
Why Pokémon Cards Are Exploding Again
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Andy, une figure reconnue dans le monde des NFT, est de retour sur Banklist pour discuter de l'évolution de son intérêt vers les cartes Pokémon, un marché qui, selon lui, partage de nombreuses similitudes avec celui des NFT. Il souligne que, fondamentalement, il s'agit de collectionneurs qui achètent des objets qu'ils aiment, que ces objets soient physiques ou numériques. Ayant grandi avec Pokémon et ayant été un fervent adepte de NBA Top Shot et des CryptoPunks, Andy voit un parallèle clair entre ces univers. Cependant, il note des différences notables, notamment les « points de friction » inhérents à la possession d'objets physiques – achat, vente, échange – par rapport à la fluidité et à la transparence offertes par la technologie NFT.
La question de savoir pourquoi les cartes Pokémon connaissent une popularité accrue à l'heure actuelle est complexe. Andy identifie plusieurs facteurs clés. Premièrement, l'explosion des plateformes de « gotcha » ou « repacks » numériques, où les utilisateurs peuvent ouvrir des paquets de cartes virtuellement. Ces plateformes, dont certaines sont cryptos (Courtyard, Collector Crypt) et d'autres non (Rip's, Arena Club), génèrent des centaines de millions de dollars de volume mensuel. Un aspect crucial de ces plateformes est la possibilité pour les utilisateurs de revendre les cartes qu'ils tirent, souvent à des taux de rachat attractifs. Cela crée une demande constante pour les cartes, car les plateformes doivent reconstituer leur inventaire pour satisfaire les utilisateurs qui choisissent de « racheter » leurs cartes. Andy mentionne que pour des plateformes comme Monster, environ 20 à 30 % du volume est « racheté » par les utilisateurs. Ce mécanisme oblige les plateformes à acheter continuellement de nouvelles cartes, créant ainsi une pression sur l'offre et une demande soutenue, même face à des acteurs disposant de budgets considérables.
Andy élargit ensuite l'analyse au-delà des cartes Pokémon pour inclure les objets de collection en général, citant les cartes sportives comme autre exemple de marché en plein essor. Il évoque des ventes aux enchères de cartes de baseball atteignant des millions de dollars, y compris des cartes de joueurs contemporains comme Shohei Ohtani, et mentionne même une carte unique de ce dernier vendue plus de 5 millions de dollars. Cette situation, même dans un contexte de taux d'intérêt élevés, intrigue l'animateur.
Andy avance l'idée que le public cible des collectionneurs les plus actifs dans ce marché sont des individus dans la trentaine et la quarantaine, qui ont grandi avec ces objets de collection et disposent désormais d'un revenu disponible. Il suggère que cela normalise des dépenses importantes pour des objets qui leur tiennent à cœur, comme une carte Charizard, qu'ils peuvent désormais s'offrir, contrairement à leur jeunesse. Il voit ainsi une transition des objets de collection d'un marché de niche vers une classe d'actifs alternatifs plus reconnue. Bien que cela lui rappelle les cycles d'engouement et les inquiétudes du marché des NFT, il souligne que les marques derrière ces collections physiques, comme Pokémon et One Piece, ont une histoire et une valeur intrinsèque bien plus anciennes et établies que la plupart des projets NFT. Ces marques ont plus de 30 ans d'existence et ont démontré leur capacité à gérer et à nourrir leurs marchés de collection.
Il contraste cette approche avec celle de Yu-Gi-Oh, qui, selon lui, a mal géré la collectibilité de ses cartes en les réimprimant excessivement, dévalorisant ainsi les éditions originales. Pokémon, en revanche, a réussi à maintenir la valeur de ses cartes rares, y compris la fameuse Charizard, tout en réintroduisant des réimpressions avec des variations subtiles ou des hommages, ce qui a souvent eu pour effet d'augmenter la valeur des cartes originales. Pour l'anniversaire des 30 ans de Pokémon, des réimpressions de cartes populaires ont été annoncées, ce qui a paradoxalement fait augmenter la valeur des cartes concernées, une stratégie que Andy qualifie de « pumping » par la marque elle-même.
Il identifie deux forces majeures à l'œuvre : l'émergence des objets de collection comme classe d'actifs, et l'influence des personnalités médiatiques (comme Logan Paul), un phénomène également observé dans le monde des NFT. La popularité de jeux vidéo récents comme Pokémon Scarlet et Violet, considérés comme parmi les meilleurs de la série, renforce la marque et son attrait. Andy admet qu'il pourrait y avoir un « sommet local » pour la demande actuelle, notamment autour des plateformes de « gotcha », mais il pense que cela ne remet pas en cause la valeur fondamentale de Pokémon.
Il évoque ensuite le marché de One Piece, une autre franchise d'anime très ancienne, dont les cartes, lancées plus récemment (vers 2021-2022), ont connu une croissance parabolique, dépassant même la performance de Pokémon. Il compare cette dynamique à celle des cryptomonnaies, où Pokémon serait le Bitcoin et One Piece l'Ethereum en 2020-2021. La longévité et la popularité continue de l'anime One Piece, avec une adaptation en série live-action par Netflix, alimentent l'engouement pour ses cartes.
