
"Il faut fuir les communes LFI !" : le maire de Saint-Denis va désarmer sa police municipale
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Dans cet entretien sur Sud Radio, Patrick Roger interroge Cédric Michel, président du syndicat de défense des policiers municipaux, au sujet de la décision du nouveau maire de Saint-Denis, issu de La France Insoumise (LFI), de désarmer progressivement sa police municipale. Cette mesure suscite une vive opposition de la part du représentant syndical.
Cédric Michel exprime une réaction très négative, affirmant que cette décision n'est pas une surprise compte tenu des positions habituelles de LFI, qu'il juge hostiles aux forces de l'ordre. Selon lui, désarmer les agents revient à les envoyer « à poil » face à une insécurité croissante et aux risques terroristes. Il rappelle que les policiers municipaux sont souvent les premiers intervenants lors d'événements graves, citant les attentats de Nice et de Strasbourg, ou encore le meurtre d'Aurélie Fou par le gang de Rédoine Faïd. Pour lui, priver ces agents de moyens de défense les met directement en danger de mort dans des zones où les problèmes de sécurité sont majeurs.
L'entretien souligne également une fracture au sein de la gauche française. Alors que certaines municipalités écologistes ou socialistes, comme Lyon ou Bordeaux, ont fait preuve de pragmatisme en renforçant la vidéosurveillance ou l'armement, LFI semble prendre le chemin inverse. Cédric Michel considère que ce positionnement est un retour en arrière de vingt ans, déconnecté de la réalité du terrain et des besoins de protection des citoyens.
Face à cette situation, le syndicaliste conseille fermement aux policiers municipaux de quitter les communes gérées par LFI. Au-delà du danger physique, il évoque un climat de suspicion permanente et le risque de poursuites disciplinaires ou judiciaires injustifiées au moindre contrôle. Il rassure toutefois les agents sur leur avenir professionnel : avec une pénurie de 5 000 policiers municipaux au niveau national, dont 2 000 en Île-de-France, les opportunités de recrutement dans d'autres communes sont nombreuses et immédiates.
Enfin, le débat aborde la question technique des armes, notamment les lanceurs de balles de défense (LBD). Alors que le maire de Saint-Denis les juge dangereux et incontrôlables, Cédric Michel défend leur utilité comme arme intermédiaire. Selon lui, ces outils permettent de répondre à des agressions ou des guet-apens sans avoir recours aux armes à feu classiques, qui équipent déjà 65 % des effectifs nationaux. Il conclut en avertissant que le désarmement forcera les agents à l'impuissance face à la délinquance.