
"Grande violence" : escorté par la police après sa défaite, l'ex maire de Mantes-la-Jolie témoigne
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Voici un résumé détaillé de l'entretien de Raphaël Cogier, ex-maire de Mantes-la-Jolie, au micro de Sud Radio.
**Une soirée électorale sous le signe de la violence**
L'entretien s'ouvre sur le récit de la soirée du dimanche suivant l'annonce des résultats électoraux à Mantes-la-Jolie. Raphaël Cogier décrit une atmosphère d'une hostilité rare lors de la proclamation des résultats, aux alentours de 22h30. Dès son entrée dans le hall de l'hôtel de ville, il explique avoir été accueilli par des insultes et une pression physique extrêmement forte. Alors qu'il souhaitait simplement féliciter le vainqueur, Monsieur Adamay, et proposer une transition républicaine, il a été empêché de s'exprimer par les lieutenants du nouveau maire, qui se sont montrés incapables de rétablir le calme.
Cette tension a rapidement dégénéré. L'hôtel de ville a été envahi à tous les étages, obligeant la police municipale à intervenir. Dix minutes seulement après son arrivée, les forces de l'ordre ont ordonné au maire de quitter les lieux pour sa sécurité. Raphaël Cogier souligne la violence psychologique de l'instant, précisant que sa femme et ses enfants étaient présents dans son bureau à l'étage, craignant pour son intégrité physique. Pour lui, ce n'était pas une simple déception de défaite, mais la confrontation à une « haine brute » qui donne une image déplorable de la commune.
**Le spectre du clientélisme et du communautarisme**
Interrogé sur les raisons de cette animosité, l’ex-maire évoque les tensions structurelles de villes comme Mantes-la-Jolie, où les classes populaires sont nombreuses. Il met en garde contre les dérives clientélistes et communautaires. Selon lui, dans ces municipalités, la mairie est parfois le seul employeur d'envergure, ce qui crée un risque permanent de voir la ville être « utilisée » plutôt que servie.
Raphaël Cogier détaille les efforts qu'il a menés depuis 2017 pour assainir la gestion municipale. Il explique avoir instauré une discipline stricte : exiger des comptes certifiés pour le financement des associations, recruter sur la base des compétences réelles plutôt que par népotisme, et maintenir une neutralité absolue vis-à-vis de tous les cultes et religions. Il exprime son inquiétude de voir la ville retomber rapidement dans ces travers et espère que son successeur saura faire preuve de la ténacité nécessaire pour résister aux pressions de son entourage, dont les orientations politiques restent, selon lui, floues.
**Les besoins urgents de la ville : autorité et sécurité**
Pour Raphaël Cogier, Mantes-la-Jolie a besoin de trois piliers pour avancer : la valorisation de ses réussites, le maintien de l’autorité et la lutte contre le communautarisme. Il insiste sur le fait que les premières victimes de l'insécurité et du narcotrafic sont les habitants des quartiers populaires, comme le Val Fourré. Il cite l'exemple des mères de famille qui travaillent tôt à Paris et qui, à leur retour, subissent la loi des points de deal. Contrairement aux idées reçues, il affirme que ce sont ces habitants qui réclament le plus de caméras, de policiers et d'ordre.
Un point crucial de son bilan est le renforcement de la police municipale, passée de 15 à environ 50 agents sous son mandat. Il avertit son successeur : sans cette police municipale, il sera impossible d'assurer l'ordre public lors des manifestations culturelles ou sportives, car la police nationale n'en a plus les moyens. Il espère que l'idéologie ne prendra pas le pas sur ce besoin de sécurité qui concerne tous les citoyens, des plus modestes aux plus aisés.
**Un avenir incertain pour le « vivre-ensemble »**
En conclusion, l'ex-maire se confie sur son état d'esprit actuel. Il se dit « abattu » par la tournure des événements, craignant que ces images de violence n'effacent huit années d'engagement et de belles rencontres. Sa femme a d'ailleurs qualifié les comportements observés d'« inhumains ». Raphaël Cogier s'interroge sur la possibilité de continuer à « vivre ensemble » après un tel déchaînement de haine, tout en essayant de rester optimiste.
Il trouve néanmoins du réconfort dans les centaines de messages de soutien qu'il reçoit des habitants depuis la défaite. Pour lui, cette « voix du peuple » silencieuse représente le véritable visage de Mantes-la-Jolie, loin de l'agitation violente de la soirée électorale. Bien qu'il s'apprête à tourner la page, il exprime le souhait sincère que sa ville ne « plonge » pas et que son successeur réussisse sa mission pour le bien de tous.