
Ethereum’s Staking Yield Could Go to Zero
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Bienvenue, Bankless Nation, au récapitulatif hebdomadaire de Bankless. Cette semaine, nous abordons plusieurs sujets brûlants : la guerre de l'émission d'ETH, une faille dans le Coldcard, la performance des marchés boursiers et l'activité de Michael Saylor.
**Marché boursier et liquidation d'un fonds**
Le S&P 500 et le Dow Jones ont atteint des sommets historiques, malgré la volatilité de la semaine précédente. Le S&P, qui avait baissé de 5 à 6% en juillet (le NASDAQ ayant chuté d'environ 10%), a connu une reprise en V spectaculaire dès la première semaine d'août, atteignant de nouveaux records. Cette remontée est en partie attribuée à la liquidation forcée d'un fonds important, celui de Liupold de Situational Awareness. Ce fonds, qui avait réalisé des gains incroyables, s'est retrouvé liquidé au plus bas du marché, agissant comme un "vendeur forcé" et potentiellement offrant la confiance nécessaire au marché pour se relancer, notamment dans le secteur de l'IA.
Liupold, qui était apparemment sous un levier de 400%, a vu son fonds passer de 20-30 milliards de dollars à environ 8-10 milliards, principalement en actifs privés. Bien qu'il ait subi une perte de 67% en juillet, son fonds reste en hausse de 80% sur l'année. Les observateurs pensent que le marché de l'IA n'est pas encore terminé.
**Michael Saylor et Bitcoin**
Michael Saylor de MicroStrategy a de nouveau vendu du Bitcoin. Par le passé, ses ventes, même modestes (32 BTC), avaient entraîné des chutes de prix significatives. La vente suivante, de plusieurs centaines de BTC, avait eu un impact neutre. Cette semaine, MicroStrategy a annoncé la vente de 1 638 BTC pour 105 millions de dollars, et le prix du Bitcoin a paradoxalement augmenté, passant de 62 000 $ à 635 000 $.
Pour certains, cette réaction positive du marché est un signe bullish : elle indique que Michael Saylor n'est plus un "risque clé" pour le prix du Bitcoin. Le marché ne semble plus se soucier de ses ventes, le considérant comme un acteur qui s'éloigne progressivement du rôle de "déterminant marginal du prix". Le marché anticipe désormais un désengagement "en douceur" de MicroStrategy, plutôt qu'un chaos.
Le Bitcoin se maintient autour de 64 000 $, naviguant sur la moyenne mobile de 200 semaines depuis la mi-juin. Sa corrélation avec le NASDAQ est à noter, suggérant une influence mutuelle. La question de savoir si le Bitcoin a atteint son plus bas est toujours présente. L'analyse visuelle des graphiques suggère que le cycle actuel n'est pas encore terminé, pouvant potentiellement connaître une nouvelle baisse avant une phase de marché baissier en forme de U. Certains pensent également que le marché crypto ne rebondira pas pleinement tant que le "trade AI" ne sera pas terminé, les investisseurs étant encore trop concentrés sur l'IA.
**La guerre de l'émission d'ETH (EIP)**
Une proposition, appelée "tapered issuance burn", a été soumise par des chercheurs d'Ethereum (dont Justin Drake). Elle vise à modifier la politique monétaire d'ETH, notamment les récompenses de staking. Actuellement, il n'y a pas de plafond sur la quantité d'ETH émise pour les stakers, ce qui crée un incitatif perpétuel à staker plus d'ETH. La proposition suggère qu'Ethereum brûle une partie des récompenses de staking avant que les stakers ne les reçoivent, et ce, de manière croissante à mesure que la proportion d'ETH staké augmente. L'objectif est de plafonner l'incitation au staking au-delà de 50% de l'offre totale d'ETH. Si cette proposition était adoptée aujourd'hui, le rendement de staking de base chuterait de moitié, passant d'environ 2,6% à 1,2-2%.
Les **arguments en faveur** de la proposition sont les suivants :
1. **Surpaiement de la sécurité :** Ethereum paierait trop cher pour sa sécurité. Réduire l'émission serait une question d'efficacité économique, s'alignant sur le "contrat social" d'une émission minimale viable.
2. **Monétisation d'ETH et décentralisation :** Un staking illimité éroderait la "monnaie" de l'ETH "vanilla" (non staké) et centraliserait le réseau autour des Liquid Staking Tokens (LST). Si 100% de l'ETH était staké, les LST deviendraient de facto l'Ether dans l'économie Ethereum, faisant disparaître l'ETH "vanilla". Cette proposition rendrait la détention d'ETH "vanilla" plus attrayante.
3. **Changement minimal :** Les partisans affirment que c'est un changement technique simple, quelques variables à ajuster, qui complète l'architecture monétaire post-fusion sans modifier des éléments clés comme le mécanisme de burn de l'EIP-1559.
Les **arguments contre** la proposition sont :
1. **Centralisation accélérée :** La réduction des rendements de staking rendrait le staking plus difficile pour les petits stakers individuels (solo stakers) qui ont des coûts fixes plus élevés, favorisant les grands acteurs industriels comme Lido. Cela irait à l'encontre de l'idéal de décentralisation d'Ethereum.
2. **Impact sur la DeFi :** Le rendement de staking est considéré comme le taux de base de la DeFi. Le réduire à zéro effondrerait une grande partie de l'écosystème DeFi basé sur ces rendements, réduisant la TVL et l'attractivité de l'ETH dans la DeFi.
