
Les stratégies de Gabriel Attal et Edouard Philippe sur les réseaux sociaux cet été
Audio Summary
AI Summary
La vidéo d'Édouard Philippe faisant des frites n'est pas anodine, mais le résultat d'une stratégie de communication estivale ciblée sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et Instagram. Cette approche a permis à Édouard Philippe de rivaliser avec Gabriel Attal, un concurrent de son propre camp. Le journal Le Monde a analysé ce duel en deux manches, éclairé par l'experte en communication politique Arian Amadi.
Les deux hommes, anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron, ont cherché à s'humaniser et à se crédibiliser, mais de manière différente. Pour Édouard Philippe, son passé de Premier ministre a été un atout. Ses vidéos à Mayotte, où il aborde la crise migratoire, le montrent en action, renforçant son image d'homme d'État compétent. Sa vidéo la plus vue de l'été, un extrait de son meeting du 5 juillet, le positionne comme une solution face au Rassemblement National et à La France Insoumise, ciblant ainsi divers électorats et s'inscrivant dans une démarche de "présidentialisation" traditionnelle.
Gabriel Attal, en revanche, a dû contourner son image d'«héritier» d'Emmanuel Macron. Il a mis en avant son expérience de ministre de l'Éducation nationale pour se crédibiliser. Sa vidéo la plus populaire sur TikTok concernait l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, un sujet qui touche les parents et les grands-parents. Sa communication digitale est fortement axée sur ces figures parentales et grand-parentales, ce qui lui permet de contourner son passé de Premier ministre.
Un autre élément clé de la stratégie d'Édouard Philippe a été de s'entourer d'autres personnalités politiques, comme Gérald Darmanin. La présence de Darmanin, perçu comme plus proche des classes populaires et moyennes, a contribué à humaniser Édouard Philippe et à le rendre plus accessible.
Gabriel Attal, présent sur les réseaux sociaux depuis plus longtemps, a une stratégie plus établie. Sa communication "Gen Z" le présente comme un modèle pour les jeunes et un "petit-fils" apprécié. Ses vidéos courtes en extérieur, souvent avec des personnes âgées, visent à capter l'empathie et à montrer un visage ému et touché. Il utilise également un format d'«advocacy» pour défendre des causes, en s'adressant directement à la caméra sur des thématiques telles que le changement climatique.
Édouard Philippe, dont l'entourage affirmait en juin que les réseaux sociaux n'étaient "pas son style", a dû construire sa stratégie d'humanisation pendant l'été. Cela a impliqué de le montrer interagissant avec d'autres personnes et dans des contextes moins conventionnels, brisant son image de contrôle et cherchant l'authenticité, une valeur politique de plus en plus recherchée.
En fin de compte, si les stratégies des deux candidats ont été différentes, c'est parce qu'ils partent de points de départ distincts. Gabriel Attal, avec une "marque" préétablie sur les réseaux, peut se permettre un "art du décalé". Édouard Philippe, lui, a d'abord dû "créer sa marque" avant d'introduire des contenus plus humoristiques. Ces analyses de la communication des candidats sur les réseaux sociaux sont cruciales car elles révèlent des messages subtils et des stratégies