
If you’re ambitious but inconsistent, please watch this
Audio Summary
AI Summary
Cette vidéo aborde la question de savoir pourquoi nous savons ce qu'il faut faire, mais ne le faisons pas. Near Eyal, auteur à succès, explique que le problème ne réside pas dans le manque de connaissances, mais dans l'absence d'un élément crucial : la conviction.
Near Eyal, qui a déjà écrit "Indestructible", un livre très utile pour surmonter la procrastination, a exploré ce sujet dans son dernier ouvrage, "Au-delà de la croyance". Il a mené des recherches pendant plus de cinq ans pour comprendre pourquoi, malgré la connaissance et le désir d'agir, nous ne parvenons pas à passer à l'action. Souvent, nous commençons avec les meilleures intentions, puis nous arrêtons, pensant que c'est un manque de discipline ou de motivation. Cependant, Near soutient qu'il y a une cause plus profonde : nos croyances.
Il donne l'exemple de son propre régime alimentaire, qui a été une montagne russe pendant 30 ans. Chaque régime fonctionnait jusqu'à ce qu'il cesse d'y croire. Dès que le doute s'installait, il abandonnait. Il a réalisé que le succès à long terme, qu'il s'agisse de perdre du poids, d'atteindre la liberté financière ou d'améliorer des relations, ne dépend pas de la "méthode unique", mais de la persévérance. Le facteur le plus important pour atteindre ses objectifs n'est pas l'intelligence ou les ressources, mais la capacité à ne pas abandonner.
Near Eyal a interviewé des personnes très réussies et a constaté que les personnes qui réussissent sont souvent celles qui échouent le plus. Elles essaient encore et encore, trouvent un moyen, tandis que les personnes qui échouent essaient une fois et abandonnent. La persévérance ne garantit pas le succès, mais l'abandon garantit l'échec. L'objectif est donc de s'immuniser contre l'abandon prématuré.
Cependant, se contenter de dire "n'abandonne pas" n'est pas une réponse satisfaisante. La vraie question est de savoir ce qui pousse une personne à persévérer et une autre à abandonner dans des circonstances similaires. C'est là qu'intervient le "triangle de la motivation".
Traditionnellement, la motivation est perçue comme la recherche d'une récompense ou d'un bénéfice. Si nous voulons de l'argent, une meilleure santé ou un partenaire, cela nous motive à adopter certains comportements. Mais si c'était si simple, nous aurions tous des abdominaux et serions multimillionnaires. Le problème n'est pas le manque d'information, mais l'absence d'un élément manquant.
Le triangle de la motivation se compose de trois éléments : le bénéfice (pourquoi vous faites la chose), le comportement (ce que vous faites) et la conviction (la croyance qui maintient le triangle ensemble). Si la conviction s'effondre, la motivation ne peut pas être maintenue. Par exemple, si vous ne croyez pas que votre patron a vos intérêts à cœur, vous ne travaillerez pas dur. De même, si vous ne croyez pas en votre propre capacité à adopter un comportement (comme faire de l'exercice régulièrement ou créer une entreprise), vous abandonnerez à long terme. La conviction est donc essentielle pour maintenir la motivation.
Near Eyal explique comment les croyances influencent notre comportement. Si on dit à quelqu'un qu'il est "mauvais en maths", il peut internaliser cette croyance et, face à un défi, il ne fera pas autant d'efforts qu'une personne qui pense être douée en maths. Cette croyance devient alors une réalité. Des études, comme celle de Yale, ont même montré que des croyances positives sur le vieillissement augmentent l'espérance de vie de sept ans et demi, plus que l'exercice, l'alimentation ou l'arrêt du tabac. Ce n'est pas de la magie, mais vos croyances deviennent votre biologie via votre comportement. Si vous croyez que la croissance est possible à tout âge, vous agirez différemment, prendrez soin de votre corps, et ces comportements augmenteront votre espérance de vie.
Un autre exemple est une étude où des hommes ont cru prendre un stéroïde (il s'agissait d'un placebo). Ils ont gagné plus de masse musculaire et sont devenus plus forts que ceux qui n'avaient pas cru en prendre, car ils ont poussé une répétition de plus à la salle de sport. Leurs croyances ont modifié leur comportement et leur biologie.
L'étude des rats de Kurt Richter dans les années 1950 illustre ce point. Des rats sauvages nageaient pendant environ 15 minutes avant d'abandonner et de mourir. Richter a ensuite retiré les rats de l'eau après 15 minutes, les a laissés respirer, puis les a remis à l'eau. Les rats, ayant vu qu'ils pouvaient être sauvés s'ils persévéraient, ont nagé pendant 60 heures, soit 240 fois plus longtemps. Rien n'avait changé dans leur corps ou leur environnement, seule leur perception de la situation avait changé. Cela suggère que nous abandonnons souvent bien avant d'atteindre nos limites réelles, en raison de nos croyances.
Face à l'objection du burnout, Near Eyal explique qu'il y a une formule pour le burnout : des attentes élevées combinées à un faible contrôle. Le burnout n'est pas causé par un travail difficile, mais par l'environnement dans lequel il est effectué. La solution n'est pas de baisser les attentes, mais d'augmenter le contrôle et le sentiment d'autonomie. Nos croyances façonnent notre perception du contrôle.
Le concept de "locus de contrôle" en psychologie distingue deux types de personnes : celles avec un locus de contrôle externe (les choses m'arrivent, je n'ai pas de contrôle) et celles avec un locus de contrôle interne (je contrôle mes circonstances). Les personnes ayant un locus de contrôle interne réussissent mieux, gagnent plus d'argent, ont plus d'amis, vivent plus longtemps et ont moins de problèmes de santé mentale, même lorsque les circonstances objectives sont contre elles. Il est donc préférable, même si ce n'est pas factuellement correct, de croire que l'on a un locus de contrôle interne.
