
Ex-Gang Member: What Makes A Violent Man Change? - Johnny Chang
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Johnny a grandi dans la vallée de San Gabriel, dans l'est de Los Angeles, dans un logement social. Contrairement au stéréotype asiatique, il n'aimait ni l'anime ni les mathématiques, mais était attiré par les armes et la culture des gangs. Ses parents immigrés, arrivés avec le rêve américain, se sont retrouvés dans la pauvreté. Ils se sont installés dans un quartier défavorisé sans comprendre la violence des gangs, pensant que c'était un endroit bon marché où le gouvernement aidait. Son père, cuisinier de métier, a développé une dépendance à l'alcool, battant sa mère et ses enfants. Johnny se souvient de son père comme ayant une mentalité de victime, blâmant tout le monde et brisant ses amitiés.
L'alcoolisme de son père était une réponse à son sentiment que les choses lui échappaient. Johnny, à l'âge de 8 ans, a commencé à passer plus de temps dans la rue et à se battre. À 10 ans, il a été suspendu de l'école. Dans les années 90 à Los Angeles, la culture des gangs était omniprésente, coïncidant avec l'essor du rap gangster et la prolifération du crack et de la méthamphétamine dans les quartiers. Un événement marquant à 10 ans a solidifié son manque de confiance envers ses parents. Alors qu'il rentrait du marché, quatre enfants l'ont attaqué, lui ont volé son sac à dos et ses chaussures. Quand il est rentré chez lui, son père, incapable de comprendre pourquoi des enfants feraient cela, l'a battu, l'accusant de mentir. Johnny a alors réalisé qu'il ne pouvait plus rien dire à son père. Sa mère, sous la pression de son père, participait aussi aux coups.
Cela a conduit Johnny à passer de plus en plus de temps dehors, nourri par une rage intérieure. Les combats sont devenus une question de survie, non plus un jeu. À 12 ans, il portait un couteau à l'école et volait. Les gangs l'ont remarqué et ont commencé à le recruter, s'intéressant aux enfants qui avaient des problèmes. Sa première rencontre avec un gang a été un test : des jeunes lui ont pointé des armes et lui ont demandé d'où il venait. Il a gelé, puis a nié faire partie d'un gang. Ils l'ont invité à traîner. Il est monté dans leur voiture et a été présenté à un membre plus âgé, 16 ans, qui l'a emmené chez son oncle, un "shot caller" ou "OG". Cet homme, malgré son apparence intimidante, a été très respectueux et lui a donné 100 dollars, lui disant que s'il était avec eux, il ferait partie de la famille. Johnny, à 12 ans, a été séduit par ce respect et ce sentiment d'appartenance.
Rétrospectivement, il voit cela comme une forme de prédation. Cet homme lui a ensuite demandé de faire une "mission", de kidnapper et voler un trafiquant de drogue rival. C'est ainsi que Johnny a été arrêté pour la première fois. À 12 ans, il a été inculpé pour enlèvement et vol, des accusations graves sous la loi RICO, qui visait à démanteler les gangs. Il a été envoyé à la California Youth Authority (YA), une institution pour les jeunes délinquants les plus dangereux, où il a été condamné à quatre ans. Le système le considérait comme un "enfant assassin" en formation, se basant sur les crimes de ses amis déjà incarcérés pour meurtre.
À la YA, il a été confronté à une violence constante. Le premier jour, il a dû se battre contre six à huit personnes. Il a appris que ne pas se battre entraînait le vol ou le viol. Les gardiens, appelés "COs", les poussaient à se battre, pariant sur eux, appelant cela une "école de gladiateurs". Cette expérience l'a rendu encore plus agressif, la violence devenant son langage universel. Il a participé à plus de 40 combats en quatre ans. Il a développé un sentiment de fierté à pouvoir se battre et à être respecté pour cela.
À sa sortie de la YA, à 16 ans, il a été libéré sous condition chez sa mère. Son père était toujours alcoolique et absent. Sa mère était devenue très pieuse, pratiquant le bouddhisme. Après 67 jours de liberté, il a commis un tir sur l'autoroute, étant de nouveau arrêté à 16 ans, presque 17. Il a été accusé de tentative de meurtre et risquait 19 ans de prison à perpétuité. Cette fois, il a été jugé comme un adulte et envoyé dans une prison de sécurité maximale de niveau quatre.
En prison pour adultes, les règles étaient différentes. La violence était basée sur la race, pas sur les gangs. Il a dû désapprendre ses comportements de la YA, où il se battait avec tout le monde. Les deux premières années, il a eu du mal à s'adapter, se battant avec ses codétenus et étant souvent discipliné. Il a compris que la prison était moins violente mais plus létale. Les bagarres étaient rares mais les conséquences graves, souvent des émeutes raciales. Il a appris à naviguer dans la politique complexe de la prison, où l'on devait parfois soutenir ses ennemis pour maintenir la paix entre races.
Dans la hiérarchie de la prison, les criminels sexuels, les délateurs et ceux qui trahissaient leur gang étaient au plus bas de l'échelle et ne pouvaient pas rester en population générale. La faiblesse était punie. Ne pas se défendre, être paresseux, ne pas tenir sa parole, ou devenir chrétien étaient perçus comme des signes de faiblesse. La religion musulmane, en revanche, était respectée pour sa discipline et sa rigidité, contrairement au christianisme perçu comme trop axé sur le pardon.
