
Science of Attraction, Compatibility & Romance | Dr. Paul Eastwick
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Andrew Huberman reçoit Paul Eastwick, professeur de psychologie à l'Université de Californie, Davis, pour discuter de la science de l'attraction, de la sélection des partenaires et des relations. Leurs recherches remettent en question de nombreuses idées reçues sur la façon dont les gens choisissent leurs partenaires, sortent ensemble, forment des relations et même rompent ou se remettent en couple.
Le Dr Eastwick révèle que, contrairement à la croyance populaire, les hommes et les femmes ont tendance à choisir des partenaires plus jeunes qu'eux, lorsque le choix leur est donné. De même, le statut financier est aussi important pour les hommes recherchant des partenaires féminines que pour les femmes recherchant des partenaires masculins. Les applications de rencontre, quant à elles, ont tendance à privilégier des qualités qui ne sont pas celles qui favorisent des partenariats durables, selon les recherches. Cependant, le Dr Eastwick propose également des solutions aux utilisateurs de ces applications.
La discussion ne se limite pas à la recherche d'un partenaire, mais aborde également ce qui consolide et maintient des relations saines au fil du temps. L'intimité physique est l'un des prédicteurs les plus fiables de la stabilité relationnelle. De plus, il est crucial que les deux partenaires perçoivent que leur conjoint possède des qualités uniques que personne d'autre ne peut égaler. L'importance des activités partagées, que ce soit pour rencontrer un partenaire ou pour maintenir une relation à long terme, est également soulignée.
Le Dr Eastwick aborde la théorie du "marché" en matière de rencontres, souvent associée aux théories évolutionnistes. Il explique que cette perspective, bien que pertinente pour l'attraction initiale, ne décrit pas entièrement les dynamiques relationnelles. Il illustre cela avec une démonstration en classe où des étudiants se voient attribuer des nombres (valeur d'attrait) sur leur front. Ceux avec de faibles nombres paniquent, car personne ne leur parle. Cela reflète la façon dont la "valeur de partenaire" (attrait physique, statut, richesse) influence les premières interactions.
Cependant, à mesure que les gens apprennent à se connaître, cette "valeur de partenaire" consensuelle s'estompe. L'accord sur qui est un "8" ou un "5" diminue, et l'individualité prend le dessus. Une personne jugée "moyenne" par la majorité peut être perçue comme un "10" par quelqu'un qui a passé du temps avec elle. Cette "idiosyncrasie" est un facteur positif qui permet à de nombreux partenaires de se trouver, même s'ils ne sont pas universellement considérés comme les plus désirables.
Huberman souligne que cette focalisation sur l'avis des autres est un aspect moins mature de la nature humaine, comparable aux dynamiques d'un bal de collège. Le Dr Eastwick acquiesce, expliquant que le temps passé ensemble, les conversations approfondies et les expériences uniques vécues avec une personne spécifique peuvent faire diverger l'opinion individuelle de celle du groupe. Ces moments de réciprocité et de soutien, bien que moins "sexy" que l'attraction initiale, sont souvent à l'origine d'une attraction durable.
La conversation se tourne ensuite vers les applications de rencontre, que le Dr Eastwick qualifie de "kleptocratie" où seuls les plus populaires reçoivent des "swipes" positifs. Il contraste cela avec les rencontres réelles, où le désaccord sur l'attrait physique (environ un tiers du temps) favorise une plus grande diversité de choix. L'influence de l'attractivité ne disparaît jamais complètement, mais le temps passé ensemble réduit l'impact des "forces du marché" qui avantagent les personnes considérées comme les plus désirables.
Un exemple anecdotique frappant est donné: un scientifique est tombé amoureux d'une collègue non pas pour son apparence, mais pour sa dextérité à aliquoter des anticorps en laboratoire. Ce détail, apparemment insignifiant, a créé une connexion unique et a mené à un mariage durable. Le Dr Eastwick explique que ces "petites histoires" et moments partagés, où les gens révèlent des aspects uniques d'eux-mêmes, sont le véritable moteur de l'attraction. Les applications, en revanche, transforment les rencontres en "entretiens" où l'on essaie d'impressionner avec des traits superficiels.
Concernant les premières impressions, le Dr Eastwick note que la plupart des relations commencent par une impression "moyenne", ni mauvaise ni exceptionnelle. C'est l'accumulation lente d'informations et de moments positifs – découvrir l'humour, l'intelligence, la capacité d'écoute de l'autre – qui consolide l'attraction. Les gens cherchent à accumuler suffisamment de preuves que, malgré l'avis général, cette personne est "spéciale" pour eux.
La notion de "ick" (un moment de dégoût soudain) est mentionnée comme un exemple de basculement rapide. Bien que peu étudiée, elle montre comment une seule interaction peut changer radicalement la perception. Le Dr Eastwick souligne la difficulté d'étudier la période entre la première rencontre et l'engagement relationnel, car les données sont rares sur ces "petites histoires" qui se construisent au fil du temps.
La "perception est la réalité" est un principe central en psychologie sociale. Les personnes en couple ont tendance à avoir une perception positive biaisée de leur partenaire, même si d'autres le jugent négativement. Le Dr Eastwick ne considère pas cela comme une "erreur", mais comme un mécanisme protecteur. Les impressions et perceptions personnelles sont les principaux moteurs des relations, et la "sagesse du consensus" des autres n'est pas toujours pertinente.
