
Ex-Goldman CEO: 3 sectors where I'm putting my money right now
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Lloyd Blankfein, ancien PDG et président de Goldman Sachs, partage ses réflexions sur l'investissement, la réussite et la vie, dans une conversation révélatrice. Il commence par aborder la composition de son propre portefeuille, qui est majoritairement investi dans des actifs risqués, à 98% en actions. Il explique que c'est ce qui l'amuse. Bien que conscient que ses choix puissent être controversés, il assume sa position, notamment son optimisme sur la "big tech". Il ne voit pas de problème à être "bullish" tant que le marché le justifie.
La discussion s'oriente ensuite vers ce qui distingue les personnes qui réussissent de celles qui échouent. Blankfein souligne que la différence entre un individu très performant et un autre qui n'y parvient pas n'est pas si grande. Il utilise l'analogie d'une compétition de golf où le vainqueur l'emporte souvent d'un seul coup, avec de nombreux concurrents à égalité juste derrière. Cette mince marge de succès s'applique à de nombreux domaines de la vie, y compris le cinéma, où une légère supériorité peut ouvrir toutes les portes, tandis que la deuxième meilleure option peut devoir attendre. Il évoque la chance et le destin, comme le fait qu'un athlète exceptionnel puisse rater sa carrière olympique s'il n'est pas à son apogée lors des rares Jeux. Il partage son propre exemple : sa nomination comme PDG de Goldman Sachs a dépendu du fait que son prédécesseur ait été nommé secrétaire au Trésor. Il insiste sur le fait que les compétences requises et le travail acharné nécessaires à la réussite ne sont pas hors de portée pour la plupart des gens.
Interrogé sur les similitudes entre les traders qui n'arrivent pas à performer, il réitère que la différence est minime. Il mentionne que dans le domaine de la vente de matières premières, où il a débuté, les meilleurs étaient ceux qui faisaient preuve de résilience, qui savaient rebondir face aux nouvelles informations et s'adapter rapidement, sans s'attacher au passé.
La conversation aborde le rôle de la peur et de l'aversion au risque, notamment lors de la crise financière de 2007-2008. Blankfein raconte une réunion avec 20 partenaires où les idées étaient si prudemment examinées qu'on avait l'impression de se décourager mutuellement. Il explique qu'un bon gestionnaire de risques doit parfois encourager la prise de risque, car c'est le moteur de la croissance et de l'entrepreneuriat. Sans risque, pas de progrès. Il reconnaît que plus on devient prospère, plus on a tendance à prendre moins de risques, par souci de conserver ce que l'on a, plutôt que d'en gagner davantage.
Un épisode marquant de la discussion est le récit de l'investissement de Warren Buffett dans Goldman Sachs pendant la crise financière. Buffett a proposé 5 milliards de dollars, une transaction qui s'est déroulée avec une simplicité désarmante, sans paperasse excessive, juste une poignée de main et un appel téléphonique. Blankfein souligne que l'argent, bien qu'important, n'était pas le principal bénéfice. L'essentiel était la confiance rétablie dans l'institution auprès du public et des marchés, à un moment où d'autres institutions étaient en difficulté. Buffett, quant à lui, voyait une bonne opportunité d'investissement, cherchant à aider ses propres actionnaires. L'anecdote met en lumière la confiance et la simplicité des relations dans le monde des affaires de haut niveau, où la réputation et la parole donnée ont une grande valeur, même sans contrat écrit.
Blankfein parle de son parcours personnel, ayant grandi dans un quartier modeste de Brooklyn, loin des centres de pouvoir. Il souligne que beaucoup de personnes parmi les plus riches ne viennent pas de familles fortunées, mais de milieux plus modestes, et ont réussi à créer de la richesse pour eux-mêmes et pour les autres. Il partage son incapacité, même aujourd'hui, à se sentir "aisé" ou "riche", restant ancré dans la mentalité de son enfance.
Concernant le concept de génie, il estime qu'il y en a très peu dans le monde. Il peut comprendre comment la plupart des gens brillants accomplissent ce qu'ils font, mais il y a des exceptions comme Elon Musk, dont il ne parvient pas à saisir le fonctionnement. Il ajoute que même les personnes les plus puissantes recherchent parfois une forme d'approbation et peuvent être rongées par l'insécurité.
