
How to Quit Your Job (and Find Work You Actually Love)
AI Summary
Cette vidéo présente une étude de cas sur la manière de quitter son emploi sans plan, avec Paul Millard, auteur de "The Pathless Path" et "Good Work". Paul et moi traçons nos chemins respectifs pour nous éloigner de la "voie par défaut" où nous avions de nombreux titres et diplômes, vers un chemin où l'on découvre les choses au fur et à mesure, avec l'espoir d'être plus heureux et épanouis. Lors de sa visite à Hong Kong, nous avons discuté longuement et décomposé ce processus en une feuille de route en 10 étapes. Si vous êtes sur une voie prestigieuse où la société vous considère comme un succès, mais que vous ne vous sentez plus aussi épanoui, et que vous n'avez pas de plan, cette conversation pourrait vous être utile.
**Étape 1 : Gagner le jeu du prestige.**
La conversation a commencé par l'idée du prestige comme étoile polaire. Quand on ne sait pas quoi faire de sa vie, on a tendance à graviter vers ce qui rapporte le plus de points de prestige. Paul a eu de nombreux emplois, y compris des stages bien rémunérés en ingénierie. Il cherchait toujours quelque chose de plus impressionnant. Il a travaillé dans la finance chez GE, puis dans le conseil chez McKinsey, gagnant 50 000 $ par an. Il a ensuite obtenu un MBA et un master en ingénierie des systèmes au MIT, des diplômes très prestigieux. Il a dominé le "bingo du prestige" pendant 10 ans. Pourtant, après toutes ces réalisations, il s'est senti "totalement perdu" mais "ancré et à l'aise" avec lui-même sur son chemin actuel, où il n'a aucune idée de ce qu'il fera dans six mois.
Paul a abandonné une carrière qui l'aurait rendu millionnaire, mais il a gagné une vie qu'il voulait vivre. Son parcours est particulièrement pertinent car il a d'abord accumulé des diplômes et des titres prestigieux avant de tout abandonner, ce qui le rend plus facile à comprendre pour ceux qui ont suivi une voie similaire.
*Devoir de l'étape 1 :* Écrivez quelle version du jeu du prestige vous avez jouée jusqu'à présent et vers quelle version vous continuez de tendre pour décider de votre vie.
**Étape 2 : Repérer le désalignement.**
Le travail de Paul lui a lentement retiré toute son énergie et sa passion à l'âge de 32 ans. Il voulait fuir ce qui lui avait été infligé pendant des années. Au début, il aimait son travail, apprenait beaucoup, mais au fil des 10 ans, l'apprentissage a diminué tandis que le salaire augmentait. Il était constamment agité, changeant de poste tous les 12 à 24 mois. Chaque changement le laissait dans un état pire. Il a fait une auto-évaluation et a réalisé qu'il ne respectait plus ses propres valeurs établies à l'école supérieure.
Ses objectifs d'école supérieure étaient de ne pas se prendre trop au sérieux, de ne pas devenir obsédé par l'argent, et de ne pas perdre son sens de l'humour. Neuf ans après le début de sa carrière, il était grincheux, en conflit avec son patron, se sentait sous-évalué et se battait pour des promotions et des augmentations. Il ne voulait pas devenir cette personne.
*Devoir de l'étape 2 :* Identifiez ce que vous considérieiez important il y a 3 ou 5 ans. Ce que vous faites maintenant vous rapproche-t-il ou vous éloigne-t-il de la personne que vous vouliez devenir ?
**Étape 3 : Affronter la honte.**
Paul a réalisé qu'il détestait son travail. Il a parlé à des milliers de personnes qui se trouvent dans la même situation : elles détestent secrètement leur travail mais ont honte d'en parler. Les gens lui confient des choses qu'ils ne disent pas à leur conjoint, leurs amis ou leurs parents. La pandémie a ouvert la porte à ces conversations, mais la honte reste immense.
Le travail est souvent lié à la valeur personnelle. Paul utilise l'analogie de "l'œuf industriellement nécessaire" pour décrire les personnes qui s'intègrent dans l'économie de manière standardisée. Quand on ne s'intègre pas, on se sent "mauvais œuf". Ali Abdal, malgré son succès apparent, a ressenti la honte de quitter la médecine, une profession "bonne pour la société". Même les avocats d'affaires ou les consultants ressentent cette honte. C'est la peur de ne pas créer de valeur économique ou de ne pas être un membre productif de la société.
Paul distingue la culpabilité (se sentir mal de ne pas faire quelque chose de bien) de la honte (se sentir une mauvaise personne). Après avoir quitté son emploi, il s'est senti une mauvaise personne, internalisant l'insécurité des autres qui demandaient "Quel est ton plan ?". Il a grandi dans une famille où l'emploi à temps plein était la norme, et prendre son propre chemin était perçu comme risqué. Il y avait un accord tacite : "Fais comme nous, ne remets pas en question nos hypothèses".
Ce sentiment de honte est un fil conducteur dans le parcours de beaucoup de personnes sur le chemin sans chemin. Certains amis d'Ali Abdal en médecine le détestent pour avoir quitté, car il est plus facile de le détester que d'absorber le message qu'il existe d'autres possibilités. Paul a réalisé qu'il n'avait jamais envisagé le travail indépendant comme une voie viable avant six mois avant de démissionner. Les gens se "gazlightent" eux-mêmes, minimisant leur souffrance au travail par gratitude d'avoir un emploi.
