
Ce cours sur le Bitcoin devrait être obligatoire (avec Hasheur)
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Bitcoin a été déclaré mort plus de 500 fois par diverses publications et personnalités, dont le Washington Post et le prix Nobel Paul Krugman. Pourtant, en 2024, il a doublé de valeur, perdu la moitié, puis repris 47% en trois mois. Une transformation majeure est intervenue : les mains qui le détiennent. Aujourd'hui, des acteurs comme BlackRock, des banques, des entreprises et même des États sont impliqués. La question se pose : Bitcoin est-il devenu moins risqué, ou pire ?
L'arrivée de BlackRock, le plus grand gestionnaire d'actifs au monde, a marqué un tournant. Leur lancement du premier ETF Bitcoin en 2023 a déclenché un engouement sans précédent, propulsant le Bitcoin au-delà des 100 000 dollars. Il est paradoxal de noter que Larry Fink, le PDG de BlackRock, qualifiait Bitcoin d'« indice de blanchiment » en 2017, avant de changer radicalement de position six ans plus tard. Cet ETF est devenu le plus réussi de l'histoire de BlackRock, soulignant le changement de perception et la forte position actuelle de l'institution sur le Bitcoin.
Les profils des détenteurs de Bitcoin ont évolué. Initialement dominé par des puristes, puis par le grand public, le marché est désormais influencé par les institutions. Cette dynamique est inverse à celle des marchés traditionnels où les institutions précèdent généralement le grand public. Il est crucial de comprendre comment ces nouveaux détenteurs réagissent : vendent-ils davantage, achètent-ils plus ? L'effet des ETF, bien que bénéfique au début, a conduit à une correction du marché.
Malgré une chute de 124 000 dollars à environ 57 000 dollars (soit une baisse de 50%), le Bitcoin est en réalité moins volatile qu'auparavant. Cette correction était naturelle après une hausse de près de x3 en deux ans suite au lancement de l'ETF BlackRock. La volatilité du Bitcoin diminue progressivement par rapport à 2021, 2017 et 2013, signe de sa maturation.
La volatilité est une mesure du risque. Une baisse de la volatilité indique une diminution du risque. La comparaison de Bitcoin à l'or numérique est une thèse d'investissement, pas encore une réalité. Bien que Bitcoin partage des caractéristiques avec l'or (rareté, transmissibilité), il est beaucoup plus jeune et sa valorisation est 20 à 25 fois inférieure à celle du marché de l'or. Le risque de perdre de l'argent en achetant du Bitcoin demeure, car il est toujours volatil. Cependant, sur le très long terme, les variations de valeur en pourcentage diminuent. L'afflux d'investisseurs institutionnels, qui prennent des positions à long terme, contribue à cette stabilisation, contrastant avec les particuliers qui ont tendance à jouer au trader.
Historiquement, le Bitcoin a connu des fluctuations extrêmes. En 2011, il a subi une baisse de 93%. À cette époque, les plateformes d'échange étaient rares, le trading se faisait souvent de pair à pair. Des plateformes comme Coinbase et Kraken sont apparues en 2013-2014. Le célèbre exchange Mt. Gox, initialement une plateforme d'échange de cartes Magic, a marqué les débuts des marchés réglementés avant sa faillite.
Les premières explosions du Bitcoin ont été spectaculaires. En 2013, il est passé de quelques centimes à 1 000 dollars. La deuxième vague majeure, en 2017, a vu le Bitcoin atteindre 20 000 dollars, portée par une arrivée massive d'investisseurs particuliers. Cette période a été caractérisée par une euphorie généralisée où même des actifs de moindre qualité connaissaient des hausses fulgurantes. Des personnes ont transformé de petits investissements en sommes importantes, mais beaucoup ont eu du mal à prendre leurs bénéfices.
L'adoption institutionnelle par le biais des ETF est un phénomène clé. Les ETF ont permis à un public plus large, y compris des entreprises et des fonds, d'investir dans le Bitcoin sans les complexités de la gestion directe. Cela a ouvert la porte à un monde financier qui craignait auparavant les crypto-monnaies. Cependant, cela soulève la question de savoir si cela dénature la proposition initiale de Satoshi Nakamoto, qui critiquait le système financier. Pour certains puristes, l'implication des banques et des États compromet l'essence du Bitcoin. Pourtant, un système libre doit être accessible à tous, y compris aux États. Bitcoin reste ouvert aux particuliers et sa promesse de liberté est toujours tenue.
