
Google vient d'investir 40 milliards chez son plus gros concurrent
AI Summary
Le progrès de l'IA ne s'arrête jamais, et cette semaine a été marquée par des annonces majeures. Trois nouveaux modèles d'IA ont été lancés, Google a investi massivement dans Anthropic, un nouveau robot chinois a fait sensation, et Meta a racheté une startup pour se lancer dans les humanoïdes.
Commençons par les déceptions. Happy Horse, le modèle de génération vidéo d'Alibaba, est enfin disponible. Sur le papier, il est le numéro un mondial, écrasant ses concurrents en "texte-vers-vidéo" sur les classements. Cependant, en utilisation réelle avec des prompts complexes, des scènes physiques ou des actions séquentielles, les résultats sont décevants. La physique est mal gérée, les personnages agissent de manière incohérente, et le suivi des instructions est approximatif. Comparé à Site Dance 2.0, qui respecte les instructions et les lois de la physique, Happy Horse est loin derrière. L'histoire derrière ce modèle est fascinante : son directeur technique, Zangji, est l'ancien vice-président tech de Kling AI, créateur des modèles Kling 1.0 et 2.0. Il a rejoint Alibaba fin 2025 et a réussi à surpasser techniquement les benchmarks de ses propres créations. Cependant, la nuance est cruciale : en benchmark, pas en usage réel. Les classements et la réalité racontent souvent des histoires différentes en IA. Pour la génération vidéo, Site Dance 2.0 reste la solution la plus économique et fiable. Happy Horse a un potentiel technique prometteur, mais n'est pas prêt pour un usage sérieux. Pour une meilleure qualité, Google VO3 est une option, bien que plus coûteuse. Le concept d'orchestrateur d'IA, popularisé par le Dr Laurent Alexandre, devient essentiel : savoir combiner les IA et utiliser les bons outils pour chaque tâche. Je n'ai pas fait de vidéo complète sur Happy Horse car il ne tient pas ses promesses, malgré les benchmarks. Mon rôle est de tester, comparer et dire la vérité.
Le cas de Happy Horse n'est pas isolé. Grok 4.3 de XAI, lancé par Elon Musk, est présenté comme un assistant polyvalent avec des capacités agentiques (écriture de code, génération de documents). Son prix API est agressif (1,25 $ par million de tokens en entrée, 2,50 $ en sortie), le rendant moins cher que Claude ou ChatGPT. Il excelle sur certains benchmarks spécialisés, étant numéro un en raisonnement juridique et en finance d'entreprise. Cependant, sur le classement général d'Artificial Analysis, il plafonne à 53 sur l'intelligence index, derrière les meilleurs modèles fermés et même certains modèles open source chinois comme Kimi 2.6. La communauté a d'ailleurs relevé un problème amusant : Grok 4.3 a un raisonnement permanent activé, réfléchissant avant chaque réponse, au point de parfois se bloquer. Les développeurs appellent cela la "narcolepsie de Grok". De plus, l'abonnement Super Grok Heavy à 300 $ par mois n'offre toujours pas de mémoire persistante entre les sessions, une fonctionnalité présente chez ChatGPT et Claude depuis plus d'un an.
Mistral, le laboratoire français, a également sorti Mistral Medium 3.5, un modèle de 128 milliards de paramètres visant à fusionner trois modèles (chat, raisonnement, code agentique). Sur le SW bench, un benchmark de résolution de bugs informatiques réels, il obtient un score solide de 77,6 %. Cependant, sur l'intelligence index d'Artificial Analysis, il n'atteint que 39, bien en deçà de la concurrence, et coûte plus cher que les modèles open source qui le surpassent. Au-delà des performances, la licence de Mistral a également suscité des interrogations. Le laboratoire est passé d'Apache 2.0 (la licence la plus permissive) à une licence MIT modifiée avec des seuils de revenus et des déclarations obligatoires. Cela envoie un signal contradictoire pour une entreprise se positionnant comme le champion européen de l'open source. Sauf contrainte réglementaire européenne spécifique, il est difficile de justifier le choix de ce modèle face à des alternatives moins chères et plus performantes.
Ces déceptions relatives soulèvent une question : où va l'argent des investisseurs dans l'industrie de l'IA ? La réponse est tombée fin avril : Google a investi jusqu'à 40 milliards de dollars dans Anthropic, la société derrière l'IA Cloud. Cette somme est colossale, d'autant plus que Google développe Gemini, un concurrent direct de Cloud. Concrètement, il s'agit de 10 milliards de dollars en cash immédiat (valorisant Anthropic à 350 milliards de dollars) et 30 milliards supplémentaires conditionnés à des objectifs de performance. Google fournit également 5 gigawatts de capacité de calcul via son cloud sur les cinq prochaines années. Quelques jours auparavant, Amazon avait annoncé un investissement de 5 milliards de dollars dans Anthropic, avec un potentiel de 25 milliards en suivi. Anthropic dispose désormais d'environ 65 milliards de dollars en engagements des deux plus grands fournisseurs de cloud au monde, ainsi que 10 gigawatts de puissance de calcul réservée – l'équivalent de la consommation électrique d'un petit pays européen. La trajectoire d'Anthropic est impressionnante : son chiffre d'affaires annualisé est passé de 1 milliard fin 2024 à 30 milliards début 2026. Une introduction en bourse est envisagée dès octobre 2026, avec une valorisation potentielle de plus de 800 milliards de dollars. Cet investissement de Google, bien que paradoxal en apparence, est très calculé. Google ne parie pas sur un modèle en particulier, mais sur l'infrastructure générale de l'IA. Anthropic utilise les TPU de Google, les puces de calcul maison. Chaque dollar dépensé par Anthropic en calcul retourne en partie dans les caisses de Google. L'IA elle-même est presque un prétexte ; le vrai business est dans l'infrastructure sous-jacente : puces de calcul, centres de données, et production d'électricité.
Cette logique d'infrastructure s'étend au monde physique. Alors que les modèles de texte et de vidéo dominent les classements, la vraie frontière de l'IA se déplace vers les corps robotiques. La startup chinoise Kinetics AI a présenté Kai, un robot humanoïde grandeur nature avec 115 degrés de liberté, dont 36 pour les mains seules. Chaque main intègre 22 articulations actives et 14 passives. C'est le robot le plus articulé jamais présenté publiquement. Mais la véritable innovation réside dans sa peau tactile synthétique, recouverte de 18