
These Mistakes Make Live Sound Gigs Harder Than They Need To Be
AI Summary
Bienvenue à cette édition spéciale de "Demandez à un professeur" avec Kyle, Gabe et notre invité spécial, Daniel Fox, de Wondersmith Audio. Daniel, qui a 18 ans d'expérience dans l'enseignement et la production de son live, ainsi que l'installation de systèmes sonores dans des clubs et salles de concert, partagera son expertise sur les erreurs courantes et les meilleures pratiques en sonorisation live.
L'un des points les plus critiques en sonorisation live est la préparation et la compréhension des fondamentaux. Daniel souligne que de nombreux jeunes techniciens se précipitent vers des aspects techniques complexes sans maîtriser les bases. La préparation commence bien avant d'arriver sur le site. Daniel examine des photos, des vues aériennes et effectue des appels préliminaires avec le client pour anticiper les défis. Un exemple typique est l'emplacement de l'alimentation électrique. Découvrir à l'arrivée que la source d'alimentation est à 200 pieds peut entraîner des problèmes de chute de tension, surchauffe des câbles et risque pour l'équipement. Une planification préalable permet d'avoir le bon câblage et d'éviter ces dangers.
Une fois sur place, le déchargement et le positionnement du matériel sont cruciaux. L'erreur numéro un que Daniel observe est le placement incorrect des enceintes principales. Celles-ci sont souvent trop espacées ou trop reculées vers les musiciens. Les enceintes principales doivent impérativement être placées en avant de la scène, devant tous les microphones. Si elles sont trop en arrière, les microphones capteront le son des enceintes, créant de la rétroaction. Il est essentiel de visualiser cela : les enceintes dirigent le son vers le public, et les microphones sont dirigés vers les musiciens sur scène. Si un microphone se retrouve devant une enceinte, il captera directement sa sortie, provoquant un larsen. Ce problème doit être résolu avant le début du spectacle, car déplacer les enceintes principales une fois le show commencé est inacceptable.
Le placement des retours de scène (moniteurs) est une autre considération majeure. Les moniteurs doivent pointer directement vers les oreilles des musiciens pour être efficaces. Une erreur courante est de n'utiliser qu'un seul moniteur pour plusieurs chanteurs, pensant que cela suffira. Cependant, seul un musicien peut être directement en face du moniteur. Les autres ne l'entendront pas correctement, demandant d'augmenter le volume, ce qui mène à la rétroaction et à un volume de scène excessif. Le volume de scène, c'est tout le son provenant de la scène (batterie, amplis guitare, retours), qui peut déborder vers le public dans les petites et moyennes salles. Pour le réduire, les moniteurs doivent être proches des musiciens, leur fournissant juste le nécessaire.
La communication est également un aspect fondamental souvent négligé. Daniel insiste sur l'importance de se présenter aux musiciens, de se montrer amical et à l'écoute. Les ingénieurs du son live ont parfois une mauvaise réputation d'être grincheux. Être aimable, accommodant et un bon communicateur crée une meilleure expérience pour tous et renforce l'idée que l'ingénieur du son et les musiciens sont une équipe. Cette mentalité de service – "De quoi avez-vous besoin ? Comment puis-je vous aider ?" – est essentielle.
Concernant les retours, un piège classique est de mixer les moniteurs depuis la position "front of house" (FOH) sans réellement entendre ce que les musiciens entendent. Grâce aux consoles numériques et aux iPads, il est possible d'aller sur scène et d'ajuster les moniteurs depuis la position du musicien. Daniel se souvient d'une fois où un moniteur était débranché, et il ne l'a découvert qu'en allant sur scène. Pour anticiper, il recommande de monter sur scène avant l'arrivée des musiciens, d'ajuster les micros vocaux avec les moniteurs à un niveau approprié, et de "désarmer" le système (ringing out) pour éliminer les fréquences de larsen.
Le "ringing out" est le processus d'identification et de suppression des fréquences de larsen. Même avec un placement correct des enceintes, le larsen peut survenir, surtout en intérieur. Pour ce faire, on utilise un égaliseur graphique (EQ) sur la sortie. L'ingénieur du son augmente lentement le niveau d'un microphone jusqu'à ce qu'une fréquence commence à résonner. Il identifie cette fréquence à l'oreille (ou avec un analyseur temps réel si disponible) et la réduit sur l'EQ. Ce processus est répété pour d'autres fréquences qui pourraient apparaître. Si l'on doit réduire plus de trois ou quatre fréquences, cela indique un problème fondamental de placement des enceintes. Il est crucial de ne pas trop réduire les fréquences, au risque de dégrader la clarté du son. L'objectif est un équilibre entre le gain et la suppression du larsen.
