
How Ocarina Of Time Builds An Entire WORLD With 5 Notes
Audio Summary
AI Summary
Comment transformer cinq notes en une bande sonore incroyable, remplie de chansons qui sonnent toutes différemment ? Ocarina of Time, l'un des jeux Zelda les plus appréciés, possède l'une des meilleures bandes sonores de l'histoire du jeu vidéo, en grande partie grâce à la capacité de Koji Kondo à créer une diversité musicale à partir d'un ensemble limité de notes.
Les cinq notes fondamentales utilisées pour tous les motifs joués à l'ocarina dans le jeu sont Ré, Fa, La, Si et un Ré à l'octave supérieure. À partir de ces cinq notes, Koji Kondo a composé douze thèmes distincts. La question est de savoir comment une banque de notes aussi restreinte peut donner naissance à des motifs uniques, dont beaucoup sont développés en morceaux complets. Le génie de Kondo réside dans sa maîtrise des modes et de l'harmonie fonctionnelle, c'est-à-dire la capacité d'utiliser une seule note dans une multitude d'accords différents, au-delà des simples accords de Ré mineur ou Fa majeur.
Prenons la chanson de Saria. Les deux phrases principales de ce morceau utilisent plus que les cinq notes de base. C'est là qu'intervient la distinction entre les motifs limités à cinq notes que le joueur apprend et la liberté de composition de Koji Kondo pour les morceaux de la bande sonore. L'ocarina du jeu n'est pas limité à cinq notes ; c'est un instrument entièrement chromatique. La limitation initiale à cinq notes était une contrainte technique liée au contrôleur N64, permettant aux joueurs de jouer les motifs sans modificateurs. Cependant, des boutons modificateurs sont introduits plus tard dans le jeu pour étendre les possibilités de l'ocarina.
Le thème de Saria est particulièrement intéressant. Il commence par un accord de Fa majeur 7 avec un Si naturel, qui, dans la tonalité de Fa, est une 11e dièse. Cela crée un son lydien, très présent dans Ocarina of Time, qui se résout ensuite en Do majeur. La deuxième phrase présente une autre résolution mélodique, suivie d'une section entière de 2-5-1-6. La fin du morceau est brillante, avec un Mi suspendu se transformant en Mi majeur, qui ne se résout pas comme on s'y attendrait (en 5-1), mais retourne à l'accord de Fa majeur 7. Tout cela est construit à partir de seulement trois notes du motif appris dans le jeu.
La capacité de Koji Kondo à visualiser un ensemble de notes et à imaginer comment elles peuvent créer des sons inattendus mais magnifiques est stupéfiante. Cela découle d'une profonde compréhension de la théorie musicale, qui permet d'utiliser les notes individuelles de multiples façons.
La Berceuse de Zelda, un autre morceau magnifique, est construite sur un motif répété de trois notes. Bien que les cinq notes disponibles puissent suggérer un accord de Ré mineur 6, le morceau est en réalité en Do majeur. L'accord est Do majeur, et la note mélodique est la 7ème majeure, ce qui est d'une grande beauté. On retrouve un accord de Ré majeur sur Do, ramenant au son lydien si caractéristique d'Ocarina of Time, créant une gamme de Do lydien.
La mélodie descend ensuite chromatiquement, passant par un Si mineur, puis un Si bémol diminué avec une 7ème majeure en mélodie, créant un accord de Si bémol diminué majeur 7. Cette progression mène à un La mineur 7, s'intégrant dans une sensation générale de Sol majeur, bien que la phrase commence sur l'accord de Do majeur 7. Une autre descente chromatique avec une légère variation mélodique conduit à un accord de Fa majeur 7 inattendu, car Fa dièse est dans la tonalité de Sol majeur, pas Fa.
Un autre exemple de diversité est un morceau basé sur un motif ultra-simple : Ré, une tierce mineure, puis un saut à l'octave Ré. À partir de là, Kondo a créé une pièce incroyablement diverse, où le motif est clairement audible. Le morceau commence en Ré mineur, comme Song of Storms, mais avec une ambiance et un motif complètement différents. Il passe de Ré mineur à Mi bémol majeur, puis à Mi demi-diminué, puis à La 7ème dièse 5, puis à La 7ème.
Une nouvelle section commence avec Ré mineur, Fa majeur sur Do, Sol sur Si, Si bémol. Puis Ré mineur sur La, suivi d'un accord de Sol dominant à un grand accord de La 7ème avec une 5ème dièse, pour revenir non pas à Ré