
The Horn That Divided the World Cup
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Voici un résumé de la transcription fournie :
Le narrateur introduit le sujet de la Coupe du Monde de football, mettant en lumière les controverses récurrentes entourant la FIFA, notamment la flambée des prix des billets, les marchés de revente et les accusations de corruption. Il mentionne également des violations des droits de l'homme au Qatar, l'annexion de la Crimée par la Russie pour la Coupe du Monde 2018, et des accusations de corruption contre des officiels de la FIFA en 2015. L'épisode se concentre sur une controverse plus "relativement désuète" de 2010 : le bruit assourdissant des vuvuzelas.
En 2004, la décision d'attribuer l'organisation de la Coupe du Monde 2010 à l'Afrique du Sud est annoncée. Cette attribution est un moment symbolique fort pour le pays, marquant son retour sur la scène internationale après des années d'isolement dues à l'apartheid. Les célébrations en Afrique du Sud sont accompagnées par un son caractéristique qui allait devenir mondialement connu : celui de la vuvuzela.
La vuvuzela, un cornet en plastique moulé par injection d'environ 60 centimètres de long, ne produit qu'une seule note, un si bémol. Bien qu'elle soit devenue un élément régulier des matchs de football sud-africains, le reste du monde n'en avait jamais entendu parler avant 2010. Le son constant de la vuvuzela a été décrit de manière négative, comme un essaim d'insectes en colère ou un troupeau d'éléphants désemparés. Pour les téléspectateurs étrangers, ce bourdonnement ininterrompu a noyé les chants et les encouragements traditionnels des supporters. Les diffuseurs ont rencontré des difficultés, certains optant pour des microphones plus sélectifs ou des filtres audio pour tenter d'éliminer ce bruit.
La controverse autour de la vuvuzela a suscité un débat sur ses origines. Les critiques la considéraient comme un instrument moderne produit en masse, tandis que ses partisans y voyaient un instrument traditionnel, une manifestation sonore de la riche culture footballistique sud-africaine.
L'historien du football sud-africain, Peter Alegi, explique que le football a été introduit en Afrique du Sud par les colonisateurs britanniques au 19ème siècle. Le sport a rapidement été adopté par la population locale, devenant un pilier de la culture noire, accessible et abordable pour la classe ouvrière. Pendant l'apartheid, le football n'était pas favorisé par le régime, contrairement à des sports comme le cricket ou le rugby, plus populaires auprès de la population blanche.
Pour s'organiser, les équipes de football ont formé des clubs de supporters. Ces organisations, souvent petites mais influentes, jouaient un rôle crucial, notamment pour les Sud-Africains noirs qui n'avaient pas de voix politique. Ils organisaient des collectes de fonds, planifiaient les déplacements et élisaient des représentants, offrant ainsi une forme de reconnaissance sociale et de visibilité. Dès les années 1960, ces clubs de supporters se faisaient entendre dans les stades par le bruit qu'ils généraient. Le bruit des supporters, la musique, les chants, et même les insultes envers les adversaires, étaient une source de plaisir et de divertissement.
Dans le contexte de l'apartheid, où les rassemblements politiques étaient interdits, les matchs de football et l'agitation qui les accompagnait offraient une couverture. Les stades devenaient des lieux où les militants pouvaient échanger et organiser des activités, contournant ainsi la surveillance et la censure du régime. C'était un espace de liberté où l'on pouvait exprimer son soutien à l'équipe favorite tout en affichant les couleurs du mouvement anti-apartheid. C'est dans ce contexte qu'un fan charismatique a commencé à utiliser un cornet, dont le son allait bientôt résonner dans le monde entier.
Freddy Maake, se faisant appeler "Saddam" en référence à la guerre du Golfe en raison du bruit de ses pétards lors des matchs, se présente comme le pionnier de la vuvuzela. Super fan de football, il raconte avoir reçu un cor de bicyclette de son frère en 1965. Il a détaché le klaxon et l'a soufflé lors des matchs pour encourager son équipe. Arrivé à Johannesburg en 1965, il a continué à utiliser des klaxons faits maison, dont un grand cor en aluminium qu'il appelait "biggy blast", qui fut finalement interdit car jugé dangereux. En 1989, il aurait collaboré avec un fabricant de plastique pour créer une version en plastique du "biggy blast", qu'il a nommée "vuvuzela", un terme dérivé du zoulou signifiant "bienvenue et unissez". Saddam affirme avoir popularisé le nom en 1992 et a enregistré un album en 1999 intitulé "vuvuzela cellular". Il a tenté de vendre ses cornes en plastique, mais sans grand succès, restant souvent le seul à en utiliser dans les stades.