Concernant la manière de suivre les prix, Andy mentionne pricecharting.com, un site qui agrège des données, principalement d'eBay, mais souligne que le marché reste très fragmenté avec plusieurs maisons d'enchères importantes (Fanatics, Goldin, Alt, eBay) et une grande partie des transactions se faisant hors ligne, ce qui rend le suivi complet difficile.
Un aspect crucial du marché des cartes de collection est le rôle des sociétés de notation comme PSA, Beckett et CGC. Andy explique que ces entreprises ont une emprise considérable sur l'industrie. Elles notent les cartes sur une échelle de 1 à 10, la qualité notée influençant directement la valeur de la carte. Cependant, le processus de notation est devenu un goulet d'étranglement majeur, avec des délais de plusieurs mois et des frais d'inscription élevés, allant jusqu'à 100 dollars par carte pour PSA. Il dénonce un système où les détenteurs de cartes de grande valeur peuvent être pénalisés par des frais de retour prohibitifs s'ils souhaitent récupérer leur carte notée, une situation qu'il qualifie de « racket ». Cette pénurie de cartes notées sur le marché, combinée à une demande accrue, crée une « crise de liquidité » qui peut soutenir les prix, même pour des cartes plus modernes.
Andy revient sur la pertinence des NFT, regrettant que les cartes de collection physiques ne soient pas davantage tokenisées sur la blockchain, car les NFT ont résolu de nombreux problèmes de structure de marché rencontrés dans le monde physique : illiquidité, fragmentation, et absence de standardisation. Il pense que les plateformes de « gotcha » servent de « cheval de Troie » pour introduire progressivement ces objets de collection sur la blockchain, en les tokenisant et en les proposant dans des paquets virtuels. Ces plateformes, comme Collector Crypt ou Courtyard, permettent aux utilisateurs de détenir des versions tokenisées de ces cartes. Bien qu'il y ait encore un risque de garde, cette tendance est prometteuse.
Il décrit ensuite la stratégie de Monster, sa propre plateforme de « gotcha ». L'objectif est d'offrir une expérience utilisateur intéressante, avec une valeur attendue des paquets légèrement supérieure au coût d'achat, et des offres de rachat immédiat attrayantes (jusqu'à 95-96 % de la valeur marchande pour les cartes haut de gamme). Cette stratégie vise à attirer des collectionneurs qui garderont leurs cartes et à compenser les pertes par les reventes d'autres utilisateurs. À long terme, Monster ambitionne d'étendre son offre au-delà des paquets de cartes pour proposer des outils de suivi de portefeuille, des listes de souhaits et d'autres services pour les amateurs de cartes à collectionner, exploitant ainsi un espace où la technologie est encore peu développée.
Concernant la gestion physique des cartes, Andy explique que de nombreuses plateformes s'appuient sur des services de stockage (vaulting) dans des États sans taxe sur les ventes pour éviter les taxes lors de l'achat et de la revente. Pour Monster, cela implique de stocker les cartes auprès de tiers et de les expédier aux utilisateurs lorsqu'ils les réclament. La gestion de ces expéditions, notamment à l'international, représente un défi logistique majeur et une source importante de travail manuel. Il prévoit une consolidation future de ces services de stockage pour simplifier les opérations.
Sur la question de l'implication des enfants dans ce marché, Andy observe la présence de nombreux parents et enfants lors des événements de cartes. Bien que l'approche des enfants soit différente de celle des adultes (plus axée sur le jeu et la collection pour le plaisir plutôt que sur la valeur), il y a une nouvelle génération qui s'intéresse aux cartes Pokémon. Il reconnaît que le risque pour la marque Pokémon serait que cette nouvelle génération ne développe pas le même attachement que celle des 30-40 ans actuels.
Enfin, Andy évoque la puissance de la nostalgie. Pour lui, Pokémon est profondément lié à ses souvenirs d'enfance, de ses premières expériences de jeu à ses achats de cartes dans les magasins de bande dessinée. Cette connexion émotionnelle est difficile à quantifier mais constitue un moteur puissant pour le marché. Il partage une anecdote où un cousin, possesseur d'une collection Pokémon estimée à des centaines de milliers de dollars, refuse de la faire évaluer par peur de connaître la valeur et de la tentation de vendre. Il conclut que cette valeur sentimentale, souvent sous-estimée par ceux qui n'ont pas cette connexion, est un pilier du marché.
Andy partage ses coordonnées : son compte Twitter est @MNSTR (sans voyelles) pour la plateforme Monster, et son compte personnel est @Andy2, où il tweete régulièrement sur les cartes Pokémon et compte approfondir ses réflexions sur l'exploitation de plateformes de « gotcha ». Il précise que, bien que Monster ait eu des cartes tokenisées, elles ne le sont plus actuellement en raison d'une migration de blockchain et d'une absence actuelle de fonctionnalités avancées liées à la tokenisation, bien qu'une future distribution de nouvelles versions tokenisées soit prévue. Il souligne l'importance croissante des paiements en stablecoins pour contourner la fraude et les problèmes de chargebacks dans ces marchés, ainsi que la nécessité de consolidation dans le secteur des plateformes de collection.