
Explosion obligataire, les marchés en danger ?
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Bonjour à tous et bienvenue pour l'émission du samedi 16 mai 2026, épisode 6 des archives de l'architecte, récapitulatif de l'actualité financière.
Les marchés affichent un optimisme débordant, les indices américains, notamment le NASDAQ et le S&P 500, atteignant de nouveaux records cette semaine. Cette dynamique est largement portée par les méga-capitalisations de l'IA, des semi-conducteurs, du cloud et des infrastructures. Nvidia, en particulier, s'approche des 6000 milliards de dollars de capitalisation, illustrant l'engouement des marchés pour la thématique de l'IA.
La rencontre géopolitique au sommet entre les États-Unis et la Chine, impliquant Trump et Xi Jinping, a été un événement majeur. Les marchés ont interprété cette rencontre comme une volonté d'éviter une nouvelle guerre commerciale, avec des discussions apaisées autour des semi-conducteurs et des terres rares, ainsi qu'un possible assouplissement partiel des flux commerciaux. Ce climat de détente a temporairement soutenu les actifs risqués mondiaux. Cependant, la rivalité technologique entre les deux superpuissances demeure intacte, notamment dans la course à l'IA.
Un sujet préoccupant est la réexplosion des taux obligataires. Les rendements souverains restent extrêmement tendus, avec le 10 ans américain à 4,5 % et les 20-30 ans dépassant les 5 %. Cette tendance n'est pas limitée aux États-Unis, touchant également l'Allemagne, l'Angleterre et la France, sans oublier le Japon où les taux progressent rapidement. Les marchés anticipent une inflation persistante, voire rebondissante, ce qui pourrait placer les banques centrales dans une position délicate. Elles devront gérer une euphorie autour de l'IA d'un côté et une économie réelle qui se grippe de l'autre. Des déficits publics massifs sont attendus, entraînant davantage d'émissions obligataires et une Réserve fédérale potentiellement moins accommodante que prévu, notamment avec la nomination de Kevin Warsh.
Les conséquences de cette pression sur les taux longs sont multiples : les États paieront plus cher leur dette, l'immobilier restera sous pression, les valorisations des actions seront plus fragiles, et le coût du capital augmentera globalement. Le paradoxe actuel est que l'IA tire tout vers le haut malgré la hausse des taux longs. Pour l'immobilier, cela signifie une augmentation des mensualités, une baisse de la capacité d'achat, des prix sous pression et un ralentissement des transactions, affectant les promoteurs. Le taux hypothécaire aux États-Unis dépasse déjà les 6 %, pesant sur les ventes.
Du côté des actions, les valorisations restent sous pression. Les secteurs les plus touchés pourraient être la tech liée à l'IA, le luxe (comme LVMH) et le private equity. En revanche, les secteurs bancaire, énergétique et value, ainsi que les entreprises avec un bon cash-flow, des investissements en Capex solides et un faible endettement, pourraient mieux résister. Le refinancement des entreprises sera plus douloureux en raison de la hausse des taux. Les mouvements sur les devises deviennent plus erratiques, avec un début de réappréciation du dollar, bien que l'administration Trump vise un dollar affaibli.
En somme, la situation actuelle est un resserrement financier généralisé, rendant l'argent plus cher. Les États surendettés, l'immobilier et les entreprises fragilisées sont particulièrement exposés. De nombreuses entreprises maintenues sous perfusion depuis le Covid pourraient révéler leur fragilité. L'inflation, avec des chiffres supérieurs aux attentes, représente un risque majeur pour les prochains mois, portée par l'énergie et les biens de consommation. Les tensions énergétiques liées au pétrole et au détroit d'Ormuz maintiennent le baril autour de 100 dollars, avec des implications qui se compteront en trimestres.
Le départ de Jerome Powell de la présidence de la Fed, tout en restant au conseil, signifie qu'il conservera une influence. Kevin Warsh devra naviguer dans des enjeux politiques et monétaires considérables en 2026. La Fed pourrait être amenée à réaugmenter les taux si l'inflation repart à la hausse, dans un contexte où le marché obligataire est nerveux malgré un ralentissement de la croissance mondiale. La succession à la tête de la Fed est cruciale, Trump cherchant à influencer sa politique.
Sur le front de l'or et du Bitcoin, l'or marque une pause après un rallye important, tandis que le BTC reste solide autour de 80 000 dollars. Les ETF Spot continuent d'attirer des flux institutionnels, ce qui est positif pour le marché crypto. Les actions liées au secteur (Coinbase, minières, MicroStrategy) progressent. L'or physique reste privilégié en période de doutes géopolitiques.
L'économie réelle ralentit, voire se grippe, créant une stagflation potentielle, voire une récession. C'est le paradoxe schizophrénique du marché actuel : l'IA promet un futur radieux avec une productivité folle, tandis que l'économie traditionnelle peine. Les gains de productivité de l'IA pourraient soutenir la croissance, même si elle engendre des suppressions d'emplois. En période transitoire, l'IA caracole en tête, propulsant des sociétés comme Nvidia vers des capitalisations de 6000 milliards, avec la possibilité d'atteindre 10 000 milliards d'ici 2030.
Historiquement, des configurations similaires (années 60-70, bulle .com en 1999-2000, 2022) ont conduit à des baisses significatives des indices. Le risque principal aujourd'hui est que la hausse des taux longs soit due aux déficits, à l'inflation ou à la prime de risque, alors que l'économie ralentit. Dans ce scénario, le crédit est plus cher, l'immobilier sous pression, et les États contraints. Les taux actuels rappellent ceux des années 2000 ou 70-80, rendant les valorisations des actions, notamment américaines, plus fragiles et fictives. Un retournement pourrait surprendre les marchés euphoriques. L'or physique est une option pour bétonner un portefeuille.
Le VIX est à 18,42, en hausse de 7 %, mais sans affolement excessif. En revanche, les taux courts et longs américains sont en hausse, le 5 ans et le 10 ans approchant 4,6 %. Le pétrole clôture la semaine à 110 dollars le baril. Les taux 20 et 30 ans américains sont à 5,14 et 5,12 %.
Côté européen, l'Eurostoxx 600 et 50 ne sont pas brillants, avec un retour probable vers la moyenne mobile 50 semaines. L'or est en recul à 4540 dollars l'once, le silver à 76 dollars l'once.
Le marché crypto totalise 2600 milliards de dollars, avec un retest du "W". Une contraction est en cours entre la moyenne mobile 200 et la 50. Il est crucial de ne pas descendre sous les 2000-2100 milliards. Il ne faut pas considérer le point bas comme acquis, même si une cinquantaine de pourcents a déjà été perdue. Le Bitcoin pourrait revenir autour de 75 000-76 000 dollars sans invalider le double creux. La moyenne mobile 200 est à 61109, la 50 à 94650, anticipant une contraction. Ethereum est sous pression, avec des zones clés à observer autour de 2150 dollars. Les sociétés minières et crypto reculent fortement (Circle -8 %, Sbet -9 %, Hive -10 %, Coinbase sous les 200 dollars). Les oscillateurs sont réinitialisés, et le marché est au contact de la moyenne mobile