Huberman suggère que les gens devraient faire confiance à leur propre goût en matière de relations, comme ils le feraient pour la nourriture ou la musique, au lieu de se laisser influencer par l'avis des autres. Le Dr Eastwick abonde dans ce sens, ajoutant qu'il faut une personne forte pour ignorer la pression sociale et affirmer que son partenaire est "le bon". L'idéal est d'avoir des amis et de la famille qui soutiennent la relation sans pour autant être "trop" intéressés par le partenaire, évitant ainsi la compétition.
Le Dr Eastwick aborde les dynamiques d'attachement, une théorie évolutionniste qui explique le besoin humain de proximité, d'intimité et de soutien. Les styles d'attachement (anxieux, évitant) peuvent changer au fil du temps et des relations. Une personne ayant un passé traumatique évitant peut devenir plus "sécure" grâce à une relation stable et un lien unique.
La discussion se tourne vers le rôle des amis et de la famille. Le Dr Eastwick suggère que le soutien des proches est important, mais que la "pseudo-thérapie" avec des amis sur les problèmes relationnels peut être risquée. Il préfère l'idée des "amis de couple" ou des "double dates", où les amis observent la relation en temps réel, offrant une validation sans évaluation explicite.
Un point majeur est la différence entre les sexes en matière de soutien social. Les femmes sont généralement meilleures pour cultiver un réseau de soutien étendu, tandis que les hommes dépendent davantage de leur partenaire romantique pour la plupart de leurs besoins en soutien et en intimité. Cela explique pourquoi les hommes sont souvent plus "désireux" que les femmes dans les relations (plus enclins à dire "je t'aime" en premier, à vouloir l'exclusivité, etc.) et plus susceptibles d'être affectés par une rupture.
Contrairement aux stéréotypes, les hommes sont moins sélectifs que les femmes, mais cette différence est atténuée dans les interactions réelles. Une étude a montré que les hommes sont 20 fois plus susceptibles d'accepter une proposition sexuelle d'un étranger que les femmes. Cependant, dans des contextes réels (amis, connaissances), cette différence tombe à deux fois. Le Dr Eastwick interprète cela comme le fait que l'approche d'étrangers est difficile et peu rentable, et que les gens évoluent dans des environnements où l'on connaît son partenaire sur la durée.
Les applications de rencontre, en se concentrant sur les premières impressions, amplifient ces dynamiques. Le Dr Eastwick suggère que pour trouver un partenaire, il est plus efficace de passer du temps avec des amis et de rencontrer des amis d'amis, plutôt que de chercher à "draguer" des inconnus. Les activités de groupe (clubs de sport, cours d'improvisation) offrent des occasions répétées d'interaction, permettant aux gens de se connaître progressivement et de construire des "histoires" communes.
La question de la "similitude" est également abordée. La "similitude perçue" (le sentiment d'avoir beaucoup en commun) est plus importante que la "similitude réelle" (mesurée objectivement). Lorsque les gens aiment quelqu'un, ils ont tendance à trouver des similitudes et à les considérer comme cruciales, même si elles ne le sont pas objectivement. Les applications de rencontre qui tentent de "matcher" les gens sur des traits objectifs sont souvent inefficaces, car la véritable connexion se fait sur des perceptions subjectives.
Huberman soulève le fait qu'Instagram est devenu la plus grande application de rencontre non officielle, car les interactions passent par des messages directs qui mènent à des rencontres dans le monde réel. Cela pose des défis aux relations engagées, car la "dévalorisation des alternatives" (le fait de percevoir les autres partenaires potentiels comme moins désirables une fois en couple) peut être érodée par la constante exposition à de nouvelles options. Le Dr Eastwick confirme que les personnes heureuses en couple ont tendance à minimiser l'attrait des autres, mais que l'escalade d'interactions innocentes peut menacer la relation.
Concernant l'attirance sexuelle et l'infidélité, le Dr Eastwick et Esther Perel s'accordent à dire que le problème n'est pas l'attirance initiale envers quelqu'un d'autre, mais l'escalade et le secret. L'attirance envers d'autres personnes peut même, dans certains cas, "rejaillir" sur le partenaire actuel, ravivant le désir. Cependant, il ne s'agit pas d'une stratégie recommandée, mais d'un mécanisme psychologique.
Enfin, la question de l'âge dans les relations est discutée. Bien que les données montrent que les hommes et les femmes sont attirés par des partenaires plus jeunes, la différence d'âge observée dans les couples établis (les hommes sont généralement plus âgés) ne provient pas de l'attraction initiale. Le Dr Eastwick suggère que cela pourrait être lié à qui se met sur le marché des rencontres ou à des dynamiques ultérieures.
Les étudiants du Dr Eastwick s'interrogent souvent sur la difficulté des rencontres à l'ère des applications. Il insiste sur le fait que les opportunités de socialisation en groupe existent toujours et sont efficaces. Il encourage les jeunes à "se rebeller" contre la tendance à rester chez soi et à s'engager dans des activités sociales.
Le Dr Eastwick conclut en soulignant l'importance de la connexion humaine et du partage d'histoires. Il encourage une vision plus indulgente des relations passées, les considérant comme des expériences qui ont eu de la valeur, plutôt que des échecs. La durée de la relation n'est pas le meilleur indicateur de qualité ; c'est le sentiment d'avoir vécu une histoire partagée et d'avoir grandi ensemble qui compte. L'intimité physique est un élément important de la satisfaction relationnelle, et le désir sexuel n'est pas fataliste : il peut être ravivé.
En fin de compte, hommes et femmes désirent les mêmes choses dans une relation : la connexion, le soutien et l'épanouissement. Le Dr Eastwick est optimiste quant à la capacité des gens à trouver des relations significatives, en dépit des défis de l'époque moderne.