Il revient sur sa propre stratégie d'investissement actuelle : 98% d'actifs risqués, dont environ 95% d'actions, réparties entre des ETF (environ un quart) et des actions individuelles (trois quarts). Il est particulièrement concentré sur la technologie et l'énergie, des secteurs qu'il connaît bien. Il avoue ne pas toujours connaître les dernières tendances de la Silicon Valley, mais il est généralement "bullish" sur la "big tech".
Il est question de son activité de trading quotidienne. Il la compare à écouter de la musique en fond sonore, nécessitant une discipline pour ne pas y prêter une attention excessive tout en étant conscient de ce qui se passe. Il utilise un iPad et un téléphone pour ses opérations, communiquant principalement par appel téléphonique avec des personnes de confiance. Ses sources d'information incluent les journaux, les actualités financières, et il apprécie les "histoires" que racontent les entreprises, les comparant à des "potins".
Un point important est sa vision des plateformes comme Robinhood, qui démocratisent l'accès à l'investissement. Il y voit un aspect positif en rendant l'investissement plus accessible, mais met en garde contre le risque de le transformer en jeu vidéo, masquant le danger de pertes financières importantes, surtout pour ceux qui n'ont pas les moyens de perdre.
Il évoque des occasions manquées, comme son sous-estimation de la valeur de SpaceX ou son scepticisme initial à l'égard des opportunités cellulaires. Il insiste sur le fait qu'il a manqué beaucoup plus d'opportunités qu'il n'en a saisies.
La discussion aborde la sphère personnelle : l'importance d'un partenaire de vie soutenant, qui peut être plus impactant que n'importe quelle réussite professionnelle. Il souligne que le soutien d'une épouse est crucial, notamment lorsqu'il faut gérer des imprévus, des déménagements, ou des responsabilités familiales. Il reconnaît avoir une tendance à l'anxiété, héritée de son père, mais qui lui a été utile dans son rôle de dirigeant dans un environnement risqué, lui permettant d'anticiper les problèmes.
Il revient sur son passé, notamment une période où, malgré son statut naissant de partenaire chez Goldman Sachs, lui et sa femme ont eu du mal à réunir les fonds pour l'achat d'une modeste maison de vacances, démontrant que la richesse "sur papier" ne se traduit pas toujours par une liquidité immédiate. Cette expérience a renforcé chez lui et sa femme une discipline financière rigoureuse, avec des réunions mensuelles pour examiner leurs dépenses.
Il exprime une vision nuancée de la richesse et du don, notamment à travers la phrase "donner de sa main chaude, pas de sa main froide". Il réfléchit à la complexité de donner à ses enfants, ressentant parfois une ambivalence face à leur aisance, tout en reconnaissant qu'il en est la cause.
Il partage une pensée inspirante sur l'héritage : l'objectif est que la vie d'une personne soit jugée par des réalisations dépassant largement sa carrière professionnelle. Pour lui, son long passage chez Goldman Sachs rend cette ambition difficile à atteindre, mais il continue à nourrir sa curiosité intellectuelle dans des domaines variés comme la cosmologie, la physique, la linguistique, l'anthropologie et l'histoire.
Il recommande l'étude de l'histoire, qui permet de comprendre les schémas récurrents et les leçons du passé. Il cite Barbara Tuchman et son œuvre "A Distant Mirror", qui dépeint la 14ème siècle comme une période de crise similaire à la Guerre Froide, et Robert Caro et "The Power Broker", qui illustre la complexité de l'exercice du pouvoir et la dualité entre réalisations et défauts personnels. Il voit dans l'histoire un miroir pour comprendre le présent et une source d'espoir, même dans les moments difficiles.
Il exprime une foi profonde dans la capacité de l'Amérique à surmonter ses défis, citant les périodes de polarisation politique, la Guerre Civile, l'ère McCarthy, et l'internement des Américains d'origine japonaise. Ces épreuves, bien que douloureuses, ont été dépassées, ouvrant la voie à une amélioration. Il critique les phrases "paresseuses" qui minimisent la capacité d'action et la résilience, rappelant que chaque génération a ses défis.
Enfin, il évoque Sacagawea, une figure historique dont la résilience et la capacité à naviguer dans des conditions extrêmes sont une source d'inspiration, remettant en perspective les préoccupations modernes face aux difficultés rencontrées par les générations passées. Il conclut sur une note d'optimisme quant à la capacité de l'Amérique à s'améliorer et à surmonter ses problèmes.