Actuellement, les ETF détiennent environ 7% des 21 millions de Bitcoins. Les particuliers restent majoritaires, mais il est difficile d'estimer la proportion de Bitcoins perdus ou inactifs (environ 10 à 20% sont considérés comme des "Bitcoins zombies" n'ayant pas bougé depuis plus de 8 ans). Cette perte de Bitcoins crée une déflation et une usure de l'offre.
Michael Saylor, PDG de MicroStrategy, est un acteur important de l'adoption institutionnelle. Après avoir survécu à la bulle Internet des années 2000, il est devenu un fervent défenseur du Bitcoin, accumulant des quantités massives via l'émission de dette. Sa stratégie, basée sur l'accumulation et le refus de vendre, a récemment été remise en question par des ventes de Bitcoins pour racheter sa propre dette (STRC). Ces ventes, bien que controversées au vu de ses déclarations passées, ont permis de rassurer les marchés sur la capacité de MicroStrategy à honorer ses engagements, prouvant une certaine maturité de l'entreprise face aux pressions.
Les incidents de sécurité, comme le vol de 116 millions de dollars sur le portefeuille ColdCard, soulignent les risques inhérents à la détention autonome de Bitcoin. Un bug dans la génération des clés privées a rendu certains portefeuilles vulnérables à des attaques par force brute. Cela remet en question la sécurité perçue des portefeuilles physiques pour ceux qui cherchent à éviter les ETF.
Des personnalités comme Warren Buffett et Charlie Munger sont restées sceptiques envers Bitcoin, le qualifiant d'arnaque. Cette position contraste avec celle d'autres acteurs financiers majeurs, comme Jamie Dimon de JPMorgan, qui ont retourné leur veste, lançant leurs propres cryptos et réseaux tout en distribuant des ETF Bitcoin. Le temps a prouvé que l'adoption massive de Bitcoin et son utilité contredisent les critiques de Buffett.
La volatilité du Bitcoin est également influencée par les produits dérivés, tels que le trading avec effet de levier. Les "short squeezes" et les liquidations massives, où les parieurs à la baisse sont contraints d'acheter pour couvrir leurs positions, peuvent amplifier les mouvements de prix. Ces phénomènes créent des pics de volatilité, même si le marché global tend à se stabiliser.
L'impact des événements macroéconomiques sur Bitcoin a évolué. Historiquement, Bitcoin était considéré comme un actif risqué, vendu en période de panique (comme lors du COVID-19 en mars 2020). Cependant, il est aussi une monnaie non inflationniste, indépendante des banques centrales. Récemment, malgré la hausse des taux d'intérêt et l'incertitude macroéconomique, Bitcoin a montré une résilience inattendue, allant à l'encontre des attentes initiales. Cela suggère un changement de perception de la part des investisseurs institutionnels.
Le rôle des États a également évolué. Alors que certains, comme Donald Trump en 2019, étaient sceptiques, d'autres, comme le Salvador, ont massivement investi dans le Bitcoin. Les États-Unis détiennent une importante réserve de Bitcoins saisis, avec l'engagement de ne pas les vendre, marquant une reconnaissance de l'actif.
La décentralisation du réseau Bitcoin, mesurée par le hash rate (puissance de calcul), reste un pilier de sa sécurité. Plus le hash rate est élevé, plus il est difficile de corrompre le réseau. Bien que l'industrie du minage soit dominée par quelques acteurs majeurs (Foundry, USA, Pool), le risque de collusion est faible, car ces entreprises seraient les premières à souffrir d'une perte de confiance dans Bitcoin.
Le risque quantique est une menace potentielle à long terme pour la cryptographie de Bitcoin. Les ordinateurs quantiques pourraient un jour être capables de dériver la clé privée d'une adresse Bitcoin à partir de sa clé publique, remettant en question la sécurité des transactions. Bien que les nouvelles adresses Bitcoin soient conçues pour être plus résistantes, les anciennes adresses, y compris celles de Satoshi Nakamoto, pourraient être vulnérables. La résolution de ce problème nécessiterait un consensus difficile à atteindre au sein de la communauté Bitcoin.
En résumé, le Bitcoin a vu ses détenteurs changer, devenant plus institutionnel et réglementé. Cette institutionnalisation a contribué à une baisse de la volatilité des prix. Les défis technologiques comme le risque quantique et les questions de sécurité demeurent, mais Bitcoin a prouvé sa résilience face aux bouleversements technologiques comme l'IA. Pour les investisseurs, il est conseillé de considérer une petite part raisonnable de son portefeuille en Bitcoin, en comprenant les risques, pour diversifier et se positionner face aux changements structurels profonds à venir dans le monde. La période actuelle, sans l'hyper-engouement passé, est perçue comme un moment intéressant pour s'y intéresser.