
Europe Got Too Expensive… So Parents Are Being Sent to Thailand
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Ce reportage s'intéresse à une maison de retraite unique en Thaïlande, fondée par Hans, un Suisse, pour accueillir des résidents germanophones. L'idée a germé il y a plus de 20 ans, lorsque la mère de Hans, en visite en Thaïlande, s'est plu au point de vouloir y rester. Elle désirait rester dans un environnement où l'on parlait sa langue et où elle se sentait chez elle. C'est ainsi qu'est née l'initiative de créer un lieu qui réponde à ces besoins.
La maison de retraite n'est pas une prison, mais un lieu de vie où les résidents peuvent s'épanouir. Hans souligne que les pensions en Europe diminuent, poussant de nombreuses personnes à chercher une meilleure qualité de vie en Thaïlande. Il pense que c'est une retraite idéale pour beaucoup. Il est important de noter que pour recréer une telle structure en Suisse, les coûts seraient astronomiques.
Hans explique que la création de cette résidence était initialement pour sa mère, mais qu'elle a évolué pour accueillir d'autres personnes. Il raconte une anecdote concernant une résidente âgée de plus de 100 ans qui n'avait jamais vu de décès auparavant, soulignant la différence entre la vie en Europe et celle en Thaïlande.
La clientèle est majoritairement germanophone, venant de Suisse et d'Allemagne. Bien que certains aient déjà visité la Thaïlande, d'autres y viennent pour la première fois. Le point fort de la communauté est la possibilité de communiquer dans sa langue maternelle, ce qui améliore considérablement le bien-être des résidents. Hans a délibérément choisi de ne prendre que des germanophones pour favoriser les échanges et éviter l'isolement linguistique.
Les raisons pour lesquelles certains résidents choisissent de partir sont rares. Le climat n'est jamais un problème. Les difficultés rencontrées sont principalement liées au transport, car il n'y a pas de taxis facilement accessibles et la conduite est parfois risquée pour les personnes âgées. Parfois, des désaccords interpersonnels peuvent survenir, poussant certains à vouloir partir.
Ce que les résidents apprécient le plus, c'est la libération des tâches quotidiennes : ne plus avoir à cuisiner, laver ou nettoyer. Ils bénéficient d'un service complet qui leur permet de se détendre et de profiter de leur vie. Hans donne l'exemple d'Anita, 84 ans, en excellente santé, qui exprime son bonheur de ne plus avoir à s'occuper des tâches ménagères, de pouvoir se promener, regarder la télévision et simplement profiter de repas préparés sans avoir à se soucier des coûts ou de la préparation.
Les repas sont organisés de manière conviviale : cuisine thaïlandaise le midi et cuisine suisse le soir. Des barbecues sont organisés, et des sorties dans d'autres restaurants sont possibles, surtout pendant la saison sèche. Les activités sont adaptées aux capacités des résidents, et des excursions sont organisées en fonction de leur mobilité.
La résidence dispose d'une piscine d'eau salée, très appréciée par les résidents, surtout en fin d'après-midi pour se rafraîchir et manger une glace, ce qui leur donne l'impression d'être en vacances.
La proximité d'un hôpital, situé à seulement 3 kilomètres, est un atout majeur. L'épouse de Hans, qui a travaillé de nombreuses années dans un hôpital en Suisse et est sur le point d'obtenir son doctorat, apporte une expertise médicale précieuse. Initialement, son épouse n'était pas enthousiaste à l'idée de venir en Thaïlande, mais elle s'y est finalement adaptée et s'y plaît désormais.
Après 20 ans, Hans reste passionné par son travail, aimant prendre soin des personnes âgées et les voir heureuses. Son activité génère également un revenu qui constitue sa retraite. Bien qu'il apprécie ses résidents, il maintient une certaine distance professionnelle pour ne pas être submergé émotionnellement, surtout en cas de décès. Il considère cela comme une entreprise et ne s'implique pas trop personnellement dans les histoires individuelles pour préserver son équilibre.
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Concernant le personnel, Hans n'a aucune difficulté à en trouver. Il paie bien ses employés, ce qui fidélise le personnel, certains travaillant pour lui depuis 12 à 14 ans. Sa femme est également impliquée dans la formation du personnel.
