
Compresseurs VST = ARNAQUE ?
AI Summary
La question de savoir si l'achat de nombreux plugins de compression est une arnaque marketing est centrale dans cette vidéo. L'auteur débute en comparant deux compresseurs, le CA2A et le Tube STA d'Arturia, et constate que, bien que très différents, ils parviennent tous deux à compresser la voix de manière satisfaisante. Cela soulève un doute : les différences annoncées par les fabricants sont-elles réelles ou s'agit-il de marketing ? L'auteur suggère que des compresseurs plus basiques, comme ceux par défaut dans un DAW, pourraient suffire, étant donné qu'ils offrent tous les réglages fondamentaux (attaque, release, ratio, threshold). Il met en lumière le nombre impressionnant de plugins de compression disponibles (309 sur Plugin Boutique) et se demande s'il existe réellement autant de sons distincts.
Pour répondre à cette question, l'auteur a développé son propre logiciel d'analyse en Python, car les outils existants comme Plugin Doctor ne sont pas assez performants pour une analyse fine des compresseurs. Ce logiciel permet de visualiser et de comparer précisément le comportement des compresseurs face à différents signaux audio. La première observation majeure concerne les courbes d'attaque et de release. L'analyse montre que même avec des réglages de temps identiques en millisecondes, la forme de la courbe de release, par exemple, varie considérablement entre les compresseurs. Le CA2A présente une courbe qui descend rapidement puis s'adoucit, tandis que le Spectra 610 a une courbe quasi linéaire, et le CompG de Overloud une autre forme encore différente. Ces différences objectives démontrent que 30 ms de release sur un compresseur A ne sonnent pas comme 30 ms sur un compresseur B.
L'analyse révèle également d'autres phénomènes. Premièrement, la compression peut être dépendante de la fréquence du signal. En envoyant des signaux de 1000 Hz et 2000 Hz avec les mêmes réglages, l'auteur observe des variations de niveau de compression sur certains plugins, notamment ceux simulant du matériel analogique. C'est ce qu'on appelle des effets "frequency dependent". Deuxièmement, l'auteur aborde le fonctionnement des cellules T4, présentes dans des compresseurs comme le LA2A, composées d'un panneau électroluminescent et d'une photorésistance. Les imperfections de ces composants engendrent des comportements spécifiques. Par exemple, le "release two stages" (deux paliers de release) observé sur le CA2A est lié à la manière dont la photorésistance se comporte à l'extinction de la lumière. De plus, la cellule T4 réagit différemment aux signaux courts et longs, entraînant une compression "programme dependent". L'exemple du CompG de Fairchild illustre cela : le release est plus rapide sur un signal court (coup de caisse claire) que sur un signal long (note tenue).
Ces découvertes amènent à la conclusion que chaque compresseur, qu'il soit hardware ou un plugin, possède des caractéristiques uniques et mesurables. Les différences audio perçues, bien que parfois subtiles, sont réelles. La perception de ces différences dépend du signal utilisé (les percussions révèlent davantage les nuances que d'autres pistes) et, surtout, de la capacité de l'auditeur à identifier ces subtilités. L'auteur insiste sur l'importance de développer son oreille pour distinguer les qualités de chaque compresseur. En fin de compte, l'abondance de plugins n'est pas une arnaque si l'on sait écouter et utiliser ce que l'on possède déjà.