La situation a commencé à changer lorsque la société Masincedane Sports, basée au Cap, a commencé à produire en masse ses propres cornes en plastique, qu'elle a également appelées vuvuzelas. Dwayne Jethro, chercheur en culture sud-africaine, explique que Neil van Schalkwyk et son partenaire Bevel Bothman ont obtenu un financement en 2001 pour développer leur entreprise, en proposant un cornet moulé par injection, facile à utiliser dans les stades.
Saddam Maake affirme avoir rencontré Neil van Schalkwyk en 2001 pour lui parler de son statut d'inventeur de la vuvuzela et pour négocier un accord commercial. Il prétend que Van Schalkwyk lui a promis cinq rands par vuvuzela vendue, une promesse qui n'a jamais été tenue. Neil van Schalkwyk, contacté sans succès pour une interview, aurait nié avoir rencontré Saddam Maake en 2001. Dans des interviews, il n'a pas revendiqué être l'inventeur, mais a affirmé que son entreprise avait popularisé la vuvuzela. Leur version était moins chère et plus sûre, car moins susceptible d'être utilisée comme arme. Van Schalkwyk a déclaré qu'ils étaient à l'avant-garde du développement de la première version plastique d'un cor en fer-blanc utilisé dans le football sud-africain, comblant ainsi un manque sur le marché.
Initialement, l'entreprise de Van Schalkwyk a également eu du mal à vendre ses vuvuzelas. Cependant, cela a changé lorsqu'ils ont concentré leurs efforts sur le marketing, distribuant des vuvuzelas gratuitement lors des matchs et s'associant à des clubs locaux. L'intérêt pour l'instrument a rapidement grandi, et les ventes ont augmenté, le son de la vuvuzela devenant distinctement audible dans les stades à travers le pays.
La vuvuzela étant un cor générique, Van Schalkwyk n'a pas pu breveter le design. Cependant, le nom "vuvuzela" étant unique, son entreprise a obtenu une marque déposée pour ce nom. Alors que l'Afrique du Sud se préparait à accueillir la Coupe du Monde 2010, l'entreprise était prête à capitaliser sur l'événement. Leurs efforts de marketing visaient à positionner la vuvuzela comme authentique, avec le slogan "Le son original de l'Afrique du Sud". Ils ont reconnu l'opportunité marketing de mettre la vuvuzela entre les mains de personnalités importantes du football et de politiciens cherchant à obtenir du soutien pour la candidature de l'Afrique du Sud. Des vuvuzelas ont été offertes comme cadeaux diplomatiques et remises à des politiciens lors d'événements locaux.
Lorsque la FIFA a annoncé l'attribution de la Coupe du Monde à l'Afrique du Sud, les célébrations ont inclus des vuvuzelas en plastique. Le marketing agressif a fonctionné, et avant la Coupe du Monde, le son du football sud-africain était inextricablement lié à la vuvuzela. L'instrument est même apparu dans des campagnes nationales de marketing, promues par des joueurs de rugby renommés, et a été présenté lors de la Coupe des Confédérations 2009, une sorte de tournoi test pour la Coupe du Monde.
La Coupe des Confédérations a marqué la première exposition d'un public télévisuel mondial à la vuvuzela. Peu après le premier match, le débat international a commencé. De nombreux commentateurs et auditeurs ont trouvé le son "excrutiant", le comparant à un essaim de locustes. Les reportages médiatiques ont rapidement soulevé des inquiétudes quant à l'impact potentiel de la vuvuzela sur la Coupe du Monde.
Sepp Blatter, alors président de la FIFA, a été interrogé sur une éventuelle interdiction de la vuvuzela. À la surprise générale, il a soutenu l'instrument, déclarant qu'il s'agissait de "culture africaine" et qu'il fallait permettre aux Africains de la pratiquer. Le journaliste Mark Gleeson a estimé que ce fut un moment décisif, confirmant que la vuvuzela ferait partie de la Coupe du Monde 2010.
Dès le coup d'envoi de la Coupe du Monde, la vuvuzela était une présence constante et persistante, dans l'atmosphère des stades comme dans les blagues des émissions de fin de soirée. Pendant que les diffuseurs tentaient de réduire le bruit, des solutions artisanales circulaient sur Internet, notamment le routage de l'audio de la télévision via un ordinateur pour supprimer les fréquences spécifiques de la vuvuzela.
Au fur et à mesure du tournoi, les joueurs sur le terrain ont cité la vuvuzela comme cause