Near Eyal fait une distinction cruciale entre les faits, la foi et les croyances. Un fait est une vérité objective, indépendante de notre croyance. La foi est une conviction qui ne nécessite pas de preuves. Les croyances, elles, sont des convictions ouvertes à la révision en fonction de nouvelles preuves. Les croyances ne sont pas des vérités, mais des outils. Elles peuvent changer ce que nous voyons, ressentons et faisons. Il n'est pas nécessaire de les prouver comme des faits ; elles peuvent être utilisées comme des outils qui nous servent.
Nous avons le pouvoir de choisir et de modifier nos croyances. Near Eyal propose une méthode pour remettre en question les croyances limitantes, appelée "réduction du stress basée sur l'enquête". Il prend l'exemple d'une conversation avec sa mère au sujet de fleurs d'anniversaire. Sa mère a critiqué les fleurs qu'il lui avait envoyées, ce qui l'a mis en colère. Sa croyance était que sa mère était "trop critique et difficile à satisfaire".
Les quatre questions à se poser sont :
1. Est-ce vrai ?
2. Est-ce absolument vrai ? (100% sûr, sans autre explication possible)
3. Qui suis-je ou comment me sens-je lorsque je m'accroche à cette croyance ?
4. Qui serais-je sans cette croyance ?
Dans son cas, il a réalisé qu'il ne pouvait pas être absolument sûr que sa mère était trop critique. En s'accrochant à cette croyance, il se sentait impatient et agissait comme un adolescent. Sans cette croyance, il se sentirait plus serein.
Ensuite, il propose de faire un "renversement" : se demander si le contraire exact pourrait aussi être vrai.
- "Ma mère n'est pas trop critique et difficile à satisfaire." Elle l'a remercié pour les fleurs et a peut-être simplement donné une information factuelle ou essayé de l'aider.
- "Je suis trop critique et difficile à satisfaire." Il attendait des éloges excessifs pour son geste, et quand il ne les a pas reçus, il a été déçu.
- "Je suis trop critique et difficile à satisfaire envers moi-même." Il a réalisé que s'il faisait quelque chose de bien et que cela ne se passait pas comme prévu, il se sentait inférieur.
Ces quatre croyances alternatives lui ont donné d'autres options. Au lieu d'attendre que sa mère change, il pouvait choisir une croyance "libératrice" qui augmenterait sa motivation et diminuerait sa souffrance. La douleur et la souffrance ne sont pas la même chose ; on peut ressentir la douleur sans en souffrir.
Cette méthode n'est pas une "vérité absolue", mais une façon de collecter un "portfolio de perspectives". Les jugements et les histoires que nous nous racontons sur le comportement des autres ne sont pas des faits, mais des interprétations basées sur notre environnement et notre société. En choisissant des croyances qui augmentent notre autonomie et diminuent notre souffrance, nous pouvons changer notre perception du monde.
Qu'en est-il des situations où les chances sont vraiment contre nous ? Near Eyal insiste sur le fait que les croyances ne sont pas des faits inventés de toutes pièces, mais des convictions révisables basées sur des preuves. Le problème n'est pas que nos objectifs sont trop grands, mais que nous sommes capables de bien plus que nous ne l'imaginons. Notre cerveau, par un mécanisme de protection appelé le "gouverneur central", nous pousse à abandonner bien avant nos limites réelles pour nous protéger de l'épuisement. Le cerveau ne se soucie pas de notre bonheur ou de notre épanouissement, mais de notre survie et de notre reproduction.
Nous interprétons souvent la douleur comme de la souffrance, ce qui pousse notre cerveau à nous faire abandonner. Le succès en affaires, par exemple, ne dépend pas du marché ou des outils, mais de la capacité à voir la souffrance différemment. Il faut apprendre à "savourer la souffrance", à voir les difficultés comme des opportunités d'apprentissage et de croissance. Par exemple, "faire des appels de vente difficiles, c'est apprendre à être un bon vendeur".
Les personnes qui réussissent à long terme échouent plus souvent, mais ne souffrent pas davantage. Elles transforment les défis en opportunités. Near Eyal utilise le mantra "C'est ce que ça fait de s'améliorer" ou "Les choses ne deviennent pas plus faciles, vous devenez plus fort".
La "manifestation" et la "pensée positive" sont souvent inefficaces, car elles se concentrent sur le résultat. La bonne façon de visualiser, comme le font les athlètes, est de visualiser les obstacles et comment les surmonter, ce qui augmente le sentiment d'autonomie et de contrôle.
Near Eyal aborde ensuite la question des "étiquettes" que nous nous donnons, comme "J'ai un TDAH" ou "J'ai le syndrome de l'imposteur". Ces étiquettes, bien que parfois utiles au début pour comprendre un problème, peuvent devenir des limites. Elles nous enferment dans une identité et nous empêchent de voir d'autres perspectives. "Les mots les plus dommageables en anglais sont 'Je suis'", car ce qui suit "Je suis" est ce que notre psyché s'attendra à devenir. Au lieu de dire "J'ai un TDAH", il préfère dire "J'apprends une nouvelle compétence", ce qui est une croyance libératrice. Le syndrome de l'imposteur est également une croyance limitante qui diminue la motivation et augmente la souffrance.
Enfin, Near Eyal répond à l'objection selon laquelle tout cela ne serait que de l'auto-illusion (gaslighting). Il soutient que nous nous auto-illusionnons déjà en choisissant des croyances limitantes qui ont pu nous servir par le passé, mais qui nous desservent aujourd'hui. Ces croyances