3. **Crédibilité et processus :** Le délai de consultation de 48 heures est jugé trop court. L'émission d'Ethereum est déjà très faible, l'une des plus faibles du marché, ce qui rend la nécessité de ce changement discutable ("le parfait est l'ennemi du bien"). De plus, les effets de second ordre de ces changements ne sont pas entièrement compris, ce qui est risqué.
4. **Altération du contrat social :** Changer les paramètres de la politique monétaire réinitialise la perception qu'Ethereum est un actif de réserve de valeur stable. Cela pourrait aliéner des investisseurs institutionnels qui ont acheté de l'ETH en se basant sur les rendements actuels, comme Tom Lee (qui aurait acheté 5% de l'ETH).
Il est intéressant de noter que les deux camps affirment défendre les intérêts des solo stakers et la "monnaie" de l'ETH, mais ils divergent sur la méthode. La plupart des constructeurs d'applications DeFi s'opposent à cette proposition, ce qui est un signal fort, car ils ont un intérêt direct dans l'écosystème.
La probabilité que cette proposition soit adoptée est jugée très faible, voire proche de 0%. Le manque de consensus écrasant, en particulier l'opposition des constructeurs DeFi, devrait empêcher son passage. Cela est perçu comme un signe sain de décentralisation en action, où les propositions sont débattues et rejetées si elles ne répondent pas aux attentes de la communauté.
**La faille Coldcard**
Un utilisateur, Jonathan Goodman, a tweeté que 1,6 million de dollars canadiens en Bitcoin avaient été drainés de son portefeuille Coldcard le 29 juillet. Ses BTC étaient en stockage froid, ses clés sur un appareil Coldcard jamais connecté à Internet, et gardées dans un coffre-fort. Pourtant, tout a été volé.
La faille réside dans la **génération de la phrase de récupération (seed phrase)**. Coldcard utilisait un générateur de nombres aléatoires imparfait, ce qui a permis à des hackers (potentiellement assistés par l'IA) de détecter un schéma et de deviner les phrases de récupération par force brute. Alors que la sécurité théorique d'une seed phrase repose sur son caractère aléatoire quasi infini, l'implémentation de Coldcard n'a pas respecté cette exigence. Le portefeuille utilisait une méthode de génération aléatoire plus faible au lieu d'une méthode plus robuste qu'il possédait mais qui n'était pas activée.
Cette vulnérabilité a affecté tous les utilisateurs de Coldcard qui ont généré des clés privées pendant cette période (à partir de 2021). Plusieurs vagues d'attaques ont eu lieu, les hackers ciblant les portefeuilles Coldcard.
Cet incident soulève des questions existentielles sur l'auto-garde (self-custody). Bien que d'autres portefeuilles matériels (Ledger, Trezor) ne soient pas affectés par cette faille spécifique, cet événement montre qu'il est possible de "tout faire correctement" en matière d'auto-garde et d'être quand même vulnérable. Certains craignent que cela pousse les gens à déplacer leurs Bitcoins vers des ETF ou des plateformes d'échange centralisées. L'IA est présentée comme un facteur aggravant, facilitant à la fois les attaques techniques et l'ingénierie sociale. L'auto-garde traverse peut-être l'une de ses périodes les plus sombres, les capacités d'attaque dépassant actuellement les capacités de défense.
**Autres actualités**
* **Uniswap Pools.trade :** Uniswap a lancé son propre "token launchpad" appelé Pools.trade. Il propose deux mécanismes de lancement : un "crowd launch" avec une enchère de 4 heures résistante au "bundling" et une valorisation diluée de 10 000 $, ou un "instant launch" sans règles. Les frais générés par Pools.trade sont utilisés pour racheter et brûler des tokens UNI. Cette initiative, combinée au succès d'Uniswap sur la chaîne Robinhood (où Uniswap domine 99% du volume DEX, notamment grâce aux memecoins), a doublé le taux de rachat et de burn d'UNI, donnant un nouvel élan au token.
* **Loi Clarity :** La probabilité de l'adoption de la loi Clarity a chuté à 15% sur Polymarket. Le projet est bloqué, les démocrates s'opposant toujours pour des raisons éthiques et autres. Son passage cette année est jugé improbable, repoussant la question après les élections. Si elle ne passe pas, cela pourrait être une perte pour les jeunes startups crypto, bien que les grands acteurs comme BlackRock puissent continuer à avancer sur la tokenisation des actifs.
* **Cloudflare Wallets :** Cloudflare lance des portefeuilles crypto, permettant de stocker des stablecoins et de payer des services. Cela s'inscrit dans la vision de Matthew Prince, PDG de Cloudflare, de protéger le contenu généré par les utilisateurs sur Internet des bots IA, en exigeant un paiement pour le scraping. C'est un premier pas vers un modèle où les bots paient les créateurs de contenu.
* **Near AI :** L'écosystème Near introduit le staking de tokens Near pour obtenir des "confidential inference" gratuits via Near AI. Il s'agit d'un "work token" : en stakant Near, on accède à des ressources de calcul distribuées (clusters GPU) pour l'inférence IA, à l'image de ce que fait Venice avec ses crédits API.
* **Polymarket valuation :** Polymarket cherche un investissement avec une valorisation de plus de 20 milliards de dollars. Ce chiffre est jugé réaliste, les marchés de prédiction étant considérés comme l'avenir et une activité lucrative. Robinhood, par exemple, génère deux fois plus de revenus avec ses marchés de prédiction qu'avec ses activités crypto.
* **Circle Arc :** La mainnet de Circle Arc est prévue pour le 16 septembre. L'enthousiasme général semble modéré, perçue comme une infrastructure backend plutôt qu'une innovation visible pour l'utilisateur final