
On passe au détecteur de mensonges... (ft Matthias Baccino)
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Dans cet épisode, Mathias et Mounir se prêtent au jeu du détecteur de mensonges, répondant à des questions de la communauté Finari sur l'argent, les erreurs, la politique, et leur réussite.
La première question posée à Mathias est de savoir si la France est "foutue". Il répond par la négative, mais admet que le pays traverse une période économique très difficile. Il souligne des problèmes comme le faible temps de travail par rapport à d'autres pays, la dépense publique inefficace, l'explosion de la dette et l'effondrement de la productivité industrielle. Cependant, il croit en la capacité de rebond de la France, grâce à ses "fondamentaux" solides : la qualité de sa population, sa capacité créative et entrepreneuriale, l'héritage nucléaire offrant une énergie bon marché, le tourisme, la géographie, et son espace maritime. Il compare la situation actuelle de la France à celle de l'Allemagne au début des années 2000 ou de l'Italie, l'Espagne et la Grèce dans les années 2010, suggérant que la France est le nouveau "homme malade de l'Europe", mais sans être "foutue".
Mounir interroge ensuite Mathias sur le fonctionnement de la méritocratie en France. Mathias pense qu'elle fonctionne toujours, se considérant lui-même comme un exemple. Il reconnaît cependant que l'ascenseur social est "partiellement bloqué" et qu'il est difficile de réussir. Il observe une reproduction sociale importante, notamment dans le secteur bancaire où les gens se ressemblent, fréquentent les mêmes écoles et vivent dans les mêmes quartiers.
La question suivante pour Mathias est de savoir s'il accepterait d'être Premier ministre. Il répond qu'il n'accepterait "probablement pas". D'abord, il est fortement engagé dans le projet Trade Republic, où il est devenu actionnaire via un système de stock-options, ce qui représente un enjeu "colossal" pour son avenir et celui de ses enfants. Ensuite, il estime ne pas être "capable d'être un bon Premier ministre" en raison de la complexité technique et de la bureaucratie française qu'il ne maîtrise pas suffisamment. Il pense qu'un bon Premier ministre doit avoir une confiance énorme avec le Président et une expérience exécutive. Mounir, en revanche, estime qu'il faudrait des personnes sans expérience politique, issues du privé, pour remettre en question le système et apporter des changements radicaux. Mathias concède que c'est le "syndrome de l'imposteur" qui parle et qu'il ne pense pas pouvoir avoir un impact important dans le contexte actuel.
Mounir est interrogé sur l'utilité de l'assurance vie. Il répond "non" à la question de savoir si elle est inutile, précisant qu'elle peut avoir son utilité selon les projets. Il critique cependant la façon dont les banques traditionnelles l'ont souvent présentée comme la seule solution, en raison des frais élevés et des commissions. Il insiste sur l'importance de choisir une assurance vie avec des frais bas, en gestion libre, équipée d'ETF, plutôt que les contrats "pourris" des agences bancaires. Mathias ajoute que la majorité des assurances vie en France sont "scandaleuses" et qu'il faut se battre pour qu'elles deviennent transférables.
Concernant la fiscalité, Mathias est catégorique : "oui", la France taxe trop ses citoyens. Il affirme que la France est le pays avec la pression fiscale la plus importante au monde. Le travail, le capital et les entreprises sont excessivement taxés, souvent avant même la réalisation de chiffre d'affaires, avec des impôts de production très élevés. Il dénonce l'inefficacité de cette dépense publique qui ne favorise pas la croissance, l'emploi ou le pouvoir d'achat. Il espère que le débat public s'élèvera pour sortir de la logique "un problème, un impôt".
Mounir est ensuite questionné sur la présentation de son propre patrimoine. Il a déjà fait cet exercice par le passé, mais ne le referait probablement pas en détail aujourd'hui. Il estime que "vivons heureux, vivons cachés" est une réalité en France et qu'il ne souhaite pas s'exposer sur certains sujets. Il pourrait montrer les "grandes masses" ou des comptes spécifiques comme son PEA ou son compte-titres Trade Republic, mais pas tous les détails. Il évoque également un enjeu de sécurité, mentionnant des amis victimes de braquages et des personnes quittant la France pour cette raison. D'un point de vue pédagogique, il ne pense pas que montrer son patrimoine soit son rôle, car il se concentre sur une pédagogie large de l'économie et de l'argent, sans prétendre être un expert investisseur.
La question des études est abordée, demandant si elles restent un bon investissement. Mathias considère que c'est une question "hyper difficile" car le sujet est en pleine évolution avec l'IA et la digitalisation. Il pense que les études sont un investissement nécessaire pour acquérir des "bases" et des "fondamentaux" (histoire, science, littérature) essentiels pour être un citoyen éclairé et éviter le complotisme. Cependant, il doute de la pertinence de faire des études une seule fois pour un job de 40 ans, car les emplois disparaissent rapidement. Il insiste sur la capacité d'apprendre tout au long de la vie. Il regrette que l'école n'enseigne pas l'éducation financière, relationnelle ou la santé mentale, et déplore l'effondrement des résultats PISA.
La jalousie des Français face à la réussite est ensuite discutée. Mounir répond "non en général, mais oui pour une partie de la population". Il constate que les interactions directes dans la rue sont majoritairement positives, avec des encouragements. La jalousie se manifeste davantage sur les réseaux sociaux, derrière des pseudos. Il admet que la France est "un peu rageuse" par rapport aux États-Unis, où la richesse est davantage valorisée. Il espère que cette jalousie diminue avec la normalisation de la réussite.
