
Vaut-il mieux investir 50€/mois à 15 ans ou 500€/mois à 30 ans ?
AI Summary
Cette analyse de patrimoine présente Nolan, un lycéen de 15 ans, qui a déjà un patrimoine de 5 419 € et qui a commencé à investir. Nolan explique que son patrimoine provient de son argent de poche hebdomadaire de 10 € et d'une allocation mensuelle de 50 € dédiée à l'investissement, qu'il a négociée avec ses parents. Cette négociation a été rendue possible après qu'il a démontré sa crédibilité en s'informant sur l'investissement via des vidéos, des livres et des podcasts. Il a également des fonds issus de livrets d'épargne (argent reçu pour les anniversaires et Noël) auxquels il a récemment eu accès.
Nolan a découvert qu'il n'y a pas d'âge minimum pour ouvrir un compte-titres, ce qui l'a incité à en ouvrir un et à commencer à y investir via un plan d'investissement programmé (DCA). Les 50 € mensuels sont considérés comme un investissement de ses parents pour son futur, potentiellement pour ses études ou un appartement. Les 10 € d'argent de poche sont conditionnés par ses résultats scolaires, exigeant une moyenne de 15 en mathématiques et en français.
Au lycée, Nolan a constaté que ses amis ne sont pas intéressés par l'investissement, le considérant comme ayant été influencé par un "gourou sur YouTube". Malgré cela, il est satisfait de son choix et pense qu'il se remerciera à l'avenir d'avoir commencé si tôt. Sa stratégie d'investissement est du "Lazy Investing", ne vérifiant pas son portefeuille quotidiennement.
Ses objectifs financiers sont ambitieux : atteindre entre 3 et 5 millions d'euros à 45 ans pour une indépendance financière, afin de ne plus avoir de soucis d'argent et de pouvoir se faire plaisir sans contrainte. Il reconnaît que 3 à 5 millions d'euros dans 30 ans auront moins de valeur en raison de l'inflation, mais il a des objectifs clairs.
Sa stratégie d'investissement repose sur une discipline élevée, une augmentation progressive de sa capacité d'épargne et une gestion simple basée sur des ETF mondiaux à faibles frais. Il investit 70 € par mois (récemment augmenté à 90 €) via DCA sur un ETF FTSE All-World pour une exposition mondiale diversifiée, avec une exposition limitée au Bitcoin (réduite à 10 % de son allocation) dans une logique d'apprentissage et de diversification marginale. Il s'est intéressé au Bitcoin après la bourse, lisant le livre d'Éric Larchevêque, et trouve le projet intellectuellement stimulant malgré la volatilité de l'actif.
Nolan prévoit d'ouvrir un PEA à 18 ans (le fameux PEA jeune) avec une allocation cible de 90 % MSCI World et 10 % Emerging Markets, ce qui correspond à un MSCI All Countries. Il n'est pas intéressé par le "stock picking", préférant acheter le marché et privilégier la diversification, une approche qu'il a apprise de Finari et confirmée par ses lectures.
Concernant l'immobilier, il s'interroge sur la meilleure approche pour l'achat d'une résidence principale : sécuriser un apport ou investir et se désinvestir plus tard. L'expert lui conseille, compte tenu de son âge et de son horizon de temps (achat potentiel vers 30 ans), de ne pas sécuriser un apport si tôt. Il suggère de continuer à investir et de ne commencer à sécuriser l'apport que 3 ans avant l'achat, en utilisant des fonds monétaires sur un PEA par exemple.
L'expert exprime une opinion très négative sur les dispositifs d'immobilier défiscalisant comme le Pinel ou le Girardin. Il explique que ces dispositifs incitent à acheter de l'immobilier neuf à un prix surévalué en raison des normes et des loyers plafonnés. De plus, la concentration de ventes dans le même immeuble à la fin de la période de défiscalisation entraîne une baisse des prix. Il cite un rapport montrant que la réduction fiscale ne compense pas toujours un rendement net global négatif. Pour l'expert, les intérêts ne sont pas alignés, car les conseillers perçoivent des commissions importantes dès le départ, quelle que soit la performance de l'investissement pour l'acheteur. Il recommande plutôt l'investissement dans l'immobilier ancien, en transformant les biens (division d'appartements, achat d'immeubles) pour créer de la valeur, bien que cela demande beaucoup de travail.
