
“Demonising Men Is Not A Good Strategy” - Richard Reeves
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Voici un résumé du transcript fourni, rédigé en français :
La discussion aborde la situation actuelle du mouvement féministe, en mettant l'accent sur une évolution notable : une prise de conscience progressive, bien que lente et inégale, de la nécessité de ne pas diaboliser ou rejeter les hommes. L'intervenant observe que de plus en plus de leaders au sein des sphères féministes reconnaissent l'importance de s'intéresser aux garçons et aux hommes. Bien que certains puissent argumenter que cette préoccupation est motivée par des raisons tactiques ou politiques, les défenseurs de cette approche soulignent que cela est bénéfique pour les femmes.
L'intervenant exprime un désaccord subtil mais significatif sur la justification de cette préoccupation. Alors que certains affirment qu'il faut se soucier des garçons et des hommes "parce que c'est bon pour les femmes", l'intervenant préfère conclure la phrase plus tôt : "il faut se soucier des garçons et des hommes". Il établit un parallèle avec le fait qu'on ne dit pas qu'il faut se soucier des femmes "parce que c'est bon pour l'économie ou pour les hommes". Pour lui, la préoccupation pour le bien-être de tout groupe en difficulté est une proposition morale simple, axée sur l'épanouissement humain. Si un groupe de la société ne va pas bien, il est moralement juste de s'en soucier.
Il reconnaît que différentes organisations ont des agendas variés et que l'intérêt pour un groupe ou une question peut être justifié par son impact sur une autre. Il cite l'exemple de Melinda French Gates, qui soutient des initiatives axées sur les hommes et les garçons dans le cadre de la promotion de l'égalité des genres, affirmant qu'il n'est pas bon pour les femmes et les filles que les garçons et les hommes soient en difficulté. L'intervenant rejette l'idée que cette approche soit purement stratégique ou une concession, affirmant qu'il faut saluer le fait qu'une féministe mondiale soutienne ces causes.
Il précise qu'il ne procède pas lui-même de cette manière, affirmant ouvertement sa position et celle de l'American Institute for Boys and Men : l'intérêt pour le bien-être et l'épanouissement des garçons et des hommes est une préoccupation en soi, indépendamment de ses bénéfices secondaires pour l'économie, les familles ou les femmes. Il compare cette situation au slogan de la Women's Services Prevention Initiative, "Quand les femmes sont en bonne santé, les communautés prospèrent", reconnaissant sa véracité, tout en ajoutant qu'il est tout aussi vrai que "quand les hommes sont en bonne santé, les communautés prospèrent". L'essentiel, selon lui, est qu'il n'est pas nécessaire de conditionner cette préoccupation.
Il suggère qu'il existe un point plus profond : les hommes, en particulier, peuvent percevoir une conditionnalité dans l'intérêt qui leur est porté. Si quelque chose de mal arrive, ou si les hommes agissent mal, c'est alors qu'on s'intéresse à eux. Ils ont besoin d'entendre qu'on se soucie d'eux simplement parce qu'ils existent.
La conversation se tourne ensuite vers l'état actuel des relations amoureuses et du "mating". L'intervenant, un homme de 56 ans marié depuis longtemps et père de trois fils dans la vingtaine, observe que les jeunes femmes reçoivent un message de la gauche selon lequel la vie est difficile pour elles à cause des hommes et du patriarcat, tandis que les jeunes hommes reçoivent de la droite le message que la vie est difficile pour eux à cause des féministes "woke" et des femmes. Cette polarisation politique encourage les jeunes à se blâmer mutuellement pour leurs problèmes réels, ce qui est une perte d'énergie politique et inexact.
Cette situation, selon lui, crée des difficultés dans le domaine des rencontres et des relations. Il s'inquiète du déclin des rencontres chez les lycéens et les jeunes adultes, car c'est à ce stade que se développent les compétences relationnelles et la capacité à gérer le rejet avec grâce.
Il aborde ensuite l'idée de la "valeur de partenaire" (mate value) et de l'évolution psychologique (evo psych), notamment en référence aux travaux de Paul Eastwick. Il reconnaît que l'idée d'un marché des rencontres et d'une valeur de partenaire est complexe. Dans un contexte ancestral, les groupes étaient plus petits et les individus se connaissaient mieux, ce qui influençait la perception de la valeur d'un partenaire potentiel. La connaissance sociale et la validation par l'entourage étaient importantes, contrastant avec les rencontres algorithmiques via des applications.
Il discute de la vision de Eastwick, qui suggère que la "valeur de partenaire" au-delà d'une première impression est illusoire, et que les préférences révélées au fil du temps aplatissent la dynamique des rencontres, permettant à des individus de statuts différents de former des couples. L'intervenant exprime un scepticisme prudent face à cette idée, la considérant comme une exagération. Il pense que la valeur de partenaire est une idée plus complexe et qu'elle ne s'aplatit pas complètement, mais devient plus nuancée avec le temps.
Il s'oppose à une vision qui aplatirait excessivement le marché des rencontres, rendant tout le monde également attrayant. Il cite la nouvelle de Kurt Vonnegut, "Harrison Bergeron", comme une satire d'une telle égalisation forcée, où les individus exceptionnels sont handicapés pour niveler les différences. Pour lui, nier qu'il existe des différences significatives dans l'attractivité des partenaires potentiels est "complètement fou".
Il souligne que, même avec les préférences révélées, c'est en apprenant à connaître quelqu'un que des éléments comme la personnalité, la manière de se tenir, le calme, la patience et la régulation émotionnelle deviennent apparents. Ces qualités, ainsi que des actions altruistes ou le soin apporté aux proches, ajoutent de la valeur à un individu au fil du temps.
Il critique l'idée d'un "marché" des rencontres, qui tend à se concentrer sur la maximisation et le "match" optimal, suggérant que la relation s'arrête une fois le couple formé. Or, le mariage et les relations à long terme sont un processus évolutif. La véritable tâche réside dans la manière dont la relation évolue, dans l'histoire que le couple construit ensemble et dans la façon dont les partenaires se traitent mutuellement au fil des décennies, tout en continuant à devenir des personnes différentes. Il conclut en affirmant que, dans le cadre du mariage, le choix du conjoint est moins important que le type d'époux que l'on devient.