Johnny a décrit comment la moralité changeait rapidement en prison. Il a raconté une histoire où un détenu respecté a été accusé de vol. Pour le punir, un autre détenu l'a mis au défi de faire 100 burpees, puis l'a poignardé en pleine poitrine, s'assurant que son rythme cardiaque élevé le ferait saigner plus vite. Ces manipulations ont renforcé sa méfiance envers tout le monde. En prison, c'était une question de "tuer ou être tué".
Il a passé 5 ans en prison de niveau quatre, puis 3 ans et demi en niveau trois, pour un total de 12 à 13 ans. Il a décrit une situation dangereuse lors d'une émeute, provoquée par la jalousie d'un détenu à vie envers lui, qui allait bientôt être libéré. On lui a demandé d'initier une agression sur un autre détenu. Il a frappé un homme samoan énorme et ivre, et six d'entre eux l'ont attaqué. Il a failli être inculpé d'une charge violente qui lui aurait valu 25 ans à perpétuité. Refuser un tel acte en prison signifiait être poignardé soi-même.
À sa sortie de prison, l'intégration a été difficile. Il avait désappris beaucoup de choses. Il souffrait d'anxiété sociale et de claustrophobie dans les espaces ouverts, car il était habitué à la surveillance constante. Un jour, au Walmart, il a demandé à un agent de sécurité de l'accompagner aux toilettes, réalisant qu'il était encore conditionné par les règles de la prison. Il a aussi eu du mal à se souvenir d'éteindre la lumière la nuit, car en prison, elle était éteinte automatiquement. Il a réalisé à quel point il était "institutionnalisé".
Avant sa libération, il a rencontré un mentor musulman en prison, un homme éduqué et respecté. Ce mentor lui a dit qu'il avait un cerveau et qu'il devait l'utiliser. Il l'a encouragé à lire et à étudier, et Johnny a fini par se convertir à l'islam, trouvant un sens à sa vie. Cependant, il a commencé à remettre en question certaines choses, et son mentor est devenu défensif, le faisant se sentir trahi. Le point de rupture a été quand son mentor, un ancien détenu à vie qui avait réussi à sortir, est revenu en prison six mois plus tard. Johnny a alors pensé qu'il ne s'en sortirait jamais.
De retour dans le monde extérieur, il a eu du mal à trouver un emploi à cause de son casier judiciaire. Frustré, il est retourné à sa vie de gang, gagnant de grosses sommes d'argent, vivant une vie de gangster avec des femmes et des drogues. Mais il ressentait toujours un vide, une "cavité dans le cœur" que rien ne pouvait combler. Il a même failli faire une overdose.
Puis, son ami et partenaire, un membre de gang plus réfléchi, lui a suggéré d'arrêter cette vie. Lors d'un braquage planifié, son ami est mort dans ses bras, le protégeant d'une fusillade. Peu après, il a appris le suicide d'un autre ami en prison et la mort d'un jeune qu'il considérait comme son double. Il a ressenti la mort rôder autour de lui.
Un jour, la voiture de sa mère est tombée en panne. Elle travaillait comme interprète dans une église à San Bernardino. Il est allé la chercher. Sur le chemin, il lui a dit de ne pas l'inviter à l'église. En arrivant, l'odeur de ses nouilles aux haricots noirs préférées, le plat que son père cuisinait pour s'excuser après l'avoir battu, a éveillé en lui un sentiment de réconfort. Le pasteur Kim l'a invité à manger. Johnny, par respect pour la culture asiatique où l'on partage la nourriture, a accepté.
Le pasteur lui a posé des questions sur le péché. Johnny, qui se considérait comme un ancien musulman devenu athée, a répondu que le péché était de faire le mal. Le pasteur a corrigé sa perception, expliquant que le péché était une question d'identité, comme le fait d'être chinois. Il a dit que cette lutte constante pour faire le bien, en étant imparfait, menait à un sentiment de vide. C'était la première fois que quelqu'un articulait ce qu'il ressentait. Le pasteur lui a dit que ce qu'il ressentait était normal, l'humanisant pour la première fois. Il lui a expliqué qu'il avait besoin d'un sauveur, comme un sauveteur en mer. Pour Johnny, cela a fait un déclic. Toutes les autres religions lui demandaient d'agir, mais celle-ci lui offrait d'être sauvé.
Le pasteur l'a ensuite mis au défi de s'excuser auprès de son père. Johnny a refusé catégoriquement, en colère. Le pasteur lui a fait remarquer que, malgré sa colère justifiée, il était malheureux. Il a utilisé l'analogie de deux pays en guerre pour expliquer que s'excuser, même en tant que victime, pouvait apporter la paix. Johnny a finalement appelé son père. Leur rencontre a été tendue. Johnny s'est excusé d'avoir été un mauvais fils, d'avoir ruiné le rêve américain de son père. Son père, en larmes, a avoué qu'il ne l'avait pas visité en prison parce qu'il se sentait responsable de ce qu'il était devenu. Ils se sont réconciliés, son père lui disant "je t'aime" et "je suis désolé" pour la première fois.
Après cette expérience, son père a arrêté de boire et est devenu chrétien. Johnny a réalisé que le pasteur avait une sagesse profonde. Il a appris que la reddition ne signifiait pas l'inaction, mais la planification audacieuse avec la foi que Dieu guiderait le résultat. Pour distinguer la voix de