Il est important de noter que les musiciens ne perçoivent pas le son de la même manière que le public. Il faut leur expliquer poliment que les enceintes FOH sont dirigées vers le public, tout comme les moniteurs sont dirigés vers eux.
En ce qui concerne le volume de scène, il est impératif de le maintenir aussi bas que possible, surtout dans les petites et moyennes salles. Daniel adopte une approche conservatrice pour le réglage des moniteurs, en ne fournissant que le strict nécessaire pour l'intelligibilité. Il utilise souvent des filtres passe-haut pour couper les basses fréquences inutiles dans les moniteurs, car les instruments comme la basse ou les subwoofers fournissent déjà beaucoup de basses sur scène.
Le phénomène de "course à l'armement" où chaque musicien demande plus de son dans son moniteur est souvent le signe d'un problème sous-jacent. Cela peut être lié à la proximité des musiciens, au débordement d'autres moniteurs, ou à un instrument trop fort sur scène. Les amplis de guitare excessivement bruyants ou les batteurs très puissants sont des défis majeurs. Dans ces cas, Daniel peut choisir de couper le micro de l'ampli de guitare si son volume acoustique est déjà suffisant pour le public. Il faut communiquer avec le musicien et expliquer comment baisser le volume de son ampli peut améliorer le mix général pour le public.
Un autre problème courant est le bassiste qui ne s'entend pas bien parce qu'il est trop près de son ampli, où les basses fréquences sont moins audibles. Parfois, il suffit qu'il avance de quelques mètres sur scène pour mieux s'entendre. De même, les amplificateurs de guitare posés au sol dirigent le son vers les jambes du guitariste. Incliner l'ampli pour qu'il pointe vers les oreilles du musicien peut résoudre ce problème et permettre au musicien de baisser son volume, réduisant ainsi le volume de scène global. Daniel mentionne même que certains moniteurs multi-usages ont un angle de positionnement incorrect, pointant vers les genoux au lieu des oreilles, et il utilise des cales (comme des morceaux de 2x4 peints en noir ou des boîtes de DI) pour corriger l'angle.
La gestion des câbles est un aspect crucial pour gagner du temps et faciliter le dépannage. Des câbles bien rangés et étiquetés sont essentiels. Daniel est intransigeant sur la fonctionnalité de son équipement : aucun câble intermittent, aucun microphone défectueux, aucun pied de micro lâche. Tout équipement défectueux est immédiatement mis hors service, réparé ou remplacé.
Enfin, il est important de se rappeler que le son live est un mélange de toutes les sources, y compris le "bleed" (le débordement d'un instrument dans le micro d'un autre). Mixer le son live ne doit pas être fait comme un mixage studio où chaque piste est isolée. Par exemple, augmenter les hautes fréquences d'un micro vocal devant une batterie risque d'amplifier le son des cymbales qui débordent dans ce micro, rendant le son agressif. Il est préférable d'utiliser judicieusement un filtre passe-haut sur les voix pour éliminer les fréquences indésirables en dessous de la plage vocale.
Le mixage live exige une présence constante et une écoute attentive. Le son évolue pendant un spectacle, et l'ingénieur doit s'adapter aux changements (par exemple, un chanteur qui chante plus doucement). Les connaissances du studio ne se traduisent pas toujours directement en live. L'utilisation d'un compresseur sur le bus de mixage, courant en studio, peut en live simplement amplifier le débordement et rendre le mix plus brouillon. Daniel suggère de commencer le mix avec la voix, qui est souvent la source la plus silencieuse et la plus importante, puis de construire le reste du mix autour d'elle, en gardant à l'esprit un "plafond" de volume idéal pour la salle.
En résumé, la réussite en sonorisation live repose sur une préparation méticuleuse, un placement correct du matériel, une communication efficace, une gestion rigoureuse des problèmes de larsen et de volume de scène, une connaissance approfondie de l'acoustique et une capacité à s'adapter en temps réel, le tout avec une attitude calme et professionnelle.