
128 KG DE DR*GUE CACHÉS PAR DES TRAFIQUANTS DANS SA VOITURE : ELLE FAIT 11 ANS DE PRISON
Audio Summary
AI Summary
Sabrina, à l'âge de 19 ans, se retrouve malgré elle impliquée dans un trafic international de stupéfiants. Venue à Paris pour faire la fête, elle rencontre des personnes qui l'aident suite à un problème de voiture. Elle se retrouve redevable d'une somme d'argent pour les réparations et les frais engagés. Face à des menaces croissantes, elle est contrainte d'accepter de transporter une voiture pour eux. Initialement, on lui fait croire qu'il s'agit de documents immobiliers pour un voyage au Maroc, mais elle finit par comprendre qu'il s'agit de stupéfiants, notamment grâce à une amie. Elle parvient à échapper à ce premier voyage grâce à un stratagème impliquant sa mère.
Quelques mois plus tard, on lui propose un nouveau voyage, cette fois en Algérie. Elle insiste pour que son amie l'accompagne, ce qui est accepté. Elles partent pour l'Algérie avec une voiture immatriculée au nom de Sabrina. À Alger, une personne les guide et leur explique qu'elles seront des "ouvreuses", ouvrant le passage à des transporteurs de drogue, et que leur voiture sera vide. Cependant, lors du contrôle au port, les douaniers découvrent 128 kg de cannabis dissimulés dans un compartiment spécialement aménagé sous le réservoir. Sabrina est arrêtée, ainsi que la deuxième voiture qui transportait également 118 kg de stupéfiants, soit un total de 246 kg.
Elle est alors placée en garde à vue pendant neuf jours, subissant des interrogations intenses. Elle n'a jamais eu d'antécédents judiciaires. Malgré la pression, elle refuse de dénoncer le réseau, par peur et par loyauté envers sa famille. Son amie, en revanche, parle et obtient la même peine qu'elle.
Sabrina est incarcérée en Algérie, enceinte de trois mois. Les conditions de détention sont extrêmement difficiles : cellules surchargées (plus de 50 détenues par cellule), manque d'hygiène, humidité, cafards. Elle est placée dans la cellule des condamnées à mort en raison de sa grossesse, bénéficiant d'un "luxe" relatif qui consiste en des cellules dont la porte reste ouverte.
Elle accouche à l'hôpital, mais en raison de l'afflux, elle est transférée à la grande prison d'Alger. L'accouchement est difficile, sans soutien familial (sa mère étant en Algérie mais empêchée d'être présente) ni accès aux soins comme la péridurale. Les sages-femmes sont méchantes, et elle subit des remarques dégradantes, notamment parce qu'elle n'est pas mariée. L'instant où son bébé lui est posé est le seul moment magique dans cet enfer.
Initialement, Sabrina souhaite que son fils soit confié à sa mère à la sortie de l'hôpital pour qu'il ne grandisse pas en prison. Cependant, le lien maternel est trop fort, et elle décide de le garder avec elle pendant trois ans. Elle se bat pour le préserver de cet environnement, devenant chef de salle après un an, ce qui lui permet d'avoir un peu plus de liberté pour s'occuper de lui. Elle parvient à le protéger des hommes en le faisant rencontrer progressivement un gardien bienveillant.
Elle vit de nombreuses épreuves, notamment une dispute violente avec une gardienne pour la défense de son fils, qui lui vaut une plainte et une mise à pied pour la gardienne. Elle est également témoin de la violence et du désespoir en prison, y compris des suicides. La présence de l'ambassade française lui procure une certaine protection, les agents hésitant à la maltraiter de peur des contrôles.
Au bout de cinq ans sans jugement, elle participe à une grève de la faim de sept jours avec une autre détenue pour réclamer un procès. L'isolement pendant cette période est décrit comme un enfer, où elle est confrontée à ses démons.
Après onze années de détention, elle est finalement condamnée à dix ans de prison ferme. Elle est libérée et retourne en France. Les premières semaines sont difficiles, marquées par la peur, la méfiance et un sentiment de décalage avec la vie normale. Sa famille (mère, sœur, amie) est son principal soutien pour se réadapter. Elle met du temps à retrouver un équilibre, apprenant à revivre normalement.
Elle rencontre son actuel mari peu après sa sortie, qui la soutient activement dans ses démarches administratives et émotionnelles. Elle est aujourd'hui mère de trois enfants, a trouvé un travail, et est fière de sa reconstruction. Elle a écrit un livre pour partager son expérience et aider d'autres personnes dans des situations similaires. Elle n'a plus eu de contact avec les personnes du trafic qui l'ont entraînée dans cette affaire, et regrette seulement d'avoir perdu sa jeunesse en prison. Elle affirme être heureuse aujourd'hui et reconnaissante envers sa famille pour leur soutien indéfectible.