
Ces NFT qui vaudront des millions - John Karp
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Dans cet épisode de "La Martinale", l'animateur reçoit John Carp, une figure reconnue dans l'écosystème des NFT, pour faire le point sur cette technologie et son marché, loin de toute nécrologie. L'objectif est de comprendre où en est réellement le NFT, s'il est totalement "parti à la cave" ou s'il subsiste des valeurs réelles créées, notamment dans le domaine de l'art.
John Carp rappelle que les NFT ont connu une période d'hyper spéculation, comparable à la bulle internet des années 90. Cette bulle a été amplifiée par un alignement de facteurs : la crise du Covid, l'argent facile, une spéculation débridée, une facilité d'accès et de compréhension, ainsi qu'un système de stars. Cela a conduit à une exposition massive du grand public, quel que soit son milieu.
Pour définir le NFT, John Carp le décrit comme une inscription sur un grand registre (la blockchain) qui certifie la propriété d'un actif numérique. Il utilise l'analogie des jeux vidéo, comme Fortnite, où l'achat d'une "skin" n'offre qu'un droit d'usage. Si la technologie NFT était intégrée, cette skin deviendrait une propriété dont on pourrait disposer librement (prêter, vendre, donner), à l'instar d'un vêtement dans la vie réelle. Il illustre cela avec l'exemple des jeux vidéo sur Switch : l'achat d'une cartouche physique permet la revente ou l'échange, tandis qu'un jeu téléchargé est lié à un compte et ne peut être revendu, une perte de notion de propriété que le NFT pourrait corriger.
Le marché principal qui s'est développé autour des NFT est celui de l'art numérique. Auparavant, les artistes créant de l'art numérique (algorithmique, 3D, animation) peinaient à commercialiser leurs œuvres en raison de problèmes de rareté, de duplication infinie et de compréhension du marché. Le NFT a permis de créer un marché pour cet art, en apportant une notion de propriété et de rareté. L'exemple de la photographie est utilisé : acheter une photo imprimée peut avoir une valeur limitée, tandis qu'un NFT associé à une œuvre numérique garantit une édition limitée et une traçabilité via la blockchain, rendant la collection plus lisible et transparente.
Malgré les excès de la bulle, John Carp affirme que le NFT n'est pas mort. Il souligne que la technologie sous-jacente, la blockchain, est utilisée dans de nombreux cas d'usage professionnels. Il distingue la spéculation des valeurs réelles créées. Les exemples emblématiques comme les CryptoPunks et les Bored Apes, bien que très chers (un CryptoPunk avoisinant les 70 000 dollars), continuent de conserver une valeur significative, témoignant d'un intérêt persistant.
L'évolution du marché de l'art numérique est marquée par son intégration progressive dans les grandes institutions. Des événements comme Art Basel ont désormais des sections dédiées à l'art numérique ("0 art Basel"). Une étude d'UBS révèle que la part de l'art numérique dans les collections des personnes très fortunées est passée de 3% à 11% en quatre ans, indiquant un intérêt croissant des investisseurs institutionnels et des collectionneurs aguerris. Cet art numérique est vu comme une nouvelle forme d'expression artistique du 21e siècle, à l'instar du street art dans les décennies précédentes.
Les volumes de transactions sur le marché du NFT restent modestes par rapport au marché de l'art traditionnel (3 milliards de dollars contre 60 milliards), mais cela positionne le NFT comme une niche émergente. Des musées comme le Centre Pompidou et le MoMA intègrent des NFT dans leurs collections permanentes, et des galeries d'art renommées s'impliquent dans les ventes d'art numérique. Des artistes majeurs comme Beeple et Refik Anadol continuent de créer et d'exposer, leurs œuvres atteignant des prix élevés, et certains développent même leurs propres musées.
La promesse initiale du NFT incluait la possibilité pour les artistes de percevoir des royalties sur les reventes futures de leurs œuvres, un avantage absent du marché de l'art traditionnel. Bien que cette promesse soit principalement appliquée à l'art numérique, elle contribue à une forme de justice pour les créateurs. L'art numérique est créé par IA, algorithmique, 3D, et souvent accompagné d'un support physique.
Au-delà de l'art, la technologie NFT trouve des applications dans d'autres domaines. La billetterie événementielle est un exemple, avec des "Right To Buy" (RTB) pour garantir un prix d'achat de billets pour des événements sportifs majeurs, bien que cela soulève des questions de régulation, assimilant parfois cela à du jeu de hasard. La tokenisation d'actifs du monde réel (Real World Assets) est une autre application, comme pour les cartes de collection (cartes Pokémon, baseball) où un NFT représente la propriété d'une carte physique conservée en coffre-fort. Cela apporte confiance et transparence à des marchés traditionnellement sujets aux fraudes.
John Carp met en garde contre le risque élevé associé aux investissements en NFT, mais reste convaincu de leur potentiel à long terme, citant la potentielle revalorisation des CryptoPunks. Il recommande de suivre des artistes comme XCOPY, dont certaines œuvres restent accessibles, et des artistes reconnus comme Beeple et Refik Anadol. Des plateformes comme OpenSea, SuperRare et Objkt.com sont mentionnées pour la découverte et l'achat d'œuvres.
Il insiste sur l'importance de la provenance et de l'historique des transactions sur la blockchain, qui créent une valeur supplémentaire et un sentiment de communauté parmi les collectionneurs. La technologie NFT, en rendant visible et traçable la propriété d'actifs numériques, offre une sécurité et une nouvelle forme d'interaction avec l'art, particulièrement pour les générations nées avec Internet.
Enfin, John Carp souligne que malgré l'effondrement du marché spéculatif, les œuvres iconiques et les artistes de qualité conservent leur valeur, et que la technologie NFT continue d'évoluer et de trouver de nouveaux cas d'usage, notamment dans le domaine du jeu vidéo, bien que ce marché soit encore naissant. Il recommande des sources d'information comme "100 Collectors" et "Roger Dickerman" pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet.