
Caprices, yachts et millions : Le concentré de l'ultra-luxe
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Ce reportage explore le monde du luxe et de l'opulence, des yachts de Monaco aux villas exclusives du Mexique, en passant par le pèlerinage à La Mecque et le marché immobilier de luxe à Paris, ainsi que l'impact environnemental des jets privés sur la Côte d'Azur.
À Monaco, le prince Charles de Bourbon des Deux-Siciles et son épouse Camilla, accompagnés de leurs filles Chiara et Carolina, profitent d'une journée en bateau. Membres du très sélect Yacht Club de Monaco, qui compte 2000 propriétaires de yachts prestigieux, ils ont dû s'acquitter d'un droit d'entrée de 27 000 euros et être cooptés par le prince Albert. Le port de Monaco est un concentré de luxe, capable d'accueillir les plus grands yachts du monde grâce à sa baie naturelle en eau profonde. Amarrer un yacht de 100 mètres coûte 2 500 euros la nuit. Parmi les yachts qui font sensation, un voilier de 143 mètres conçu par Philippe Starck et appartenant à un homme d'affaires russe, acheté 500 millions d'euros, dispose d'un ascenseur menant à la quille transparente pour observer les fonds marins. Le voilier du prince de Bourbon, bien plus modeste à 2 millions d'euros, est doté d'un équipage de trois personnes. Charles, passionné de régate, apprécie de barrer seul son bateau de 24 mètres grâce à un système de navigation sophistiqué. Charles est français, Camilla italienne ; leur rencontre a été orchestrée par le prince Albert il y a 23 ans lors du Bal de la Rose.
Le marché du yachting et des voiliers de luxe est en plein essor, avec 5000 yachts de plus de 24 mètres naviguant dans le monde, soit deux fois plus qu'il y a dix ans. De nouvelles tendances émergent, comme les sous-marins pour ultra-riches. Un sous-marin appelé Nemo, capable de descendre jusqu'à 1000 mètres, est proposé en option (50 000 euros) avec la location d'un yacht de 70 mètres à 330 000 euros la semaine. Ce yacht d'exploration, unique en son genre avec piste d'hélicoptère et chambre de décompression, est géré par les brokers Rob et Natalia Dolling. Le marché des yachts d'exploration a explosé, les clients recherchant des destinations reculées plutôt que de simples bains de soleil. L'équipage, composé de 17 membres, offre un service haut de gamme, avec un chef cuisinier gagnant 6500 euros par mois et une responsable de service à 6000 euros par mois. Le yacht est à vendre pour 29 950 000 euros. Rob et Natalia, installés à Monaco, ont construit leur entreprise de location et de vente de yachts, profitant de la principauté comme hub pour leurs clients internationaux.
Natalia et Rob visitent un yacht de 26 mètres avec leur cliente Olga, une éditrice de mode et de luxe russe, qui loue habituellement des yachts deux fois plus grands. Malgré les efforts de Natalia pour mettre en avant les atouts du bateau, comme un lit convertible et une chambre parentale éloignée du moteur, Olga n'est pas convaincue, recherchant notamment un yacht plus stable et avec plus d'écrans de télévision pour ses enfants. Le prix de cette location est de 52 000 euros la semaine, équipage compris, sans compter l'essence, les boissons et la nourriture.
Le Yacht Club de Monaco organise des formations pour le personnel de bord afin de garantir un service impeccable. Un chef sommelier et un barman sont envoyés sur un yacht de 50 millions d'euros pour une formation sur les accords mets-vins et les cocktails. Le capitaine souhaite préparer son équipe à l'arrivée du propriétaire, amateur de bons vins. Les formateurs insistent sur la discrétion et l'excellence du service, comparable à celui des palaces.
La marque de yachts Riva, célèbre pour ses bateaux en acajou et chrome, a établi sa base commerciale à Monaco. Ces bateaux, popularisés par des stars dans les années 60, sont fabriqués en Italie. Le fondateur Carlo Riva avait obtenu l'autorisation du prince Rainier de creuser un tunnel sous le palais princier pour stocker les bateaux de ses clients. Ce tunnel de 110 mètres maintient une température constante, idéale pour le bois précieux des yachts. Les Riva, dont le moins cher coûte 1,5 million d'euros, bénéficient d'une attention constante.
Le reportage se tourne ensuite vers le pèlerinage à La Mecque. Charef, 64 ans, chef d'entreprise à Aix-en-Provence, accomplit le hajj, un voyage qu'il a économisé trois ans pour s'offrir. Il fait partie des 20 000 Français qui ont obtenu un visa pour ce pèlerinage annuel, qui rassemble entre 2 et 3 millions de fidèles. À l'aéroport de Roissy, Charef et un couple de Lillois, Souad et Abdelilah, se préparent pour le périple. Ils ont fait appel à une agence spécialisée dans le tourisme musulman. Le directeur de l'agence, Choukri, les guide. Après un vol vers Amman, Charef revêt l'ihram, la tenue obligatoire du pèlerinage, symbolisant l'égalité de tous devant Dieu. Les femmes portent le voile, obligatoire dans les lieux saints. Le pèlerinage débute symboliquement à 10 000 mètres d'altitude, avec la prière rituelle de la talbiya et l'interdiction de se parfumer, d'avoir des relations sexuelles ou de se couper les cheveux.
À La Mecque, Charef loge dans une suite d'hôtel avec vue sur la Kaaba, moyennant un supplément de 250 euros, mais partage sa chambre avec trois autres pèlerins. Le coût du séjour de deux semaines pour les clients de Choukri varie entre 7 000 et 10 000 euros. Souad et Abdelilah, eux, ont payé 9 500 euros chacun pour une chambre sans vue. Le pèlerinage se poursuit avec une marche épuisante de six jours vers Arafat, où les pèlerins prient sur le mont Arafa. Ils séjournent dans un immense campement de 160 000 tentes. Choukri gère la logistique, y compris l'approvisionnement en glaçons par 45 degrés et les problèmes de propreté. Le médecin Karim accompagne le groupe pour soigner les pèlerins, comme Charef qui s'est blessé au pied.
Après une longue marche sous 50 degrés, les pèlerins atteignent les stèles de la lapidation, où ils jettent sept pierres pour symboliser le rejet du mal. Les policiers veillent à la sécurité pour éviter les bousculades, comme celle qui a causé la mort de plus de 2200 personnes il y a deux ans. L'Arabie Saoudite a renforcé la sécurité avec 5900 caméras et 100 000 officiers. Le pèlerinage s'achève par l'aumône à La Mecque, où Charef achète des dizaines de repas pour les plus modestes. La Mecque est aussi un centre de tourisme religieux florissant, rapportant près de 6 milliards d'euros à l'Arabie Saoudite en 2015. Souad et Abdelilah visitent les galeries marchandes, où ils achètent des Corans, des tapis de prière et des bijoux. Cinq fois par jour, l'appel à la prière interrompt le commerce, transformant le centre commercial en mosquée.
Le reportage se déplace ensuite à Carayes, au Mexique, un fief de privilégiés face au Pacifique. Luisa Rossi, héritière italienne, y passe ses vacances avec ses filles et amis. Ce domaine ultra-sécurisé de 15 000 hectares, où Bill Clinton et des top models sont des habitués, est réputé pour ses villas incroyables, louées jusqu'à 11 000 euros la nuit. Carayes a été créé en 1968 par Gianfranco Brignone, un promoteur immobilier italien qui a acheté 12 km de côte et y a construit des palais, les vendant à la jet-set bohème. Manuela, sa fille architecte, veille au respect des principes architecturaux : pas plus de deux étages, pas de lignes droites ni de vitres, et des murs intégrés au paysage. Chris Triboul, un industriel américain, a construit sa villa il y a 18 ans, respectant ces principes. Pour acheter ici, il faut être adoubé par un comité et remplir 27 critères, dont parler au moins deux langues et être solvable. Gary Magnus, un milliardaire américain, en est un exemple. Les propriétaires emploient du personnel local, payé 800 dollars par mois, soit le double du salaire moyen au Mexique. Le culte de l'Empereur Brignone est célébré, notamment lors des fêtes. Gianfranco a même fait construire une demi-sphère de ciment de 27 mètres de diamètre, la "Coupe du Soleil", pour ses 80 ans, symbole de mégalomanie. Les enfants participent à un concours d'art utilisant des éléments naturels, et l'association locale protège les tortues de mer, dont les œufs sont ramassés et relâchés en toute sécurité.
À Saint-Tropez, sur la plage de Pampelonne, une jeunesse dorée profite de l'été après le confinement. Le Club 55, institution dirigée par Christophe Coutal, est complet. Saint-Tropez, ancien village de pêcheurs, attire 6 millions de visiteurs par an. Le Covid a impacté la saison, avec la baisse de la clientèle étrangère. Sénéquier, une institution depuis 90 ans, est un lieu d'observation privilégié. Chloé, la nouvelle directrice, connaît les habitudes de ses clients fortunés. Pierre Photo, son père, était le photographe des célébrités du village, dont Brigitte Bardot. L'hôtel de la Ponche, 5 étoiles historique racheté 25 millions d'euros, a rouvert après 5 millions d'euros de travaux. Audrey Brémont, 32 ans, est la nouvelle directrice. L'hôtel, un dédale de chambres, revendique une âme et propose une "dolce vita tropézienne". Simone Duxstein, l'ancienne propriétaire qui a dirigé l'hôtel pendant 50 ans, revient découvrir les rénovations. Chaque chambre porte le nom d'artistes célèbres qui y ont séjourné.
Le marché de l'immobilier de luxe à Saint-Tropez est florissant. Les agences comme Michael Zingraf proposent des villas somptueuses, comme la Villa Chamade, louée 65 000 euros la semaine, ou la Villa Blu, à 200 000 euros la semaine. Malgré la pandémie, les visites se font par FaceTime ou WhatsApp, et les clients privilégient les villas pour respecter les distanciations sociales. Les propriétaires des Parcs de Saint-Tropez, la copropriété la plus exclusive de France, incluent des figures comme Vincent Bolloré, François Pinault et Bernard Arnault, qui investit massivement dans le village.
Arnaud Donkel, chef triplement étoilé du restaurant du Cheval Blanc, s'approvisionne en produits locaux. Il cuisine la langouste du Cap Lardier, préparée avec des techniques délicates. Son plat signature, fruit d'un an de travail, est présenté avec des pommes de terre cultivées avec des coquilles d'huîtres pour un goût iodé. Malgré le retard d'ouverture dû au Covid, le restaurant affiche complet. Arnaud Donkel est anxieux avant chaque service, cherchant la sérénité après le travail. Il rend hommage aux soignants de Saint-Tropez en les invitant à dîner.
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