*Interlude : Êtes-vous fait pour cela ?*
Le chemin sans chemin n'est pas pour tout le monde. Certains types de personnes sont intrinsèquement poussés à créer leur propre voie. Pour savoir si vous êtes de ce type, Paul suggère de faire un travail indépendant pro bono avant de quitter. Il a réalisé qu'il y avait beaucoup à apprendre et qu'il était bon dans ce domaine. Il faut se demander si l'intérêt pour l'entrepreneuriat vient d'une motivation intrinsèque ou parce que c'est devenu "sexy". Paul suggère de "gagner 1000 $" par soi-même avant de démissionner. Cherchez des preuves d'énergie, pas de succès. Avez-vous déjà fait des expériences "étranges" ou avez-vous toujours suivi le chemin tout tracé ?
**Étape 4 : Faire les calculs.**
Il est crucial de savoir qui vous êtes et ce dont vous avez besoin. Paul n'avait pas besoin de beaucoup d'argent, ce qui a rendu sa décision de quitter moins effrayante. Pour ceux qui ont des responsabilités financières importantes (hypothèque, école privée, épargne pour l'université), le défi est plus grand.
Paul propose un exercice : "Vous pouvez quitter votre emploi et ne pas travailler pendant un an, et je vous donnerai 25 % de votre revenu actuel. Comment vous sentez-vous ?" Pour Paul, cela aurait été une excellente nouvelle, car il aurait récupéré son temps et aurait pu vivre avec 25 % de son revenu en puisant dans ses économies si nécessaire. Si cette idée vous soulage et vous excite, c'est un bon signe. Si vous pensez que c'est impossible, c'est aussi une information. Plus vos besoins financiers sont élevés, plus il est difficile de se lancer.
Paul n'a pas égalé son salaire avant sa sixième année d'indépendance. Il encourage à se demander : "Quel est le montant le plus bas que je considérerais comme un succès l'année prochaine ?" et "Combien de mois suis-je prêt à gagner zéro revenu ?" L'objectif est de recadrer les peurs. Il est irréaliste de vouloir remplacer un salaire élevé du jour au lendemain sans expérience en travail indépendant. Paul souligne l'importance de connaître ses dépenses réelles. Il a réalisé qu'il pouvait vivre avec 3500 $ par mois et avait suffisamment d'économies pour une année.
*Devoir de l'étape 4 :* Calculez combien vous dépensez réellement et combien vous avez besoin pour vivre. Considérez comment abaisser vos dépenses pourrait vous donner plus de temps pour l'exploration.
**Étape 5 : Faire le grand saut sans plan parfait.**
Paul, bien qu'employé comme consultant, écoutait des podcasts de Tim Ferriss sans réaliser qu'il pouvait faire ces choses lui-même. Beaucoup de gens ne savent pas ce qu'ils feront après avoir démissionné, et cette incertitude les retient. Le plan de Paul était de devenir consultant indépendant, mais il a réalisé après six mois qu'il avait une "envie créative" pour d'autres choses.
Paul suggère de prendre un "sabbatical" de trois mois une fois dans sa vie d'adulte. Le but n'est pas de créer une entreprise, mais de se reconnecter avec soi-même. Ce temps permet d'explorer ses intérêts sans la pression de devoir réussir financièrement immédiatement. C'est une période d'expérimentation.
**Étape 6 : Gagner sa vie de manière autonome.**
Le chemin sans chemin a des coûts visibles (incertitude, peur) mais aussi des avantages invisibles. Pour Paul, le fait de gagner 100 $ par lui-même a été une révélation : s'il pouvait gagner 100 $, il pouvait gagner 1000 $, puis 10 000 $. Ces petites victoires construisent l'enthousiasme, l'autonomie et la confiance en soi.
Paul a démissionné sans revenu en vue. Il a fait du freelancing, gagnant 30 à 50 % de son salaire précédent, ce qui a suffi à couvrir ses frais de subsistance réduits. Il a pu "acheter des années" de liberté. L'approche est moins effrayante si l'on ne cherche pas à remplacer son salaire immédiatement, mais à survivre pendant une période donnée (3 mois, 1 an).
Les sources de revenus de Paul ont changé radicalement au fil des ans. Au début, c'était le conseil freelance, puis un cours en ligne, puis les ventes de livres. Il a généré plus d'un million de dollars de revenus en huit ans. Bien qu'il aurait pu gagner plus sur sa voie précédente, la confiance acquise en générant cet argent de manière autonome est inestimable.
L'idée de "confiance financière" plutôt que de "sécurité financière" est cruciale. La confiance vient de la capacité à trouver des solutions et à générer des revenus de manière indépendante. L'entrepreneuriat, même à petite échelle, enseigne les compétences nécessaires pour gagner de l'argent.
Paul aborde la peur de puiser dans ses économies. Il suggère de considérer ses économies comme un "cadeau de son ancien soi" ou de nommer cette période "année freelance", "année expérimentale", ou "MBA de la vie". Il a dépensé 100 000 $ pour son MBA ; pourquoi ne pas investir un montant similaire pour une expérience d'un ou deux ans de travail indépendant ?
**Interlude : Le travail peut être bon sans être un fantasme.**
Le danger est de considérer l'emploi comme mauvais et le travail indépendant comme toujours bon. Le travail sans chemin n'est pas toujours "soleil et arc-en-ciel". Le travail ne doit pas nécessairement être une souffrance. Paul cite la phrase "Fais simplement les choses que tu aimes" de son livre "Good Work". Cela choque beaucoup de monde qui a intériorisé l'idée que le travail doit être un sacrifice et douloureux.
Paul ne vend pas l'idée que le travail sera toujours une passion. Il pense qu'il est possible de se diriger progressivement vers un travail qui contient de plus en plus d'éléments appréciés. Tout est travail, même changer la couche d'un enfant. La difficulté vient quand on attache trop d'étiquettes au travail, quand il doit être "spécial" ou apporter un "épanouissement infini". Le "bon travail" est ce