Les résidents paient un forfait mensuel de 44 000 bahts, incluant le logement, la nourriture, les massages thaïlandais, la salle de sport et la piscine. L'électricité et les boissons ne sont pas comprises. Pour les soins à domicile 24h/24, le coût est de 37 000 bahts supplémentaires. Les soins sont organisés par équipes de 8 heures, avec une équipe dédiée pour les résidents souffrant de démence ou d'Alzheimer afin de maintenir une continuité et un environnement familier. Environ 50% des résidents souffrent de démence ou d'Alzheimer, et certains de Parkinson. La résidence est spécialisée dans ces affections. Actuellement, 16 résidents sont accueillis par 35 membres du personnel.
Une résidente allemande, ancienne fleuriste, a décoré sa maison elle-même, démontrant la liberté laissée aux résidents pour personnaliser leur espace. Hans ne s'immisce pas dans leur vie privée ni dans leur logement.
La résidence est actuellement pleine et Hans ne souhaite pas l'agrandir, estimant qu'il gère déjà bien avec sa femme et que l'expansion compliquerait la logistique (visas, suivi médical, etc.). Il est satisfait de sa vie actuelle et ne cherche pas à gagner plus d'argent, car il a tout ce dont il a besoin.
La gestion des visas et des 90 jours est assurée par Hans et son équipe, ce qui constitue un service supplémentaire pour les résidents.
L'infrastructure est entièrement adaptée aux fauteuils roulants, avec des aménagements facilitant la mobilité. Les chambres sont bien équipées, avec un espace de vie séparé. Les résidents ont accès à des chaînes de télévision suisses et allemandes, renforçant leur sentiment de familiarité.
Le coût d'un séjour pour les soins de démence en Suisse peut atteindre environ 400 000 bahts par mois, contre seulement 100 000 bahts en Thaïlande. Cette différence de coût est une raison majeure pour laquelle de nombreuses personnes choisissent cette option, permettant aux familles de subvenir aux besoins de leurs proches atteints de démence sans se ruiner. Cela permet également aux familles de rendre visite plus fréquemment à leurs proches, combinant vacances et visites.
Certains employés dorment sur place pour assurer une présence constante, tandis que d'autres vivent localement. Le personnel apprend l'allemand pour mieux communiquer avec les résidents. Hans lui-même a appris l'anglais grâce à une résidente irlandaise, démontrant son ouverture à l'apprentissage.
L'eau potable est fournie directement dans chaque maison, éliminant le besoin d'acheter de l'eau en bouteille, coûteuse. Bien qu'il y ait des cuisines individuelles, elles sont rarement utilisées car les repas sont fournis. Les résidents autonomes peuvent sortir faire des courses s'ils le souhaitent.
Hans présente sa collection de motos, dont une Royal Enfield avec side-car pour sa femme, ainsi que des Harley-Davidson et des BMW. Il a toujours été passionné de moto et en conduit régulièrement en Thaïlande.
Sa femme, qui a travaillé dans un hôpital en Suisse, possède des diplômes de licence et de master, et est sur le point d'obtenir un doctorat. Hans a également sa propre "dream workshop", un espace où il peut bricoler ses motos et effectuer des réparations, un hobby qu'il a toujours eu. Il s'occupe personnellement de la maintenance des fauteuils roulants et autres équipements.
Il a construit sa maison sur le site, anticipant le besoin de vivre sur place. Le projet a représenté un risque financier important, avec la possibilité de retourner en Suisse si l'entreprise n'avait pas fonctionné. Sa femme, bien que sceptique au début, l'a soutenu, le considérant comme "fou" mais toujours prêt à tout investir. Auparavant, Hans travaillait dans le traitement de l'eau en Suisse.
L'investissement initial pour la construction s'élevait à environ 45 millions de bahts il y a de nombreuses années, sans compter le terrain déjà acquis.
À 70 ans, Hans considère cette vie comme la retraite parfaite. Il apprécie de pouvoir parler sa langue maternelle quotidiennement et de vivre dans un environnement où il se sent chez lui. Il souhaite vieillir sur place, confiant dans les soins qu