
Why This $10B Hedge Fund Made AI Training Mandatory (Best of the Pod)
Audio Summary
AI Summary
Will, le PDG de Walleye, un fonds spéculatif de près de 10 milliards de dollars, partage sa vision sur l'intégration de l'IA dans son entreprise. Il insiste sur le fait que l'utilisation de ChatGPT n'est pas de la triche, mais un outil essentiel pour rester compétitif, comparant cela à refuser d'utiliser Internet en 1995. Will, un ancien ingénieur et docteur en mathématiques, a une formation technique qui lui permet de comprendre l'importance de ces avancées. Il considère comme irresponsable de ne pas exploiter pleinement le potentiel de l'IA pour rendre l'entreprise plus rapide, plus intelligente et plus efficace.
Il s'adresse à trois audiences : les 400 employés de Walleye, pour montrer la détermination de l'entreprise face à l'IA ; les futurs employés, pour leur faire comprendre le sérieux de leur engagement ; et l'écosystème des entreprises technologiques, pour explorer d'éventuelles collaborations.
Sa conviction découle de son parcours d'ingénieur et de sa curiosité personnelle. Il a constaté les gains de productivité immédiats, même pour des tâches d'écriture. Il y a deux ans, un projet interne nommé "Current" a démontré le potentiel de l'IA pour remplacer le travail d'analyse d'un analyste financier, ce qui a été un moment clé. Plus récemment, en écoutant des discussions sur l'IA, il a ressenti une conviction encore plus forte. Il utilise l'analogie de Merlin dans "Merlin l'Enchanteur", qui voit des aperçus du futur sans en connaître les étapes, pour décrire sa vision d'un avenir où les entreprises financières seront massivement intégrées à l'IA.
Face à cette vision, il a décidé de rendre la formation à l'IA obligatoire pour tous les employés, indépendamment de leur département ou de leurs compétences techniques. L'objectif est de démystifier l'IA, de réduire l'anxiété face à l'impact sur l'emploi, et de positionner Walleye comme un leader dans ce domaine. L'entreprise met en place des incitations, des emails hebdomadaires avec des classements d'utilisation, des rencontres informelles pour partager des cas d'usage et des astuces, et encourage la proposition de nouveaux outils. Will se positionne lui-même comme un évangéliste de l'IA au sein de l'entreprise.
Il aborde la question de la "triche" en expliquant que dans le monde professionnel, l'objectif est l'efficacité et les résultats, pas la manière dont on y parvient. Utiliser l'IA, c'est comme embaucher une aide pour se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée, augmentant ainsi son "levier opérationnel". Il compare cela à l'adoption d'Excel ou d'autres outils qui ont transformé des métiers. L'IA ne remplace pas l'humain, mais transforme son rôle, le poussant à développer de nouvelles compétences, notamment celle de gérer des "employés" IA.
Concernant l'anxiété face à l'emploi, il souligne que les compétences doivent évoluer. Un stock-picker qui ne sait pas utiliser Excel est obsolète ; de même, ne pas savoir utiliser les outils IA rendra obsolète à l'avenir. Il insiste sur le fait que les outils IA ne sont pas parfaits, mais que leur trajectoire est positive. Il faut donc les embrasser et apprendre à travailler avec leurs imperfections, plutôt que de les ignorer. Le rôle du leader est de montrer l'exemple, de créer une culture où l'adoption de ces outils est encouragée et non crainte.
Concrètement, les gains de productivité sont déjà visibles. Dans le trading quantitatif, les modèles utilisent l'IA depuis des années. L'avènement des LLM permet de traiter des données non structurées, comme l'analyse de sentiment, à une échelle sans précédent, améliorant directement la génération de profit. Les outils de codage IA sont utilisés par un tiers des employés, et l'outil interne "Current", développé pour les analystes fondamentaux, est considéré comme indispensable par de nombreux professionnels, y compris ceux venant de concurrents. Les équipes de trading long-short sont désormais dépendantes de ces outils pour rester compétitives face à la capacité de traitement en temps réel. L'entreprise a mis en place un processus agile pour intégrer et développer de nouveaux outils, souvent en moins de 24 heures après leur identification.
Pour Will, la communication est un domaine où l'IA a un impact majeur. Il utilise ChatGPT pour transformer des ébauches de pensées, même complexes, en des emails ou mémos rédigés en 15 minutes, là où cela prenait auparavant 4 à 5 heures. Il se concentre sur les concepts et la stratégie, laissant à l'IA le soin de la formulation et de la syntaxe. Il insiste sur le fait que l'IA ne remplace pas la réflexion, mais libère du temps pour penser plus profondément.
Il évoque le concept du "Borg" (inspiré de Star Trek) pour décrire la collecte et le traitement de toutes les données de l'entreprise. L'outil "Current" est un exemple miniaturisé, centralisant les notes d'analystes, les rapports de courtiers, les transcriptions d'earnings, etc., pour aider les gestionnaires de portefeuille. Ce système est devenu indispensable et suscite l'intérêt de nombreuses entreprises externes. L'objectif est d'étendre cette approche à tous les départements, en collectant et traitant toutes les formes de communication interne (emails, Slack, conversations) et en les reliant aux données numériques.
En s'inspirant de l'histoire, Will cite la période entre la Guerre Civile américaine et la Première Guerre Mondiale, une époque de changements technologiques et sociétaux rapides, comme l'essor des chemins de fer et des câbles transocéaniques. Il y voit une analogie avec la révolution de l'IA, où les compétences évoluent à une vitesse sans précédent. Il est optimiste quant à l'avenir, mais réaliste : l'adaptation et l'apprentissage continu sont essentiels pour survivre.
Il compare l'évolution des cowboys à la disparition de certaines compétences face à de nouvelles technologies (barbelés, chemins de fer). L'innovation technologique, comme l'IA, transforme les industries et les rôles. Il compare le développement de l'IA à la création d'un moteur de jet puissant : il ne peut pas voler seul, il doit être intégré à une structure plus large, conçue par l'humain.
En matière d'investissement, il estime que si les modèles quantitatifs s'appuient sur des schémas historiques, la nature humaine reste une constante. Il reconnaît que l'IA peut améliorer les prédictions humaines en traitant d'énormes quantités de données, mais l'intuition humaine reste précieuse pour naviguer dans des situations "floues" et complexes. Il considère les LLM et l'intuition humaine comme des processus fondamentalement similaires dans leur complexité et leur difficulté à être expliqués.
Ses principes directeurs pour la prise de décision incluent la compréhension du pouvoir des incitations chez les êtres humains, la recherche de l'honnêteté intellectuelle, et l'importance de mesurer autant que possible. Il tient un journal quotidien, assisté par l'IA, pour suivre ses pensées, ses interactions familiales, son travail et sa santé physique. Ce journal lui permet de capturer des concepts et des émotions, rendant le suivi de ses propres évolutions plus accessible.
Le mot "responsabilité" est central pour Will. Il estime que ceux qui possèdent des compétences, des ressources ou des réseaux ont la responsabilité de les utiliser au maximum de leur potentiel. Cette responsabilité s'étend à sa famille, à ses employés (en les préparant aux changements à venir), et à ses investisseurs, qu'il s'engage à servir avec la plus grande efficacité et intégrité, dans une structure de fonds où il dispose d'une grande liberté d'action. Il se voit comme un "steward" aidant les autres à accomplir leurs objectifs.