux-mêmes, ou de créer des expériences partagées, comme l'achat d'une maison de vacances plus grande.
Bill reçoit beaucoup de témoignages de personnes qui ont changé leur approche de l'héritage, revu leurs plans de retraite, ou encouragé leurs parents à passer plus de temps avec leurs petits-enfants. Même les personnes moins fortunées, comme un militaire avec une pension garantie, ont repensé leur épargne et leur allocation de temps. Le livre met l'accent sur les choix, la gestion du temps et de la santé, pas seulement de l'argent.
Bill partage son histoire la moins préférée : jeune, un ami l'avait invité à voyager six semaines en quittant leur emploi. Bill avait refusé, agissant de manière "responsable". Au retour de son ami, il avait vu la "lueur" dans ses yeux et su qu'il avait fait le mauvais choix. Il a voyagé plus tard, à 30 ans, mais ce n'était plus la même expérience (dormir dans des auberges, sur des trains, seul). Certaines expériences appartiennent à une période de la vie et ne se transmettent pas bien.
Bill travaille toujours, mais il s'assure que les projets qu'il entreprend s'alignent avec ses valeurs et lui apportent un épanouissement marginal. Il a deux startups (Skyfi, une plateforme d'imagerie satellitaire, et Simax, une firme de renseignement) et gère toujours un fonds spéculatif. Il aime les yachts et les voyages privés, qui lui font gagner du temps et lui permettent de profiter du voyage lui-même. Il est constamment en train de mesurer si le travail vaut