Nolan s'interroge également sur l'optimisation de son allocation entre PEA, CTO et assurance vie pour l'accumulation et la consommation de capital. Son patrimoine actuel inclut des livrets jeunes avec un taux de 2,4 %. Il souhaite investir l'argent de ces livrets car une telle quantité de cash ne sert pas à grand-chose, tout en se demandant combien garder en matelas de sécurité ou pour profiter des baisses de marché.
L'expert suggère à Nolan d'investir l'argent de ses livrets de manière modérée, en augmentant son DCA de 100 € par mois, ce qui lui permettrait d'étaler l'investissement sur 16 à 18 mois, voire jusqu'à sa majorité (3 ans). Il déconseille le "lump sum" (investissement en une seule fois) pour éviter le risque de se décourager en cas de forte baisse, même si statistiquement, c'est souvent plus performant. Il souligne que la capacité à gérer les crises est souvent surestimée et que l'étalement dans le temps permet d'apprendre progressivement.
L'allocation cible de Nolan pour son PEA (90 % MSCI World, 10 % Emerging Markets) est jugée excellente et cohérente avec un indice global comme le MSCI All Countries. Concernant son assurance vie actuelle avec des frais de gestion active de presque 2 %, il est conseillé de la vider pour investir sur son compte-titres, qui a des frais très bas (0,22 % pour un ETF Vanguard All-World).
Pour les actifs alternatifs, comme le private equity ou l'immobilier indirect (SCPI), l'expert estime que Nolan devrait attendre d'avoir un patrimoine financier de plus de 100 000 € avant d'y réfléchir. Il met en garde contre les fonds de private equity accessibles avec de faibles tickets d'entrée (1 000 €), qui sont souvent de mauvaise qualité, très risqués et avec des frais élevés. Il mentionne la SCPI en nue-propriété comme une option potentiellement intéressante pour découvrir l'immobilier sans toucher immédiatement les loyers et leurs fiscalités, mais cela reste un investissement qui demande réflexion.
Concernant l'optimisation fiscale, l'expert recommande la séquence suivante : d'abord le PEA jusqu'à son plafond (150 000 €, ou 20 000 € pour le PEA jeune), puis l'assurance vie en gestion libre avec prise de date (sans forcément y verser de l'argent tant que le PEA n'est pas plein). Pour le CTO, il propose une stratégie avancée : demander à son père d'investir sur son propre CTO et de lui faire une donation ultérieurement. Cela permettrait de purger les plus-values et de transmettre un patrimoine sans fiscalité sur les plus-values, un "hack" fiscal très efficace mais peu connu. Sans cette option, le CTO est moins intéressant en raison des frottements fiscaux (taxes sur les ventes et les dividendes).
Un simulateur montre qu'avec un investissement de 1 000 € par an, Nolan atteindrait environ 20 000 € de patrimoine à 25 ans, le plafond du PEA jeune. Pour atteindre les 3 millions d'euros à 45 ans, il faudrait une épargne annuelle de 88 000 €, ce qui est jugé irréaliste. Avec une épargne annuelle de 30 000 €, il atteindrait 1 million d'euros à 45 ans, ce qui le placerait déjà dans le top 10 % des patrimoines français. L'expert estime que les 3 millions à 45 ans sont difficiles à atteindre uniquement avec la bourse, mais que l'immobilier locatif pourrait décupler son patrimoine en s'endettant.
En conclusion, Nolan reçoit une note de 94/100. Les points perdus sont liés aux frais élevés de son assurance vie en gestion active et à l'absence d'Ethereum (point qui lui est finalement rendu). Le conseil qu'il donnerait à un autre lycéen est de se renseigner, d'en parler à ses parents en montrant un réel intérêt pour obtenir un soutien financier et commencer à investir tôt.