Concernant les élections de 2027, Mathias déclare ne pas savoir pour qui il votera. Il n'a pas pris de décision et est "très préoccupé". Il affirme ne pas être socialiste ni partisan de LFI. Il se décrit comme un "gaulliste social", une ligne politique qu'il estime non représentée actuellement. Il a accompagné Xavier Bertrand, qui incarne cette ligne, mais qui n'est pas en position de se présenter au premier tour. Il déplore que les projets présidentiels ne soient pas encore connus et qu'aucun candidat n'ait proposé de réformes concrètes sur les retraites, la baisse des taxes sur le travail ou la simplification de la bureaucratie. Il est "affreusement déçu par la classe politique actuelle" et n'a pas "envie de voter" en l'état.
Mounir est interrogé sur des investissements qu'il ne recommanderait à personne. Il mentionne les produits défiscalisants, qu'il qualifie de "cata" et de "jamais une bonne idée", car souvent chers en frais et motivés uniquement par la réduction d'impôts. Il cite également le crowdfunding immobilier, où il est "tanqué dans plein de projets" en raison de faillites de plateformes, soulignant l'importance de la liquidité des investissements. Il privilégie la bourse pour son portefeuille principal. Mathias partage son expérience négative avec l'immobilier locatif (perte de temps et de santé mentale) et les produits dérivés à effet de levier (perte d'argent), qui demandent trop de temps et d'émotion.
Mathias est ensuite questionné sur son utilisation personnelle de Finari. Il répond "non", ce qui surprend le détecteur de mensonges. Il explique qu'il n'en a pas une "utilité importante" actuellement car son patrimoine est "extrêmement concentré" sur des actions Trade Republic et sa résidence principale. Il a fait un choix "radical" de concentrer ses investissements en rejoignant l'entreprise tôt, mû par une forte confiance dans le projet. Il reconnaît que ce n'est pas un choix recommandable à tout le monde, mais compréhensible pour de nombreux entrepreneurs. Il espère cependant qu'en cas d'introduction en bourse de Trade Republic, il aura un "grand besoin d'utiliser Finari" pour diversifier son patrimoine.
La question "Est-ce que gagner de l'argent est le but de la vie ?" est posée à Mounir. Il répond "non". Pour lui, l'argent était important au début, mais il a réalisé que ce n'était pas suffisant après avoir gagné beaucoup d'argent lors d'une introduction en bourse. Il considère l'argent comme un "outil" qui offre confort et paix, mais pas une finalité. Il souhaite que Finari aide les gens à réussir financièrement pour réaliser leurs rêves. Mathias ajoute que l'entrepreneuriat est un des rares moyens d'avoir un impact positif sur la société, du sens, et de bien gagner sa vie, avec le sentiment de l'avoir mérité. Il s'inquiète du fait que les Français ont de moins en moins d'argent, ce qui est "un chemin pas bon", et espère que les gens retrouveront l'espoir d'améliorer leur vie.
Mathias est interrogé sur la possibilité de connecter son compte Trade Republic à Finari sans bug. Il répond "oui, je pense que oui", mais admet que c'est un "chemin de croix" et la "première cause de frustration" pour les utilisateurs. Il explique que Trade Republic a peu d'employés, ce qui rend les collaborations externes difficiles. Il s'engage à creuser le problème et à le résoudre, car il reçoit cette demande régulièrement.
Mounir est questionné sur la recommandation de Trade Republic à ses parents. Il pense qu'il ne la recommanderait pas directement car ils ont besoin d'un "accompagnement supérieur" et sont d'une génération où l'argent est tabou et la moindre baisse des courbes est perçue comme une crise. Cependant, il recommande Trade Republic à d'autres personnes comme alternative aux banques traditionnelles coûteuses et obsolètes. Mathias confirme que ses parents utilisent Trade Republic car il en est le "homme sandwich".
La question de taxer davantage l'héritage est posée à Mathias. Il répond "non", catégoriquement. Il souligne que l'argent hérité a déjà été taxé deux fois (lorsqu'il a été gagné, puis lorsqu'il a été épargné/investi) et que la France a déjà l'un des taux d'imposition sur l'héritage les plus élevés d'Europe. Il craint que cela ne serve de solution de facilité aux politiques pour éviter les réformes nécessaires.
Mounir est invité à dire s'il est un meilleur investisseur que Mathias. Il répond avec humilité qu'il pense que Mathias est un meilleur investisseur, car il a consacré plus de temps et d'attention à la stratégie d'investissement, notamment avec Finari. Mounir se concentre davantage sur la pédagogie de l'argent et de l'économie, et sur la manière d'encourager les gens à faire le "premier pas" dans l'investissement.
Concernant le système des retraites, Mathias affirme qu'il est "déjà mort" et "condamné". Il ne croit pas qu'il n'y aura plus de retraite en France dans 30 ans, mais qu'une réforme finira par avoir lieu, comme dans tous les pays confrontés au même problème. Mounir y croit aussi, plaisantant sur le fait qu'ils pourraient être les ministres qui mettront en place cette réforme. Ils soulignent l'impact important des réseaux sociaux pour faire bouger les politiques, citant l'exemple de l'interdiction des ETF synthétiques dans le PEA qui n'a pas eu lieu grâce à la mobilisation.
La question de laisser une IA gérer son portefeuille est posée à Mounir. Il répond "non", mais le détecteur de mensonges indique qu'il ment. Il avoue qu'il serait "carrément partant" et qu'il croit que l'IA peut "battre le marché". Il pense que l'IA pourrait démocratiser l'accès à des conseils financiers de qualité