
Ce que j'aurais aimé savoir à 19 ans
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À 19 ans, un étudiant a découvert que le rendement de ses livrets était inférieur à l'inflation, ce qui l'a poussé à investir à partir du 1er janvier. Il a déjà ouvert cinq enveloppes d'investissement et vise 15 000 € d'ici la fin de ses études. Ce parcours est remarquable, et le conseil le plus crucial à lui donner ne concerne pas ses placements actuels, mais sa trajectoire professionnelle.
L'étudiant est en licence de management du sport et projette un master en droit de l'économie du sport. Il perçoit 400 € d'un job étudiant et 800 € d'aide parentale par mois. Il est courant de ne prendre conscience de l'inflation et de l'investissement que tardivement, en raison d'un manque d'éducation financière formelle. Bien qu'il existe un programme d'éducation financière en 4e depuis sept ans, il est limité à deux heures, ce qui est insuffisant.
Une idée pour améliorer cette situation serait d'enseigner aux enfants à investir dès le plus jeune âge, comme en Allemagne avec la "FruchtRente". Ce programme donne 10 € par mois à chaque enfant de 6 ans, investis dans un fonds diversifié et bloqués jusqu'à 65 ans. Les parents peuvent également ajouter des fonds. Cette initiative, qui coûterait environ 1 milliard d'euros par an en France (l'équivalent du budget de fonctionnement du Sénat, de l'Assemblée nationale et de l'Élysée réunis), permettrait aux enfants d'acquérir une expérience pratique de l'investissement, de comprendre l'évolution des marchés et l'impact des crises.
Concernant le patrimoine de l'étudiant, il est principalement constitué de livrets d'épargne. Bien qu'il ait pris conscience de l'inflation, une grande partie de son épargne est encore placée sur des supports sécuritaires à faible rendement, comme le Livret A et un fonds en euros dans son assurance vie. À 19 ans, avec le soutien parental et un job étudiant, il est recommandé de prendre plus de risques. Un modèle mental courant suggère de placer un pourcentage de son patrimoine équivalent à son âge sur des supports sécuritaires (par exemple, 19 % à 19 ans). Cependant, cette approche est remise en question pour une personne si jeune, qui a une longue période d'investissement devant elle et peut se permettre de viser des rendements plus élevés.
Ses objectifs sont de disposer de 15 000 € en septembre 2031 pour avoir six mois de salaire d'avance au début de sa vie active, et de financer un apport pour une voiture et ses études avec ses premiers salaires et jobs d'été. L'objectif de 15 000 € en cinq ans nécessite un rendement annuel de 3,95 %, ce qui est difficilement atteignable avec des livrets ou des fonds en euros. Il est donc nécessaire de s'orienter vers des placements plus risqués.
Sa stratégie d'investissement actuelle inclut un PEA (Plan d'Épargne en Actions) avec 80 % en MSCI World et 20 % en marchés émergents (bien qu'un ETF MSCI World All Countries World Index offre une solution intégrée), démarré avec 50 € par mois et prévu d'augmenter à 150-200 € grâce à son job étudiant. Il alloue également une petite partie de son patrimoine (moins de 5 %) aux cryptomonnaies, ce qui est cohérent avec son profil averse au risque. Son assurance vie est ouverte pour "prendre date" avec un fonds en euros et de l'or, mais le fonds en euros, même avec des taux boostés, reste moins performant que les marchés boursiers à long terme. Il a aussi expérimenté le crowdlending, mais ne prévoit plus d'y ajouter de fonds, cette classe d'actifs ayant montré ses limites et ses risques.
L'étudiant est rattaché au foyer fiscal de ses parents, ce qui l'empêche d'ouvrir un LEP (Livret d'Épargne Populaire), plus avantageux que le Livret A. Le transfert de son Livret A vers un LEP l'année prochaine apporterait un gain modeste (environ 960 € sur une période non précisée), ce qui souligne que l'optimisation des placements sécuritaires ne suffit pas à atteindre ses objectifs.
Son cash-flow montre 400 € de salaire étudiant et 800 € d'aide parentale. Il investit 300 € par mois sur son PEA, cryptos et Livret A. Ses dépenses incluent 200 € pour le logement, 200 € pour les courses (jugé insuffisant pour une alimentation équilibrée), et des budgets pour le sport, les transports, les abonnements et 600 € de vacances annuelles.
Une question se pose sur la pertinence de conserver autant d'épargne sur des supports sécuritaires, surtout avec le soutien parental. Trois mois de dépenses en épargne de précaution pourraient suffire, libérant des fonds pour des placements plus rémunérateurs. Le LEP est préférable au fonds en euros pour l'épargne de précaution, étant plus rentable et net d'impôt.
En ce qui concerne les erreurs courantes chez les jeunes, l'intervenant avoue n'avoir eu aucun patrimoine à 20 ans, l'argent étant un sujet tabou dans sa famille. Il a dû apprendre par lui-même, lisant des journaux économiques et des forums. Son propre parcours a été marqué par un Livret Bleu peu rémunérateur. Il aurait aimé ouvrir un PEA et prendre date sur une assurance vie plus tôt.
Le conseil le plus important est de se concentrer sur sa passion et d'optimiser sa carrière professionnelle plutôt que de se focaliser uniquement sur l'investissement financier, qui, à cet âge, ne rendra pas riche rapidement. Il s'agit de s'interroger sur la pertinence de ses études actuelles, d'identifier les meilleurs experts mondiaux dans son domaine de passion, et de chercher à les côtoyer ou à étudier dans les meilleures institutions. Il cite l'exemple de Steve Jobs contactant David Packard (fondateur de HP) ou d'un ami qui a décroché un stage en se présentant directement au directeur d'une entreprise de trading. Ces anecdotes illustrent l'importance de prendre des risques, de sortir des sentiers battus et de chercher des mentors.
En 2026, la recommandation principale est de se tourner vers l'intelligence artificielle (IA). Devenir un expert en IA, développer des compétences, et travailler avec les personnes les plus intelligentes dans ce domaine est ce qui peut véritablement changer une vie. Les programmes éducatifs actuels sont souvent dépassés par la rapidité des avancées technologiques, notamment avec l'IA.
En conclusion, l'étudiant est sur la bonne voie avec ses investissements de base, mais il doit réorienter son attention vers sa croissance professionnelle. L'investissement financier est un marathon, mais l'accélération de carrière par la passion et la prise de risque est le véritable levier à son âge.